Etat et collectivités

Le maire de Marbella interpellé dans une affaire de corruption immobilière

La station balnéaire de Marbella, sur la Costa del Sol, était mercredi au centre d’une nouvelle affaire de corruption immobilière, avec l’interpellation de dix-sept personnes, dont le maire de la ville, a-t-on appris auprès de la police.

Les policiers perquisitionnaient mercredi la mairie de cette station balnéaire huppée du sud de l’Espagne, lieu de villégiature prisé par les mafias d’Amérique latine et d’Europe de l’Est et théâtre habituel de scandales financiers et règlements de comptes sanglants.
Le maire de Marbella, Mme Marisol Yagüe, appartenant à un petit parti local de droite, et seize autres personnes, dont l’adjoint chargé de l’urbanisme, Juan Antonio Roca, le secrétaire de mairie et deux conseillers municipaux, ont été interpellées dans le cadre d’une « vaste opération » anticorruption liée à des projets d’urbanisme, selon la police.
Mme Yagüe est une proche de l’ancien maire de Marbella et président du club de football de l’Atletico de Madrid, Jésus Gil y Gil, écroué en 2002 pour détournement de fonds publics, et dont Juan Antonio Roca, était déjà l’adjoint à l’urbanisme.
La police a longuement fouillé mercredi le domicile de Mme Yagüe, et a déjà bloqué un millier de comptes bancaires, selon la radio Cadena Ser.
Cette opération de police baptisée « Malaya » est menée sous la direction d’un juge d’instruction de Marbella et du parquet anticorruption espagnol, selon le ministère de l’Intérieur.
Les enquêteurs soupçonnent la mairie de Marbella d’être impliquée dans des affaires de corruption liée à l’urbanisme via un « important conglomérat de sociétés », est-il précisé.
L’enquête, qui se déroule à Marbella, Madrid et en Murcie vise notamment des délits de malversation, détournements de fonds publics, corruption et trafic d’influence.
Le juge à l’origine de l’opération de mercredi est celui qui avait dirigé l’affaire « Baleine Blanche », ayant permis de démanteler à Marbella en mars 2005 un immense réseau international de blanchiment d’argent portant sur au moins 250 millions d’euros.
La police avait arrêté près de 60 personnes de diverses nationalités, soupçonnées d’opérer au sein de ce réseau ayant des ramifications à l’île de Man, au Luxembourg, en Andorre ou à Gibraltar.
Devant l’ampleur de la spéculation immobilière, liée au blanchiment d’argent, les autorités socialistes de la région Andalousie avaient annoncé fin 2005 qu’elles allaient retirer à Marbella ses compétences en matière d’urbanisme.
Depuis l’arrivée au pouvoir de Mme Yagüe, le gouvernement andalou a contesté la légalité de 211 permis de construire à Marbella.
Le gouvernement espagnol a créé une unité spéciale de lutte contre le crime organisé pour cette région, qui a arrêté 593 personnes entre janvier et août 2005. En 2003, la police y a démantelé 53 groupes criminels dédiés au blanchiment d’argent, au trafic de drogue, d’armes et de voitures.
AFP

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X