Energie

Le passeport rénovation énergétique expérimenté officiellement

Mots clés :

Efficacité énergétique

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Gouvernement et fonction publique

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Politique énergétique

Ségolène Royal a signé avec Engie, mardi 10 novembre, une convention sur l’expérimentation du « passeport rénovation énergétique », financé en partie par les certificats d’économie d’énergie. Un outil d’aide à la décision pour les ménages qui pourrait se révéler efficace dans un contexte où le passage à l’acte des travaux n’est pas évident.

La ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, reçue au siège du groupe Engie pour lancer le débat interne « Climat & Energie », a profité de sa visite pour signer avec Gérard Mestrallet, PDG d’Engie, une convention portant sur le développement du passeport rénovation énergétique. Un dispositif innovant conçu pour inciter les ménages à engager des travaux de rénovation énergétique. Cette convention élargit l’expérimentation menée depuis le début d’année sur la Communauté Urbaine d’Arras avec le soutien de l’Ademe.

 

Lever les freins des ménages

 

La rénovation énergétique, on en parle depuis de nombreuses années, mais aussi étonnant que cela puisse paraître, le marché n’est pas mature. En deux mots, ce n’est pas l’efficacité énergétique qui fait vendre. La proportion de ménages ayant l’intention de réaliser des travaux d’efficacité énergétique reste peu élevée et le passage à l’acte est encore faible. On estime que le taux de réalisation des travaux est seulement de 12%.

Un retour sur investissement peu significatif compte tenu des prix de l’énergie, dispositifs d’aide complexes, rupture de confiance avec certains acteurs, prix des travaux souvent élevés avec peu d’offres de travaux structurées… Par manque d’informations ou au contraire par overdose d’informations sur internet, les ménages se sentent souvent perdus face à leur besoin de rénovation.

Ce sont ces freins qui ont conduit le groupe Engie à réfléchir à un outil incitatif d’aide à la décision. L’idée du passeport n’est pas nouvelle puisque c’est en clôture de la deuxième conférence environnementale, en septembre 2013, que le Premier ministre de l’époque, Jean-Marc Ayrault, avait annoncé la création d’un passeport rénovation. Idée défendue d’ailleurs quelques mois avant par Gérard Mestrallet, PDG de l’ex GDF Suez qui, lors d’une audition devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, proposait la mise en place d’un « passeport » pour chaque logement en remplacement du dispositif des certificats d’économie d’énergie. Ce n’est donc pas un hasard si le groupe Engie a été missionné il y a quelques années par le ministère de l’Ecologie pour peaufiner un projet de passeport et l’expérimenter. La convention signée entre le ministère de l’Ecologie et Engie vient donc conforter ce travail et va permettre à l’énergéticien de bénéficier en tant qu’obligé des CEE pour financer chaque passeport, tout en lui permettant de poursuivre son expérimentation.

 

Favoriser un parcours de rénovation

 

L’objectif de cet outil est donc d’encourager les ménages à réaliser des travaux d’économies d’énergie en les orientant vers un cycle vertueux d’efficacité énergétique, à savoir un parcours de rénovation. « Les dispositifs mis en place doivent être fortement incitatifs et simples », expliquait Pierre-François Chenu, directeur des relations externes chez Engie dans son intervention aux Rencontres de la performance énergétique en septembre dernier. Et tout est fait dans ce sens.

Le passeport de rénovation énergétique est un audit énergétique approfondi du logement accompagné de 3 scénarios minimum de solutions argumentées de travaux qui tiennent compte des modes de vie des occupants (nombre de jours de présence, nombre d’occupants dans le logement, température de confort…). Il inclut un calendrier de réalisation, une estimation des coûts, les économies d’énergies attendues et les aides au financement. « Pour favoriser l’appropriation des ménages et améliorer le passage à l’acte, il est primordial que les préconisations tiennent compte des modes de vie, des souhaits de confort des ménages et de leur capacité financière. Comme il est important que ces ménages soient suivis par un même professionnel « le passeporteur » qui leur apporte la sécurité et restitue la confiance », précise Pierre-François Chenu.

Les « passeporteurs » sont des professionnels certifiés, porteurs de signe de qualité : entreprises de travaux RGE offre globale; diagnostiqueurs DPE (Diagnostiques de Performance Énergétique), architectes énergéticiens et bureaux d’étude thermiques.

Le passeport rénovation sera financé tout ou partie par les fournisseurs d’énergie en contrepartie d’une conversion en CEE (certificats d’économie d’énergie).

 

Expérimentation sur la communauté urbaine d’Arras


Depuis le début d’année, l’expérience d’un parcours de rénovation énergétique est lancée sur la communauté urbaine d’Arras. Elle associe la Communauté urbaine, l’Espace lnfo-Energie et les énergéticiens historiques (Engie et EDF) et concerne uniquement les propriétaires de maisons individuelles construites avant 2000. Les ménages intéressés reçoivent la visite d’un professionnel sélectionné dans une liste d’auditeurs ; ce dernier se charge de recueillir les factures et de faire un reportage photographique et métré du logement. Trois semaines plus tard, ce même professionnel élabore un rapport complet, le passeport rénovation et rencontre une nouvelle fois le ménage pour le rendu et l’explication du dossier. L’audit énergétique est financé jusqu’à 450 € par les deux fournisseurs d’énergie historiques ; si cet audit est suivi de travaux une aide supplémentaire de 150 € est versée par la Communauté Urbaine d’Arras.

S’il est encore trop tôt pour tirer des conséquences de cette première expérimentation, un enseignement se dégage toutefois : « il faut s’inscrire dans le parcours client ; on peut alors faire résonnance avec le passeport qui apporte une vision globale de son logement en tenant compte des modes de vie », a souligné Pierre-François Chenu.

En attendant les 115 000 passeports visés par an en vitesse de croisière, un millier pourrait être signé d’ici fin 2017 sur les territoires à énergie positive pour la croissance verte. De quoi participer au développement à grande échelle de la rénovation énergétique.

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