Logement

Le ministre de la Ville va forcer Ormesson-sur-Marne à construire des logements sociaux

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Gouvernement - Logement social - Urbanisme - aménagement urbain

Le ministre de la Ville, Patrick Kanner, a décidé de rendre vendredi 25 septembre une visite surprise à cette commune de la région parisienne qui ne respecte par le seuil minimum de 10 % de logements sociaux imposé par la loi SRU. Ormesson-sur-Marne, 10.000 habitants, ne compte que 1,7% de logements sociaux.

Il « concède » une « visite médiatique », mais dans l’espoir de « créer un électrochoc ». Le ministre de la Ville Patrick Kanner s’est confronté vendredi 25 septembre, face aux caméras, à la maire Les Républicains d’Ormesson-sur-Marne (Val-de-Marne), à peine 1,7% de logements sociaux, pour rappeler aux maires leurs obligations en la matière.

« Chacun doit prendre sa part. J’espère convaincre avant de contraindre », a déclaré le ministre à son arrivée dans la petite ville de 10.000 habitants, qui compte 4.000 habitations, mais pas plus de 80 logements sociaux, l’un des taux les plus bas de France. Il a annoncé son intention de faire rapidement construire 500 habitations, dont 200 logements sociaux, sur la commune. « Une opération conviction », comme il l’a qualifiée, qu’il impose à la municipalité, mais sans « préemption », le terrain concerné appartenant déjà pour une large majorité à l’État.

La loi SRU (Solidarité et renouvellement urbains) oblige les communes de plus de 3.500 habitants (et de 1.500 en Ile-de-France) à disposer d’au moins 25% de logements sociaux sur leur territoire. Une « politique de préemption » des terrains « sera engagée » dans des communes qui ne respectent pas cette obligation, avait fait savoir François Hollande jeudi 24 septembre. L’État « délivrera lui-même les permis de construire et réalisera les logements nécessaires », avait-il ajouté.

 

« Expédition punitive »

 

Face à Patrick Kanner, la maire Marie-Christine Ségui s’est « étonnée » que sa ville ait été choisie pour ce déplacement. « Je ne pense pas que ce soit le bon exemple. Moi, je ne fais pas une opération de communication, l’État peut-être », a-t-elle affirmé, évoquant « une expédition punitive ».

Élue en 2014, elle dit avoir « hérité » de la situation et assure avoir participé à « plus de 20 réunions » avec les autorités pour arranger les choses. « Je ne suis pas réfractaire. Je suis volontaire pour du logement social, mais pour mes habitants », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’elle n’avait pas les moyens de « construire des écoles ou des crèches » pour les nouveaux arrivants.

« On va vous aider à aller encore plus vite, vous allez voir », a ironisé le ministre au cours de leurs échanges doux-amer. Il a affirmé qu’Ormesson-sur-Marne ne serait pas la seule ville ciblée par son ministère: « Je vous rassure, il y en aura d’autres. »

Le non-respect de la loi SRU coûtera à la ville 450.000 euros en 2015, sur un budget de 12 millions d’euros, a indiqué sa directrice générale à l’AFP. Le montant des pénalités aurait pu s’élever à 900.000 euros, mais celles-ci ont été renégociées, le maire ayant fait valoir « sa bonne volonté ».

 

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X