Bâtiment

Le Palais de la musique et des congrès de Strasbourg se re-structure

Mots clés : Bâtiments d’exposition - Manifestations culturelles

L’équipement culturel alsacien reconfiguré pour plus de 50 millions d’euros entre en fonction avec l’édition 2016 de la Foire européenne, ce 2 septembre. Il a posé de nombreux défis en matière de structure pour trouver de nouvelles stabilités, en remplacement de celles qui ont été démolies.

Le Palais de la musique et des congrès (PMC) de Strasbourg new look, qui entre progressivement en fonction pour la Foire européenne à partir du 2 septembre, est un péristyle esthétique conçu par les architectes Rey-Lucquet et Dietrich-Untertrifaller. De façon moins voyante, c’est aussi un imposant travail de structure, piloté par OTE Ingénierie au sein de la maitrise d’œuvre. Sous cet angle, la rénovation-extension de l’équipement peut se résumer ainsi : un vaste déplacement des efforts, depuis des éléments essentiels démolis vers de nouveaux points d’appui parfois inattendus.

 

Création d’un « sac à dos »

 

La phase de restructuration, dite PMC 2, concentre la majeure partie de l’ingéniosité mise en œuvre. Pour l’un des deux amphithéâtres principaux qui porte le nom d’Albert Schweitzer, l’agrandissement à 1 200 places a requis la démolition de poteaux et poutres voiles situés en fond de salle qui supportaient la toiture en charpente métallique. Ils ont été remplacés par un profilé métallique reconstitué soudé (PRS) « qui s’est adapté à la forme de la toiture conservée afin de reconstituer les appuis », souligne Marc Stoll, directeur technique génie civil d’OTE Ingénierie. Long de 26 mètres et haut d’1,85 mètre, le PRS supporte une charge ponctuelle jusqu’à 100 tonnes à mi-portée.

L’extension arrière de la même salle avait comme pré-requis la suppression de trois niveaux de planchers, ce qui a occasionné une réponse « en forme de sac à dos », décrit Marc Stoll : une ossature métallique s’accroche sur les voiles en béton armé existants.

PMC 2 inclut par ailleurs la création d’un amphithéâtre plus modeste de 500 places, sur l’emplacement d’une ancienne salle de répétition. Là encore, les planchers préalables ont disparu, ils font place à une dalle en pente qui supporte des gradins en bois, occasionnant une redistribution des efforts.

 

Modélisation de la résistance des stabilités

 

Quant à l’agora centrale, elle fait l’objet d’une refonte générale pour laisser passer la lumière naturelle depuis la toiture : des passerelles métalliques (assurant les circulations horizontales) en planchers collaborants se substituent à deux niveaux de plancher, un autre plancher situé 4 mètres plus haut est également supprimé, les voiles et noyaux de contreventement sont recréés à des endroits différents de leurs prédécesseurs. « Une modélisation fine a été nécessaire pour démontrer la résistance de l’ensemble des stabilités ainsi recomposées, et la compatibilité des déformations, sous sollicitation sismique, avec les joints de dilatation qui ont été conservés et redistribués », complète John Pernoux, chef de projet et directeur d’OTE Ingénierie.

La partie neuve, PMC 3, n’est pas en reste. L’ensemble formé par une ossature en béton armé et une toiture en charpente métallique est rendu solidaire par des appuis déformables très rigides. Distincts des appuis glissants plus classiques, ils transmettent les efforts sismiques horizontaux par cisaillement. La stabilité de l’ensemble est assurée par des poteaux en béton armé qui prennent la forme de la lettre grecque Pi.

 

Pompes à chaleur alimentées par la nappe phréatique

 

Le projet a aussi généré d’importants enjeux thermiques. « Pour la partie restructurée, le socle de notre réponse consiste à remplacer la production de froid – qui fonctionnait avec le fluide R22 désormais interdit – par des pompes à chaleur réversibles à 290 m3/heure de débit. Elles sont alimentées par la nappe phréatique qui apporte la récupération d’énergie… gratuitement de surcroit », énonce Olivier Gerhard, ingénieur génie climatique chez OTE. De même, des PAC à refroidissement par eau s’installent dans la partie neuve.

De plus, l’établissement se raccorde au réseau de chaleur urbain voisin grâce à une sous-station, selon un débit régulé en fonction des besoins. Fonctionnant en géo-cooling, les 9 000 m2 de planchers chauffants – rafraîchissants maintiennent une température constante en mode inoccupé. Avant que les musiciens de l’Orchestre Philharmonique ne chauffent… leurs instruments.

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