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Le Conseil d’État valide le projet de rénovation de La Samaritaine

Mots clés : Centre commercial - Jurisprudence - Magasin - Urbanisme - aménagement urbain

Le Conseil d’Etat a validé vendredi 19 juin le projet de rénovation du célèbre magasin parisien par l’agence Sanaa, dont le permis de construire avait été annulé par deux juridictions administratives, estimant qu’il « ne méconnaissait pas » les règles du plan local d’urbanisme parisien.

Le chantier de rénovation du magasin n°4 de La Samaritaine va – enfin – pouvoir démarrer. Saisi par le groupe de luxe LVMH, propriétaire de La Samaritaine, le Conseil d’Etat a validé vendredi 19 juin le permis de construire qu’une décision de mai 2014, confirmée par un arrêt de la cour administrative d’appel de Paris en janvier dernier, avait suspendu.

« Après avoir précisé l’interprétation des règles du plan local d’urbanisme (PLU) de Paris relatives à l’intégration des constructions nouvelles dans le tissu urbain existant, le Conseil d’État a estimé que le projet, en particulier la façade en verre ondulé prévue sur la rue de Rivoli, ne méconnaissait pas ces règles », ont jugé les sages dans leur décision.

Ils ont  ainsi suivi l’avis du rapporteur public qui avait demandé à la plus haute juridiction administrative « de laisser s’écrire, rue de Rivoli, une « nouvelle page de l’histoire de l’architecture de Paris ».

Saisie notamment par l’association Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France (SPPEF), la cour administrative d’appel de Paris avait jugé que, d’après son interprétation du PLU parisien, toute construction nouvelle devait prendre en compte les caractéristiques des façades et couvertures des bâtiments voisins, ainsi que celles du site dans lequel elle s’insère. Compte-tenu des caractéristiques de la façade en verre de la rue de Rivoli et des autres façades de la rue, le projet était donc jugé contraire au PLU.

Le Conseil d’État a jugé lui « qu’il fallait retenir une interprétation plus ouverte de l’article UG 11 du PLU » et s’est appuyé sur des passages de l’article insistant sur le souci d’éviter le « mimétisme architectural ». L’article en question autorisait par ailleurs « dans une certaine mesure la délivrance de permis pour des projets d’architecture contemporaine pouvant s’écarter des « registres dominants » de l’architecture parisienne en matière d’apparence des bâtiments, et pouvant retenir des matériaux ou teintes « innovants » », explique le Conseil d’Etat.

 

« Oeuvre architecturale majeure »

 

Dans un communiqué, la maire de Paris, Anne Hidalgo a salué cette décision « qui va permettre de mener à bien une œuvre architecturale majeure, conçue par l’agence japonaise Sanaa, lauréate du prestigieux prix Pritzker en 2010« .

 

 

Elle s’est également déclarée « heureuse que le Conseil d’Etat (…) confirme qu’il est aujourd’hui possible à Paris de faire cohabiter un profond respect du patrimoine et la promotion d’une architecture contemporaine innovante, au profit du renforcement de notre attractivité ».

De leur côté, les associations ont évidemment déploré cette décision prise selon elles « dans un contexte réglementaire et médiatique défavorable aux recours ». Elles jugent Paris « fragilisé dans son modèle urbain fait d’homogénéité et d’horizontalité » et déplorent « les excès du projet » mais se réjouissent du débat qui s’est engagé à cette occasion. « Ce questionnement sur l’intégration de l’architecture contemporaine concerne de
nombreuses villes françaises et fait notamment écho à celui de la dernière Biennale d’architecture de Venise sur les effets d’une modernité mal comprise et l’avènement de villes « génériques » ».

 

Programme

 

Cette décision qui met un terme « à un contentieux de plus de deux ans », a rappelé Anne Hidalgo, va donc permettre la réalisation de ce projet chiffré à 460 millions d’euros, dont les permis de construire avaient été déposés en juillet 2011. « Les travaux vont pouvoir redémarrer dans les semaines qui viennent pour une durée d’un peu moins de trois ans. L’ensemble du site devrait ouvrir d’ici à la fin 2018 », a estimé Jean-Jacques Guiony, P-DG de la Samaritaine. Dans un communiqué LVMH a précisé que « les trois années de travaux devraient générer 1.800 emplois » et que « l’ensemble, ainsi rénové, permettra la création de plus de 2.200 emplois directs ».

La « nouvelle Samaritaine », installée entre la Seine et la rue de Rivoli, comportera 21.000 mètres carrés de surfaces commerciales, des bureaux, 95 logements sociaux, une crèche et un hôtel de luxe Cheval blanc (groupe LVMH).

 

 

 

Focus

Pour mémoire...

Maîtrise d’œuvre

L’équipe pluridisciplinaire en charge des projets de commerce, logements, crèche et bureaux :

– L’agence d’architecture Sanaa, concepteur d’ensemble du projet

– SRA, architecte de réalisation

– Cabinet Lagneau, architecte patrimoine historique

– Edouard François, architecte du projet hôtelier

– Cabinet Brugel, architecte des logements et de la crèche

– Egis Bâtiments Management, coordinateur des études de conception et maître d’œuvre d’exécution

– RFR GO + et Aedis Ingénierie, BET structure

– Barbanel, BET fluides

– RFR, façades et verrières

– Acoustique et Conseil SA, BET acoustique

– Alliance Economie 75, économiste

 

L’équipe en charge du programme hôtelier :

– Cabinet OAL – Edouard François, architecte de conception

– Cabinet Jean-François Lagneau, architecte patrimoine historique

– Terrell, BET structure

– CIEC, BET fluides

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    Comme toujours, un étrange débat où l’architecture est absente. Une instruction de permis sur une image de synthèse qui ne sera pas la réalité … Le débat escamoté sur l’élégance, l’harmonie, la force d’un projet, au nom de la « nouveauté » … La transparence passe-partout comme expression actuelle du façadisme… La signature d’une star de l’architecture comme « sésame »… Et question développement durable, ce projet se pose là ! On ré-écoutera avec délectation la chronique de Philippe Meyer sur ce projet …si elle n’a pas été déjà censurée.
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