Chantiers

Le muséum d’histoire naturelle de Bordeaux fait sa mue

Mots clés : Hôtels et pensions de famille - Manifestations culturelles - Musées - galerie

Près de dix ans séparent la décision de la rénovation du muséum d’histoire naturelle de Bordeaux, en 2008, de sa réouverture au public prévue en 2018. Une mutation à plusieurs niveaux, qui concerne trois bâtiments, dont un superbe bâtiment du XVIIIe siècle, l’hôtel de Lisleferme, au cœur du jardin public bordelais. Visite du chantier.

Le muséum d’histoire naturelle de Bordeaux est l’un des premiers créés en France (1791). Depuis 1862, il occupe l’Hôtel Lisleferme, au sein du Jardin public de la ville. Un écrin de verdure pour ce bâtiment, dont la dernière restauration datait des années 1930. «La Ville a décidé de rénover le bâtiment, de sécuriser et mettre en valeur ses collections, avec un projet muséographique innovant» explique Fabien Robert, maire adjoint chargé de la Culture. «Nous avons retenu le groupement Basalt Architecture, mandataire, associé au muséographe allemand Die Werft.»

C’est un chantier complexe et à long terme, dont les différentes contraintes -budgétaire, révision du projet, bâtiment XVIIIe à rénover aux normes actuelles, restauration des collections- expliquent le très long cheminement: pas loin de dix années entre la fermeture et la réouverture au public, prévue en avril 2018. «Ce chantier important a sept ans de retard et a essuyé deux appels d’offres infructueux et une révision significative du projet initial. Il est désormais en bonne voie» précise l’adjoint au maire.

 

Phasage

 

Le chantier s’est déroulé en trois phases: première étape, la construction d’un centre de conservation des collections, également réalisé par Basalt Architecture en 2011, au nord de Bordeaux, pour transférer l’intégralité des collections du muséum. «Nous avons 100 100 spécimens classés, précise la conservatrice Nathalie Mémoire. A terme, 3 500 seront présentés. Un travail engagé en 2011 avec l’aide du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche : 2 000 spécimens auront été restaurés et l’ensemble des collections est numérisé, chaque spécimen ayant une notice informatisée. Il s’agit d’un chantier en opération tiroir: après la construction et le déplacement des collections, nous avons transféré les bureaux du muséum dans le pavillon XVIIIe adjacent, qui constituait l’entrée des anciennes serres du XIXe siècle. Basalt Architecture a aménagé les bureaux dans ce long bâtiment étroit, qui surplombe le jardin public. La troisième et principale étape est la restauration de l’hôtel de Lisleferme qui abrite le muséum proprement dit. Nous allons achever la phase gros œuvre, le second œuvre démarre, poursuit l’adjoint Fabien Robert, le chantier devrait être hors d’eau hors d’air en janvier 2017 et le bâtiment sera livré en septembre 2017. Là, démarreront le transfert des collections et les finitions du parcours muséographique. Nous attendons une ouverture au public en avril 2018.»

 

Contraintes

 

L’architecte en charge du projet, Delphine Hegoat-Lafond de Basalt Architecture, précise le travail évolutif de la maîtrise d’œuvre: «le projet actuel a été relativement simplifié par rapport au concours de 2007, où nous avions proposé une entrée par l’espace nouveau réalisé au sous-sol pour un parcours ascendant. Différentes contraintes nous ont orientés vers une entrée sur le parvis, de plain-pied avec le jardin public. Bien que l’entrée soit modifiée, le projet initial reste identique: un parcours sur deux niveaux et un sous-sol utilisant l’escalier monumental classé: au sous-sol, un vaste espace dédié aux expositions temporaires et, aux étages, les collections semi-permanentes (niveau 1) et permanentes (niveau 2).

Toute la restauration bois du bâtiment, parquets sur les deux niveaux, mobilier et menuiseries intérieures et extérieures -hors muséographie- est réalisée par l’entreprise Richard (Artigues, Gironde). Objectif: préserver le bâtiment existant, conserver et mettre en valeur ses volumes, remettre à jours certains éléments, en restant le plus discret possible. Les gaines techniques sont passées là où cela est possible et le plus discrètement: dans les plafonds ou dans d’anciens passages réaménagés, ce qui modifie les plans d’origine en fonction de ce qu’on découvre sur le chantier sans toucher à la structure du bâtiment. Au niveau 2, les anciennes vitrines sont restaurées et reposées en périphérie de la vaste galerie. Au centre, une nappe centrale multimédia abritera certains spécimens et sera surmontée d’un squelette de baleine accroché sous le plafond lumineux en toile tendue microperforée qui reprend l’emprise de l’ancienne verrière, que l’on doit condamner pour répondre aux contraintes hygrométriques et muséographiques du nouveau muséum.

 

Déplacement du muséum pendant les travaux

 

La thermique joue un grand rôle dans ce bâtiment relativement modeste dans ses dimensions: la production de chaleur sera en partie effectuée par un récupérateur des calories des eaux usées, dont les collecteurs passent dans le jardin public. La centrale de traitement d’air est quant à elle placée dans les combles.

Le gros œuvre terminé, la réhabilitation de l’intérieur devra s’achever début 2017 pour installer dès septembre 2017 tous les éléments de la muséographie, les vitrines et spécimens.

A noter que durant les travaux, le muséum s’est déplacé: «l’opération muséum chez vous a permis à 10 000 visiteurs scolaires ou personnes âgées de se faire présenter des collections. Enfin, outre les 3 500 spécimens qui seront présentés, le muséum gère également quelque 600 animaux et spécimens congelés, souvent issus de zoo, en attente de traitement conservatoire: des mollusques, des algues et même une girafe !» conclut Nathalie Mémoire.

 

Focus

Maîtrise d’ouvrage: Ville de Bordeaux.

Maîtrise d’œuvre: Basalt Architecture, architecte; Die Werft-Coplan, muséographe; Coplan-Grontmij, bureau d’études; Impédance, acoustique.

Calendrier: début du chantier, 2O14; fin du chantier (aménagement et réinstallation des collections), 2O17; ouverture au public, avril 2O18.

Coût total de l’opération sous maîtrise d’œuvre Basalt Architecture (Lisleferme + pavillon): 17 millions d’euros TTC. L’ensemble des cofinancements ont été notifiés à hauteur de 2,98 millions d’euros dont 1,718 million d’euros (conseil régional); 97 500 euros (Etat-Direction régionale affaires culturelles au titre des façades protégées), 888 14O euros (Etat-ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche pur les études, parcours muséographique et dispositifs interactifs et 281 OOO euros (Ademe au titre du fonds de «chaleur renouvelable»).

Coût du centre de conservations des collections (opération hors maîtrise d’œuvre Basalt Architecture, y compris rayonnages mobiles et chambre froide): 1,327 million d’euros TTC avec un cofinancement du conseil régional à hauteur de 297 OOO euros.

Coût total (Lisleferme, pavillon, centre de conservations des collections): 18,327 millions d’euros TTC.

 

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