Paysage

Le parc des Buttes-Chaumont retrouve sa jeunesse pour ses 150 ans

Vieux de 150 ans, le plus célèbre des parcs de la capitale a fait l’objet de nombreux travaux visant à consolider le sous-sol, à rénover la voirie et à retrouver son esprit originel. Retour sur les principales opérations menées par la mairie de Paris depuis une dizaine d’années.

 

C’est l’un des espaces verts les plus prisés des parisiens et des touristes. Situé dans le nord-est de la capitale, le parc des Buttes-Chaumont offre aux visiteurs une expérience unique, une promenade sensorielle au beau milieu d’une faune et d’une flore abondantes. Le parc, conçu pour l’Exposition universelle de 1878, a été construit sur une ancienne carrière de gypse. Jusqu’en 1860, cette ressource servait à bâtir les immeubles parisiens.

Le site, imaginé par l’ingénieur Jean-Charles Alphand, s’étend sur une surface de 25 hectares et reprend le style paysager à l’anglaise. Ses grottes et ses cascades, ses roches abruptes, sa passerelle suspendue et son belvédère lui confèrent un charme tout particulier. Il repose surtout sur un modèle de génie civil du XIXe siècle : un pont en maçonnerie, un pont métallique. « Par-dessus tout, le ciment et le béton armés y sont présents sous toutes les formes : radier de fondation, parois artificielles, jardinières, rocaillages, emmarchements et garde-corps », écrit l’historien Antoine Picon dans un article scientifique publié par le Cairn.

 

Des travaux à 15 M€

 

Pour préserver ce cadre enchanteur, la mairie de Paris veille au grain. Au début des années 2000, des injections de béton ont permis de consolider les sols et la passerelle suspendue a été remise en état. Mais c’est surtout depuis 2013 que les travaux les plus importants ont débuté. La direction des espaces verts et de l’environnement (DEVE) et un groupement composé de la société d’ingénierie Arcadis, se sont attaqués à certains aspects du paysage, à la réfection de la voirie et au système hydraulique. Ce dernier, datant de la construction, fuyait. L’eau s’infiltrait dans le gypse et fragilisait le sous-sol. Les travaux ont permis de créer un réseau de recyclage de l’eau de la Grande Cascade afin d’éviter le rejet d’un certain volume dans les égouts et ainsi de surcharger le réseau d’assainissement. Un système d’arrosage automatique a également été installé pour épargner la ressource.

« A l’aide de documents d’époque pour retrouver les tracés d’Alphand, nous nous attachons à restituer le parc tel qu’il était à l’origine, expliquait au Moniteur Yves Deshayes, le paysagiste en charge des travaux, en 2011. Il a donc été décidé de supprimer les trottoirs et de réduire la largeur des artères du parc, passant ainsi de 7,5 à 7 m. Les rocaillages et faux rochers ont fait l’objet d’un lifting et de nouveaux garde-corps en ciment imitation bois ont été installés. Le bitume, qui reposait sur les allées depuis les années 60, a été recouvert d’un enrobé terre sable, rappelant la couleur claire d’origine. Les caniveaux ont été constitués en pavés de grès. Le mobilier a été unifié, reprenant le style second Empire. Le plus gros des travaux s’est achevé l’an dernier pour un budget global de 15 M€.

 

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