Marchés privés

Le « Partnering », une nouvelle façon de contracter à l’international

Dans ce texte publié dans le Bulletin européen du Moniteur (BEM), l’avocat britannique Peter Rosher présente  les Contrats NEC3, basés sur le principe du « Partnering ». Tout comme le modèle des Contrats FIDIC, dont ils sont devenus de véritables concurrents, le NEC3 donne un cadre juridique aux projets entre parties de nationalité différente, mais vise à éviter au maximum les conflits entre elles.  

La notion de « Partnering », parfois appelée « Collaborative working » est un concept de plus en plus appliqué dans le cadre de contrats de construction à l’international. Les modèles de contrats dits NEC3, qui sont apparus à la suite du développement de la méthode de « Partnering », ont pleinement intégré celle-ci et leur utilisation s’avère aujourd’hui de plus en plus fréquente, devenant un véritable concurrent des Contrats FIDIC (Fédération Internationale des Ingénieurs-Conseils).

Le « Partnering » est né à la suite de la crise qu’a connue l’industrie de la construction britannique dans les années 1990. Les opérateurs étaient confrontés à plusieurs problèmes, dont une productivité faible, de nombreux retards et un dépassement des coûts. Le gouvernement britannique confie alors à Sir Michael Latham, un député conservateur, le soin de rédiger un rapport permettant d’identifier et de remédier à ces problèmes. Ledit rapport avait conclu que l’origine de la crise résidait dans le modèle de travail dominant dans le secteur de la construction, dit « adversarial ». D’après le rapport, ce modèle de travail tendait à accentuer les intérêts divergents des parties, à mettre celles-ci en concurrence sur les prix, à fragmenter le processus d’exécution, à mettre en place un transfert des risques d’une partie à une autre, le tout sans accorder de moyens de régler leurs désaccords. D’après
Sir Latham, la combinaison de ces facteurs était à l’origine des problèmes auxquels le secteur était confronté. Dès lors, à cette méthode dite « adversarial », fut opposée une approche collaborative de la conduite des projets, dite de « Partnering « .

Définition du « Partnering »

La notion de travail collaboratif ou partenarial peut être définie ainsi : « Le Partnering est un mode de gestion utilisé par au moins deux entreprises afin d’accomplir des objectifs commerciaux particuliers en maximisant l’efficacité des ressources de chaque partie. Cela implique qu’elles travaillent ensemble dans le cadre d’une relation de confiance et de rapports ouverts basés sur des objectifs communs, un mécanisme de résolution des conflits accepté et convenu par elles, et une recherche active d’amélioration continue et mesurable » (1).

Il s’agit donc d’accorder les intérêts des parties en utilisant une méthode de travail flexible, non entravée par des obstacles contractuels entre le maître d’ouvrage et l’entrepreneur.
Les éléments clés du « Partnering » peuvent être résumés ainsi : des objectifs communs, un mode de résolution des différends adapté et une tentative d’amélioration continue dans l’exécution du projet. L’observation scrupuleuse de ces fondamentaux permettrait notamment aux parties de donner un cadre solide au projet et de maintenir de bonnes relations commerciales sur le long terme, ce qui favoriserait leur développement et leur croissance. Le prérequis indispensable à la mise en place de ce type de management de projet se situe au niveau de l’état d’esprit de l’équipe. Il s’agit de valoriser le travail de l’ensemble des employés, de leur faire confiance lors de la prise de décisions, d’être à l’écoute de tous les membres de l’équipe travaillant sur le projet et de bien mettre en œuvre les retours qu’ils présentent sur l’avancement du chantier.

 Les conditions de réussite du « Partnering »

Le « Partnering » repose essentiellement sur une stratégie consistant à assurer les bases d’une bonne collaboration entre les parties, avant que tout différend n’apparaisse. Ainsi, avant le début du projet, les parties se retrouvent lors de « teambuilding sessions » visant à établir des objectifs communs et à instaurer les bases d’un travail collaboratif. Les modes de résolution des conflits y sont également fixés. Sont privilégiés...

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X