Immobilier

Le Grand Hôtel occupé par Droit Au Logement

Les 80 militants installés dans le salon de l’hôtel demandaient un rendez-vous à Matignon. Ils ont été évacué une heure plus tard par les forces de l’ordre

Vendredi 26 décembre, 11 heures du matin : des dizaines de femmes africaines et maghrébines, accompagnées d’enfants et de quelques hommes, investissent le salon central du Grand Hôtel (aujourd’hui connu sous le nom d’hôtel Intercontinental Paris-Le Grand) place de l’Opéra à Paris. Ce sont des militants (80 environ) de l’association Droit au logement (Dal). Ils sont venus « venus se réchauffer en attendant un rendez-vous à Matignon ». Assis dans les fauteuils profonds ou à même la moquette, les manifestants entonnent une série de slogans –« Mme Boutin, arrête ton baratin », « on n’est pas méchants, on veut un logement »– pris en photos ou filmés par des clients un brin éberlués ou des membres du personnel. Le Dal entend obtenir le respect des engagements de l’Etat de reloger les 374 familles mal logées qui avaient participé au campement de la rue de la Banque en 2007 à l’heure où 233 familles attendent toujours une solution durable. « Ils sont tous à l’hôtel: Sarkozy et Fillon, et quand ils vont rentrer de vacances, des familles seront toujours dans la rue », a déclaré à l’AFP Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du Dal. « Comme pour eux, on aimerait que les hôtels soient pour le tourisme! », a-t-il ajouté, en référence aux familles hébergées dans des hôtels modestes. Rapidement, les tables du patio ont été désertées par la clientèle, policiers et gendarmes ne tardant pas à se masser sous le lustre imposant du salon à verrière, accueillis par un regain de slogans et des youyous.A 12H00, l’évacuation débute, sur réquisition-plainte de la direction: certains manifestants sortent en marchant dûment encadrés, d’autres sont portés par trois voire quatre policiers ou gendarmes pour être sortis de l’hôtel. Réunis à l’extérieur, boulevard des Capucines, le Dal a appelé les pompiers pour s’occuper de quelques personnes qui se plaignaient « de douleurs aux poignets et chevilles ainsi qu’un coup au nez pour une dame ». L’évacuation, qui a duré à peine un quart d’heure, « s’est déroulée sans ménagement », a commenté M. Eyraud. Selon la Préfecture de Police, « l’opération s’est déroulée sans heurt comme peuvent l’attester les images filmées par les services de police ».

Adrien Pouthier avec AFP

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