Energie

Le développement de l’éolien est à la traîne

 

Le dernier « baromètre des énergies renouvelables électriques » et une étude de l’ Institut d’études économiques privé Xerfi pointent le décalage pris entre le rythme de développement de l’éolien en France et les objectifs fixés par le gouvernement à l’horizon 2020.

 

 

Avec plus de 5 000 MW installés dans l’hexagone, soit la puissance de plus de 3 EPR, l’éolien est, en 2010, la deuxième source renouvelable de production d’électricité, loin derrière l’hydraulique (> 25 000 MW) mais loin devant le photovoltaïque (> 500 MW crête).
Reprenant les objectifs fixés dans les textes de loi dits Grenelle 1 et 2, la programmation pluriannuelle des investissements de production d’électricité (PPI) fixe à 10 500 MW la puissance qui devrait être installée sur terre d’ici 2012 et à 19 000 d’ici 2020 (25 000 avec le offshore).
Publié par « Observ’er », le baromètre consacré aux filières renouvelables électriques en France signale que l’objectif de 2012 « semble déjà hors d’atteinte ». De son côté, Xerfi, dans une étude intitulée « Le marché français de l’éolien soumis à des vents contraires », pronostique qu’en 2020, l’objectif du PPI sera atteint à à peine 60%. Selon le scénario retenu par les auteurs de l’étude, 400 à 500 nouvelles éoliennes seront installées annuellement dans le pays, alors que le ministère de l’écologie s’est engagé à ce qu’au moins 500 mats soit dressés chaque année.

36 instances ou autorités interviennent dans un projet de parc éolien

D’après « Observ’er », en moyenne, en 2009, 2 permis ont été refusés lorsque 3 ont été acceptés. Parmi les raisons les plus fréquemment invoquées, on trouve la notion d’impact paysager. Reprenant les résultats d’une étude européenne, « Wind barriers », le « baromètre des énergies renouvelables électriques » précise également, qu’en France, le délai d’obtention d’un permis de construire éolien est de 29,6 mois contre 42 en moyenne en Europe mais que le nombre d’instances ou d’autorités intervenant dans le processus est bien supérieur, 36 contre 18 en moyenne dans l’union.

Suite au texte de loi dit Grenelle 2, publié en mai 2010, les nouveaux sites sont désormais soumis au classement ICPE et doivent être constitués d’un minimum de 5 mats. Ce renforcement de la réglementation autour de l’éolien ne devrait pas aider à augmenter le rythme d’implantation des mats sur le territoire français. L’étude de Xerfi insiste aussi sur la faiblesse du facteur de charge du parc éolien Français, rapport entre l’énergie électrique effectivement produite sur une période donnée et l’énergie qu’elle aurait produit si elle avait fonctionné à sa puissance nominale durant la même période, inférieur à 20%. « En clair, le parc éolien fonctionne seulement 1 750 heures par an. Il se révèle aussi aléatoire car dépendant des conditions météorologiques. Autrement dit il existe un risque non négligeable pour une société d’exploitation que la production d’électricité ne soit pas au niveau escompté. D’autant que les nouveaux parcs sont de plus en plus fréquemment implantés dans des régions réputées moins ventées. Ces freins pourraient au final remettre en cause la profitabilité des exploitants ».

L’enquête d’ « Observ’er » montre aussi une grande disparité selon les régions. Alors que la puissance installée en Picardie est supérieure à 700 MW, en Alsace, on ne trouve aucun site éolien. Pour les auteurs de l’enquête, cela s’explique par le faible potentiel de la région mais aussi par un important tissu associatif anti-éolien.
Côté filière, le tissu industriel français était constitué d’environ 150 entreprises en 2010 et le secteur comptait environ 12 000 emplois directs contre moins de 7000 en 2007.

 

 

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