Entreprises de BTP

Le « J’accuse » d’un ancien cadre de Thales

Un ex-PDG d’une filiale de Thales a dénoncé dans Le Monde daté de mardi un vaste système organisé de corruption dans le groupe, selon lui, représenterait en commissions illégales 1% à 2% de son chiffre d’affaires (10,5 milliards d’euros en 2004).

Le groupe Thales a opposé « un démenti formel » aux accusations de corruption de son ancien cadre, Michel Josserand, ancien PDG de Thales Engineering and Consulting (THEC), mis en examen dans le cadre d’une instruction niçoise sur les conditions d’attribution du marché de maîtrise d’oeuvre du tramway de Nice.

Entendu le 27 mai à sa demande par les magistrats niçois, il a accusé le groupe de corruption en citant certaines opérations menées en France et à l’étranger qui, selon lui, auraient un caractère illicite.
Le parquet de Paris a ouvert fin juillet une enquête préliminaire afin de procéder « à plusieurs vérifications destinées à étayer les déclarations de M. Josserand » avant d’ouvrir une information judiciaire.

Dans un entretien au Monde, Michel Josserand, aujourd’hui cadre d’EADS, rival de Thales, qu’il souhaite racheter, va encore plus loin en détaillant les mécanismes d’un véritable système de corruption qui, selon lui, aurait été institué au sein du groupe.
Selon son témoignage, Thales aurait mis en place, avec l’aide d’un ancien magistrat, un code, baptisé « code éthique », destiné à organiser le versement de commissions occultes qui selon lui, représenteraient 1 à 2% du chiffre d’affaire global de Thales.
Ce système « permet de n’avoir qu’un seul canal pour organiser ses versements occultes. Les filiales n’ont plus le droit de monter leur propres réseaux. Il n’y a plus que quelques personnes qui trempent dans le système: les responsables de Thales international et la direction du groupe », explique M. Josserand.
Il s’organise « par l’intermédiaire de sous-traitants basés à l’étranger (…) l’idéal est de passer par une société industrielle, par exemple une entreprise de BTP au Moyen-Orient. On surfacture de 10% à 15% tel ou tel bâtiment et le bénéfice dégagé sera reversé par l’entreprise aux destinataires des commissions. En multipliant les intermédiaires, on ne peut remonter jusqu’à Thales », précise-t-il.
Selon M. Josserand, le versement de « pots-de-vin » serait « inévitable » dans certains endroits « comme en Afrique, en Corée, en Grèce, en Italie » et impliquerait des décideurs politiques « sur les très grosses affaires », « en tout cas à l’étranger ».

Dans un communiqué de Thales, « le Groupe souligne que ces accusations sont le fait d’un ancien responsable de cette filiale, licencié du groupe Thales pour avoir commis des irrégularités dans le cadre d’un contrat pour la réalisation du tramway de Nice. Le Groupe a de lui-même porté plainte pour corruption dans cette affaire », ajoute-t-il.

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