Immobilier

Le monde de l’immobilier contre la taxe pour le RSA

Les professionnels de l’immobilier et les propriétaires bailleurs dénoncent la nouvelle taxation de 1,1% sur les revenus fonciers, craignant que celle-ci n’affecte encore plus un secteur déjà touché par le ralentissement de l’économie.

Pour Jean-François Gabilla, président de la Fédération des promoteurs constructeurs (FPC), « elle risque de décourager les investisseurs dans le secteur ». Didier Ridoret, président de la Fédération française du Bâtiment (FFB), se demande « s’il est nécessaire de provoquer une partie des Français sur un sujet qui mérite un consensus sans faille ? ». Et la Fnaim (la Fédération nationale de l’immobilier) la qualifie de « geste fiscal inconséquent »… « Elle », c’est la nouvelle taxe imaginée par le Président de la République pour financer le Revenu de Solidarité Active (RSA) imaginé par Martin Hirsch, le Haut-commissaire aux solidarités actives. Et il est clair que ce 1,1% prélevé sur les revenus fonciers n’est guère du goût des professionnels de l’immobilier. Selon la Fnaim toujours, la taxe « porte à 12,1% les prélèvements sociaux sur les revenus immobiliers, venant réduire encore le rendement de l’investissement locatif, déjà lourdement pénalisé par la fiscalité en vigueur et par des niveaux de loyers contraints depuis 3 ans par la baisse du pouvoir d’achat ».


« Les propriétaires s’en souviendront »
Les bailleurs ne sont évidemment pas en reste. « Le gouvernement de droite, après la suppression de l’abattement forfaitaire, la réduction du dépôt de garantie à un mois, la multiplication des diagnostics obligatoires, va frapper une nouvelle fois l’immobilier en taxant encore plus les revenus fonciers », a déploré l’Union nationale pour la propriété immobilière (UNPI), qui regroupe les propriétaires bailleurs privés et revendique 250.000 adhérents. « Les propriétaires s’en souviendront lors des choix décisifs pour l’avenir du pays. Ils n’acceptent pas d’être trahis constamment », a même menacé son président, Jean Perrin.
« Le gouvernement, qui, par ailleurs, tente de pallier les effets néfastes de l’ISF, institue un dispositif qui va à l’encontre des objectifs affichés et contrarie les premiers résultats obtenus par la mise en place du bouclier fiscal », ont regretté, dans un communiqué commun, trois syndicats d’administrateurs de biens.
La taxe concernera l’ensemble des revenus du capital à l’exception des livrets d’épargne et des revenus obligataires.
Quatre millions de foyers disposaient de revenus fonciers, selon les déclarations de revenus de 2002, pour un montant de 16,6 milliards d’euros, selon la Direction générale des impôts.
Le montant moyen annuel de ce revenu est de 4.180 euros (pour un loyer moyen de 10.500 euros).

Adrien Pouthier avec AFP

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