Aménagement

Le dossier du réaménagement du port de Nice refait surface

Trois ans après le gel d’un projet d’extension qui avait déchaîné les passions, les milieux économiques azuréens repartent au combat pour obtenir l’aménagement d’un port de Nice « digne d’une des régions phares du tourisme mondial ».

« Aujourd’hui, les croisiéristes nous préfèrent Monaco, Barcelone ou Savone », déplore Dominique Estève, président la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) Nice-Côte d’Azur, actuel gestionnaire du port de Nice.
Si le pôle Nice/Villefranche-sur-Mer demeure, le premier port de croisière français, assure-t-il, la fréquentation des quais niçois par les croisiéristes débutant leur voyage à Nice (« tête de ligne ») décroît régulièrement.
Au 31 août 2005, le nombre de passagers en croisière « tête de ligne » sur Nice-Villefranche a reculé de 24% par rapport à la même période l’an dernier, sur un nombre total de passagers croisière en baisse de 6%.

En matière d’accueil de « têtes de ligne », la part captée par les ports de la Côte d’Azur les placaient en 2004 bon dernier des six principaux ports méditerranéens, alors qu’ils s’affichaient en troisième position dix ans plus tôt.
Pour la CCI, l’explication de cette désaffection est simple: « Le manque de structures d’accueil dans un port trop à l’étroit nous faire perdre, principalement en tête de ligne, la croissance d’un marché de la croisière en plein développement », juge Dominique Estève.
« Or ce sont les têtes de ligne qui génèrent le plus de revenus pour un port et sa ville », affirme Alain Palacios, animateur d’un groupe de réflexion sur l’avenir du port de Nice au sein de la Jeune chambre économique (JCE) Nice Côte d’Azur.

Dimanche dernier, ce club de jeunes chefs d’entreprises et cadres de la Côte d’Azur, qui se présente comme « apolitique et indépendant », a rassemblé une centaine de personnes pour une marche revendicative sur le port affirmant la nécessité de « faire évoluer » l’infrastructure.
L’expression hérisse encore les Niçois qui, il y a trois ans, s’étaient opposés à un vaste projet d’extension du port, jugé irréaliste dans un quartier aux rues étroites et à la circulation déjà dense.
Enserré dans le Nice historique, non loin du centre ville, le port n’a guère évolué depuis les années 50, et garde l’allure d’une rade de plaisance.
La jeune chambre économique nie vouloir rallumer la « bataille du port » mais souhaite « renouer le dialogue » entre les différents partenaires. Le terme d' »extension » a diplomatiquement disparu au profit de celui de « modernisation ».

Objectif revendiqué: redresser la digue existante pour faire passer sa longueur de 200 à 400 mètres et « doubler le nombre de croisiéristes », selon la JCE.
« Il y a trois ans, les politiques se sont laissés guider par leurs intérêts électoraux pour enterrer le projet, il est temps qu’ils fassent preuve d’un peu de courage dans le dossier du port », affirme Alain Palacios.

En filigrane, la crainte que ce sujet soit de nouveau otage d’un bras de fer entre droite et gauche: conseil général des Alpes-Maritimes, présidé par l’UMP et conseil régional de PACA, présidé par le PS, sont en effet tous deux candidats au transfert de propriété du port de Nice et attendent d’être départagés, courant 2006, par le préfet de région.

Sophie MAKRIS (AFP)

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