Immobilier

Le groupe SNI veut moderniser le financement du logement « d’intérêt collectif »

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Financement du logement

André Yché, président du directoire de la SNI, a présenté, le 19 mai, la stratégie du groupe pour les six ans à venir. Elle se décline en trois volets : modernisation du financement du logement, développement des services associés à l’habitat, élargissement de son champ d’action.

Suite à l’assemblée générale de la SNI qui s’est tenue le 2 mai, André Yché, président du directoire, a présenté la nouvelle gouvernance exécutive du groupe. Trois pôles ont été constitués : logement intermédiaire et services centraux, placé sous la responsabilité de Yves Chazelle ; logement social, dirigé par Manuel Flam et fonds d’investissement et transformation du groupe piloté par Vincent Mahé.

André Yché a ensuite exposé la stratégie du groupe sur les six ans à venir. Elle se décline à travers trois volets principaux. Premier objectif : la modernisation du financement du logement « d’intérêt collectif » (social et intermédiaire). « Aujourd’hui, constate le président du directoire, nous sommes sur des modèles de financement totalement endogènes ou subventionnés. En réalité, il faut aller vers des modes de financement plus diversifiés, qui permettent de mobiliser l’épargne privée ». Plusieurs pistes sont envisagées : la création de fonds d’investissement territorialisés pour le logement intermédiaire, « y compris en mobilisant des financements d’origine étrangère ». Les deux premiers fonds à l’étude concernent le Grand Paris et le Grand Lyon. En matière de logement social, le groupe SNI veut « massivement » développer le recours aux prêts dits « haut de bilan », c’est-à-dire des prêts à différé d’amortissement et à des taux faibles. Le dispositif, qui sera bientôt opérationnel, financé par la Caisse des dépôts et Action Logement, devrait atteindre deux milliards d’euros. Enfin, dernière piste de modernisation : les relations nouées avec les institutions financières européennes : BEI (Banque européenne d’investissement), Banque du Conseil de l’Europe…

 

Prise de participation dans la plateforme « BIENICI »


Deuxième priorité : le développement des services associés à l’habitat, basé sur le numérique. « Nous voulons associer l’accès à l’emploi et à la formation à l’offre de logement », a précisé André Yché. Un premier accord a été conclu avec l’Afpa. Le groupe SNI a par ailleurs pris une participation dans la plateforme d’annonces immobilières « BIENICI ».

Dernier volet : l’évolution du champ d’action. « Nous devrions être associés à l’avenir de l’immobilier dans les départements d’outre-mer », a indiqué André Yché. Nous avons aussi la volonté de développer des coopérations sous forme de conseil à la constitution de fonds d’investissement ou à la définition de politiques publiques à la demande de pays étrangers. La SNI rencontrera ainsi, très prochainement, une délégation de la Côte d’Ivoire.

 

Un fonds pour recycler des hôtels en centres d’hébergement

 

André Yché a également insisté sur deux initiatives du groupe. La première concerne la mise en plce d’un fonds pour recycler des hôtels bas de gamme en centres d’hébergement qui auront le statut de résidence hôtelière à vocation sociale. « Cela devrait permettre à l’Etat de réaliser des économies importantes en matière de nuitées dans les hôtels, de l’ordre d’un tiers », a souligné Vincent Mahé. Quelque 10 000 places devraient être créées, ce qui correspond à 7 000 chambres.

 

Des logements ni sociaux, ni intermédiaires

 

Sollicitée pour construire du logement intermédiaire dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), la SNI réfléchit à un nouveau produit, qui ne serait ni du logement intermédiaire, ni du logement social, et doté d’une forte ambition architecturale. Objectif visé : attirer des actifs disposant de revenus supérieurs à ceux des habitants de ces quartiers (policiers, postiers, infirmières…). « Si nous parvenons à gentrifier certains quartiers, nous pourrons procéder progressivement à une évolution du peuplement », a commenté André Yché. Ces logements, non assujettis aux règles du logement social, proposeraient un loyer comparable à celui du logement social mais le plafond de ressources serait celui du logement intermédiaire ». Pour financer ce nouveau produit, la SNI espère bénéficier d’une TVA à 5,5%. « Nous ne demandons pas une faveur, nous réclamons la clause de la nation la plus favorisée », a commenté André Yché. Un premier projet devrait voir le jour à Sarcelles, dont le maire (PS), François Pupponi, est président de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine.

« Nous parlons du logement autrement, a conclu André Yché. Nous avons une approche entrepreneuriale mais mise au service de l’intérêt collectif» .

Focus

Les grands chiffres

D’ici à 2020, la SNI envisage la mise en chantier de 70 000 logements sociaux et intermédiaires (dont 35 000 en Ile-de-France et 35 000 en province) auxquels s’ajouteront 22 000 studios sous maîtrise d’ouvrage d’Adoma.

Fin 2015, le groupe gérait 86 000 logements intermédiaires et en détenait 82 000. Objectif 2021 : 105 000 logements gérés et 90 000 détenus en pleine propriété. Le parc social s’élevait à 180 000 logements : 105 000 en Ile-de-France et 80 000 en province. Objectif : la production de 45 000 nouveaux logements sociaux sur la période 2015-2025.

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