Logement

Le ministre de la Ville caresse Lille dans le sens de l’affect

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Gouvernement - Logement social

Le Lillois Patrick Kanner était de retour à la maison, ce 25 janvier, pour engager des actions devant faciliter la construction de logements sociaux. Dans un contexte de contraction budgétaire inquiétant.

Le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner, était à Lille, lundi, pour signer le protocole d’accord relatif à la vente de terrains attenants à la gare Saint-Sauveur. L’aboutissement de dix ans de négociation entre la Ville, la communauté urbaine et la SNCF, qui va permettre à un nouveau quartier, dont le dessin a été confié à l’urbaniste danois Jan Gehl, d’émerger en cœur de ville sur 23 ha. 200 000 m2 logements sont dans les tuyaux, dont un tiers de social. Patrick Kanner a profité de ce déplacement pour visiter le «Château du Cete», l’ancienne direction régionale de l’Equipement, qui fait l’objet de la première cession gratuite par l’Etat de terrains avec une décote de 100%. A l’horizon, une opération immobilière portée par le bailleur social associatif Areli (un centre d’hébergement et de réinsertion de 45 places).

La loi de «mobilisation du foncier public» permet, en effet, de céder des terrains de l’Etat, bâtis ou nus, à un prix inférieur à leur valeur, selon le principe de la décote, si le preneur s’engage à y construire des logements sociaux, locatifs ou en accession. Depuis le Comité interministériel pour l’Égalité et la Citoyenneté du 6 mars 2015, de nombreuses actions ont été engagées par le gouvernement pour faciliter la construction de logements sociaux sur les territoires défaillants ou carencés, comme celui de la métropole Lilloise, où les enjeux de renouvellement urbain sont importants.

 

Budget 2016 en baisse

 

Ces deux «cadeaux» interviennent à un moment où des inquiétudes se lèvent à Lille, après le vote d’un budget primitif 2016 en baisse. Car il y a les discours et les chiffres. 465,6 millions d’euros contre 476,5 millions d’euros en 2015. 408 millions d’euros hors remboursement des emprunts (la dette de Lille s’établissait à 397 millions d’euros au 1er janvier, soit un endettement par habitant 50% plus élevé que la moyenne des grandes villes). La hausse de la fiscalité en 2015 n’aura donc pas empêché la rigueur, symbolisée par le coup de rabot sur lille3000, le «voyage» qui poursuit et approfondit le dynamisme de Lille 2004, capitale européenne de la culture. La culture, fonds de commerce de la métropole du Nord… Moins 400 000 euros de subvention annuelle: l’impression qu’on gratte un peu les fonds de tiroirs.

Confrontée à des impôts locaux qui stagnent (+1%) et à la baisse des dotations d’Etat (-3,9%), la municipalité comprime ses dépenses de fonctionnement (328,3 millions d’euros) mais Jean-René Lecerf, le chef de l’opposition, craint que cela ne suffise pas et que, très vite, l’investissement, qui conserve encore un niveau honorable à 137,3 millions d’euros, «devienne la variable d’ajustement de nos difficultés», comme au conseil départemental du Nord, qu’il préside. Les dépenses d’équipement sont ainsi annoncées en baisse de 10% en 2016.

 

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