Etat et collectivités

Le gouvernement pense réorienter une partie de l’assurance-vie pour construire des logements

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Gestion et opérations immobilières - Gouvernement

Le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac a précisé mercredi 6 février les dispositions imaginées par le gouvernement et évoquées la semaine dernière par le président de la République pour qu’une partie de l’épargne financière puisse s’investir dans le secteur immobilier.

Vendredi 1er février, lors d’une visite dans le Val d’Oise, François Hollande avait annoncé son intention de « faire appel aux investisseurs institutionnels, tout ce qui est assurance-vie, pour qu’il y ait une meilleure orientation de l’épargne pour faire de l’immobilier ». Et atteindre l’objectif de 500.000 logements par an.

Quelques jours plus tard, le ministre du Budget a précisé la réflexion du président de la République.

Lors des Rencontres parlementaires sur l’épargne et la fiscalité, mercredi 6 février, Jérôme Cahuzac a confirmé l’intention de réorienter une partie des encours de cette assurance. Il a assuré ne compter que sur « quelques dizaines de milliards d’euros » sur une collecte totale de l’assurance-vie « de 1.300, 1.400 milliards d’euros ».

Le ministre délégué au Budget a estimé que ces dispositifs, encourageant une baisse du coût du logement, auraient « comme conséquence seconde de moins solliciter le pouvoir d’achat des Français donc peut-être leur épargne afin précisément que celle-ci aille là où on le souhaite ».

Rappelant que les politiques d’incitation fiscale n’avaient jusqu’ici « pas contribué à détendre les prix en matière de logement », il a jugé nécessaire de « rompre avec cette logique » et d' »orienter l’épargne de telle sorte qu’en amont, on arrive à des conditions économiques de construction qui se concluent par un coût d’accès au logement par les ménages qui devienne supportable et qui permette consommation et épargne ».

 

Une solution prisée des promoteurs

 

Cette réorientation des revenus fiscaux d’une épargne très prisée des Français vers la construction est bien sûr soutenue par les promoteurs immobiliers. Ainsi depuis deux ans déjà, Alain Dinin de Nexity se prononce en faveur d’un tel dispositif. Mais les assureurs jugent la rentabilité de ce type d’actif insuffisante. Et demanderaient donc à l’Etat d’abonder pour garantir un rendement « acceptable ».

Alors qu’assureurs et promoteurs négocieront lundi 11 février sur la question, Bercy cherche aussi à rassurer les épargnants.

Interrogé jeudi 7 février sur France Inter, le ministre de l’économie, Pierre Moscovici, qui attend prochainement un rapport des députés socialistes Karine Berger et Dominique Lefebvre sur l’épargne longue destiné à préparer une réforme, a ainsi affirmé son intention de ne pas « écorner » l’assurance-vie.

« J’attends le rapport dans les prochaines semaines. Ce que nous souhaitons, c’est qu’on puisse effectivement orienter l’épargne vers des placements longs, des placements en actions et aussi vers l’immobilier », a expliqué M. Moscovici. Mais « il ne s’agit pas d’écorner le produit vedette et aimé des Français qui est l’assurance-vie », a poursuivi le ministre, affirmant que le placement, « très avantageux (…), le restera ». « Je n’ai pas là l’intention de modifier fondamentalement les choses, mais d’orienter mieux cette épargne vers l’investissement », a-t-il insisté.






 

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