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Le lampadaire chartrain expérimente la ville intelligente

Mots clés :

Eclairage urbain

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Electricité - Equipements électriques

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Télécommunications

Jusqu’au second semestre 2016, le réseau électrique d’éclairage public de Chartres devient un réseau de télécommunication. Les entreprises Sysplug et Citeos testent les possibilités d’un transport de l’information par le biais candélabres.

Le concept de la ville intelligente soulève la question des réseaux de télécommunication. Dans cette cité théorique, qui s’adapterait aux moindres variations de son environnement, les canaux de l’information restent à définir. Dans ce rôle, Sysplug propose le réseau électrique d’éclairage public. Depuis avril 2015, la jeune entreprise a transformé les lampadaires de Chartes en appareil d’émission et de réception de signaux. Les candélabres des rues Georges-Fessard, Charles Brune, et de la place Châtelet, recueillent les messages des capteurs installés sur des places de parking ou des conteneurs à ordures. Ils les transmettent ensuite à une base de données informatique. Ce démonstrateur est réalisé en partenariat avec la municipalité, l’agglomération, et Citeos, la marque de Vinci Energies chargée du service d’éclairage de la ville. L’expérience se poursuivra jusqu’au second semestre 2016.

L’idée de l’installation émerge en 2014. « A la conclusion d’un contrat de performance énergétique, nous avons échangé avec la collectivité autour de la ville intelligente. Ces discussions ont abouti à création d’une infrastructure pilote », explique Pierre Fillastre, chef d’entreprise Citeos à Chartres. Le projet est divisé en trois phases. Les opérations ont débuté en 2015 par la pose de modules Sysnode, conçu par Sysplug, dans le mât de 17 luminaires à LED, accompagnés de 8 détecteurs radiofréquences sur des places de parkings, et de 6 capteurs de remplissage sur les poubelles environnantes.

 

Le lampadaire comme centre de communication

 

Le boitier Sysnode joue le rôle d’intermédiaire entre les logiciels de contrôle et les équipements urbains. Les consignes des gestionnaires, enregistrées par l’intermédiaire d’un programme informatique, sont transmises par le réseau de téléphonie mobile jusqu’au poste électrique du quartier. Un concentrateur, un ordinateur dédié à la gestion du trafic de données, les convertit en impulsion électrique, selon le protocole LonWorks. Elles circulent dans les câbles de l’éclairage public jusqu’au Sysnode le plus proche de l’appareil visé. On parle de communication par courants porteurs en ligne (CPL).

Une fois l’instruction reçue, le module la traduit dans le langage de la machine ciblé. Si la commande est adressée au luminaire LED de son mât, il la code en séries de signaux électriques d’après les normes du protocole Dali. L’outil peut ainsi allumer ou moduler l’éclairage du candélabre. « L’emploi des CPL implique de garder en permanence le réseau électrique sous tension. Nous devions donc en priorité maitrisée le déclenchement de l’éclairage », précise Paulino Lopes, président et fondateur de Sysplug.

Dans le cas où le message concerne un autre système, le Sysnode l’expédie sous forme d’ondes radio vers le destinataire. La chaîne de communication fonctionne aussi dans l’autre sens. De la sorte, les détecteurs de parking et des poubelles peuvent informer les services de la ville de leur état. Un conteneur plein ou une place occupée s’affichent rapidement sur les écrans de la municipalité. « L’espace urbain compte en général un lampadaire tous les trente mètres, observe Paulino Lopes. Cette configuration assure une bonne couverture réseau pour les objets connectés. Nous adaptons notre produit aux différents protocoles radio existants. »

 

Et l’habitant ?

 

La seconde et la troisième phase approfondissent l’expérience avec l’intégration au réseau de dispositifs variés : une station météorologique, une borne de recharge de véhicule électrique, un système d’arrosage automatique et des compteurs d’eau. « Nous travaillons à créer un arrosage contrôlé par les mesures pluviométriques de la centrale météorologique, indique le président. En parallèle, nous étudions avec le distributeur d’eau le télérelevé de ses compteurs par nos équipements. »

Les infrastructures de Chartes montrent donc une voie proche de la maturité pour les canaux d’information. Une interrogation demeure néanmoins au sujet des interactions entre ce réseau de machines et les habitants. Dans le démonstrateur chartrain, elles s’opèrent par l’intermédiaire d’une borne tactile installée place Châtelet. « Elle affiche sur une carte les informations transmises par les détecteurs de stationnement et les capteurs de remplissage des poubelles. Les passants peuvent y télécharger au moyen de QR codes des applications reliés à ces systèmes. Ils ont aussi la possibilité de répondre à des sondages » détaille Pierre Fillastre.

Paulino Lopes envisage déjà de pousser plus loin l’emploi du téléphone portable. « Le mobile constitue l’outil idéal pour opérer une jonction entre l’usager et la collectivité. Nous réfléchissons à ajouter des systèmes de paiement dématérialisé à nos fonctionnalités. Une autre utilisation constituerait à allumer un luminaire uniquement quand un téléphone passe à sa portée. » Cette dernière idée reposerait sur des « beacons », des émetteurs-récepteurs radios de petite taille qui communique selon le protocole Bluetooth avec les appareils. Sysplug pourra explorer ses nouvelles pistes en 2016 à l’occasion de nouveaux chantiers au Havre et à Saint-Nazaire.

 

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