Urbanisme et aménagement

« Le métier d’aménageur change beaucoup dans ses modalités », Hervé Gay, directeur général de Citallios

Mots clés : Economie mixte - Etat et collectivités locales

Issue du regroupement de quatre SEM d’aménagement des Hauts-de-Seine et des Yvelines -SEM 92, Semercli, Yvelines Aménagement et Sarry 78-, Citallios fêtera son premier anniversaire le 7 septembre. L’occasion pour Hervé Gay d’évoquer les différents métiers et projets de ce nouvel acteur de l’aménagement francilien.

 

Citallios fête son premier anniversaire. Quel premier bilan dressez-vous?  

Hervé Gay : L’année écoulée a été jalonnée par des étapes importantes comme l’installation de tous les salariés sur un site unique, à Nanterre, en janvier 2017, et l’achèvement de l’harmonisation sociale avec la conclusion d’accords d’entreprise, en février. Nous avons appris à nous connaître et à connaître les opérations. Aujourd’hui, la  phase de stabilisation se poursuit. Il s’agit de faire rentrer de nouveaux projets pour assurer de l’activité aux 94 collaborateurs de Citallios mais, d’ores et déjà, les prises de commandes sont à un niveau record. Aucun emploi n’a été supprimé conformément à l’engagement des deux présidents de départements, Patrick Devedjian et Pierre Bédier. La fusion des quatre SEM vise à rendre les équipes plus performantes et plus efficaces, pas à réaliser des économies. En 2017, nous devrions atteindre 11,6 M€ de rémunérations, en ligne avec le plan d’entreprise.

 

Quels sont les grands métiers de Citallios ?

Il y en a cinq : l’aménagement (ZAC, centre-ville, réhabilitation de friches industrielles, extension urbaine) ; les opérations Anru ; les interventions dans les quartiers anciens et d’habitat privé ; la construction de logements (sociaux et spécifiques) et d’équipements publics et enfin le métier d’études et de conseils.

 

« Nous disposons de 24 millions d’euros de fonds propres »

 

Quel regard portez-vous sur le métier d’aménageur ?

H.G. : C’est un métier qui change beaucoup dans ses modalités. Pour des raisons diverses, les collectivités locales recourent de moins en moins aux ZAC. Pour autant, elles ne manquent pas de projets à développer. Il faut donc imaginer de nouveaux modes d’intervention. 

 

Que proposez-vous ?

 Citallios mène des opérations en direct sans passer de contrat avec les collectivités locales. Concrètement, elle peut, à la demande d’un maire ou d’un propriétaire foncier, acheter un terrain sur lequel elle mettra en oeuvre un projet préalablement défini avec les élus. Elle dispose pour ce faire de fonds propres importants, de l’ordre de 24 millions d’euros sans compter les garanties d’emprunts que peuvent apporter les deux départements.

 

Avez-vous déjà conclu des opérations de ce type ?

A Clichy (Hauts-de-Seine), nous achetons, à la demande du maire, acheter un îlot qui appartenait à quatre propriétaires, sur lequel 300 logements vont être construits. A Andrésy (Yvelines), la Chambre de commerce souhaitait valoriser une propriété. Après avoir défini le projet avec le maire, nous avons acquis le foncier pour y réaliser, là aussi, 300 logements.

 

« Les promoteurs font parfois appel à Citallios »

 

 

N’entrez-vous pas en concurrence avec  les promoteurs ?

Je pense que les promoteurs comprennent bien la stratégie que nous développons. Parfois, ils font même appel à nous. A Poissy (Yvelines), PSA, qui souhaitait valoriser une emprise de 4,2 ha jusqu’alors mise à la disposition de son comité d’entreprise, a lancé une consultation de promoteurs. Les responsables de Nexity Apollonia nous ont proposé d’y répondre avec eux. Nous l’avons fait après avoir rencontré le maire pour savoir quel programme il envisageait sur ce site. Nous avons remporté la consultation. Dans la foulée, nous avons créé une société commune détenue par Nexity (80%) et Citallios (20%) chargée de mettre en œuvre une opération d’environ 500 logements (42 000 m2) principalement réservés aux primo-accédants avec une résidence senior. Le projet est conçu par l’atelier Castro.  

 

Vous avez évoqué le manque d’appétence des élus pour les ZAC. Comment l’expliquez-vous ?

H.G. : Le temps de l’aménagement n’est plus celui du temps politique. Autrefois, les élus arrivaient à se projeter à deux, voire trois mandats. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Il leur est donc de plus en plus difficile de s’engager dans des opérations de long terme. Ensuite, le big-bang territorial en Ile-de-France, qu’il s’agisse de la création de la Métropole du Grand Paris ou de la refonte de la carte intercommunale en grande couronne, ne favorise pas une vision de long terme. Les élus ne savent pas si dans deux ou trois ans ils seront toujours aux manettes des opérations qu’ils lancent aujourd’hui. Aux raisons politiques s’ajoutent les difficultés de financement auxquelles sont confrontées les collectivités locales. Une ZAC  à travers son bilan peut apparaître coûteuse. La collectivité sait tout de suite quelle somme elle devra mettre sur la table. En revanche, en phasant un projet, on peut parvenir d’une manière plus douce à le réaliser.    

 

« Le nouveau programme national de renouvellement urbain n’avance pas aussi vite que prévu »

 

Citallios intervient aussi dans les quartiers Anru. Quelle est son actualité dans ce domaine ?

H.G. : Le Nouveau programme national de renouvellement urbain n’avance pas aussi vite que prévu et les projets Anru 2 ne devraient pas être lancés au mieux avant 2018. Nous avons donc décidé d’anticiper en procédant autrement. Nous avons noué des partenariats avec de grands bailleurs sociaux: la SNI, France Habitation, Hauts-de-Seine Habitat… L’idée est là aussi de développer des opérations en direct mais sur du foncier appartenant à des organismes HLM dont ils n’ont plus l’utilité. Dans le cadre de projets définis en concertation avec  les villes concernées, Citallios achèterait ces terrains pour les valoriser auprès de promoteurs et réaliserait les espaces publics. Quelques pistes pourraient se concrétiser fin 2017, début 2018.

 

Qui prend en charge les études ?

H.G. : Les études sont principalement financées par les collectivités sur contrat mais il nous arrive parfois de mobiliser nos fonds propres. Elles relèvent du cinquième métier de Citallios –études et conseil- qui se  porte bien. Cette activité est  rattachée à Daniel Talamoni, directeur général délégué en charge du pôle développement. Sa mission : faire émerger de nouveaux projets en s’appuyant sur les directions métiers de Citallios.

 

En matière de conseil, quel nouveau type de prestations proposez-vous ?

H.G. : Nous nous sommes positionnés sur le créneau de la valorisation foncière.  Les propriétaires qui envisagent de vendre leur terrain veulent savoir à quel prix ils pourront le faire. Notre valeur ajoutée consiste à faire converger deux positions à priori antinomiques : celle du maire qui en général ne souhaite pas trop de constructibilité sur le site et celui du vendeur qui cherche à obtenir le prix le plus élevé possible. En septembre dernier, nous avons signé un premier contrat avec l’ONERA (Office national d’études et de recherches aérospatiales) pour ses sites de Meudon (Hauts-de-Seine) et de Châtillon (Hauts-de-Seine). Un autre contrat est en cours à Gentilly (Val-de-Marne) avec une SCI. C’est un métier que nous cherchons à développer.

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