Construction Numérique

Le cluster aquitain d’innovation dans la construction fête ses dix ans

Mots clés : Entreprise du BTP - Innovations

Regrouper et mettre en réseau tous les acteurs de la filière BTP autour de projets centrés sur l’innovation, c’est la mission assignée depuis dix ans par ses fondateurs au Creahd.

«Creahd a été créé en 2006 par la filière aquitaine du BTP, sur une initiative du président de région Alain Rousset, pour répondre à l’appel à projets national des pôles de compétitivité, explique Vincent Seppeliades, directeur de l’association Construction ressources environnement aménagement habitat durable (Creahd) et animateur du réseau. Il est toujours présidé par Alain Denat, ancien responsable régional de Vinci. Dès le départ, nous avons eu une approche filière, qui réunit entreprises et fédération de BTP, architectes, ingénieristes, industriels, carrières et matériaux, sans oublier les donneurs d’ordres, collectivités, universités et laboratoires. Bien que le cluster n’ait pas été avalisé, il n’a pas été labellisé pôle de compétitivité au niveau national où, d’ailleurs, il n’existe aucun pôle de compétitivité du BTP. Mais notre mission dès le départ est de monter des projets innovants qui vont améliorer la compétitivité des entreprises.»

Autour d’un groupe de fondateurs, le cluster compte aujourd’hui 140 adhérents issus des différents métiers du BTP: les fédérations du BTP, l’ordre des architectes, l’Unicem, les Scop BTP et l’Untec récemment, des groupes comme Vinci, Fayat, Cassous, des architectes comme TLR, Moon Safari, Dauphin architectes et beaucoup de PME régionales et nationales (A2M-Proximétal, GCC, Arbonis, Sacba, sud fondations, Coveris, Syntea, etc.).

 

Dix ans le 14 octobre

 

«Le 14 octobre prochain, nous fêtons nos dix ans sur la thématique de l’art d’innover. Car nous sommes ouverts à toutes les entreprises et laboratoires de recherches dont l’objet premier n’est pas forcément le BTP, mais dont les applications nous intéressent par leur potentiel d’innovation, comme les drones, la robotique, les matériaux innovants, la réalité virtuelle, etc., poursuit Vincent Seppeliades. Nous proposons deux grandes actions: mettre en relation différents acteurs (entreprises et centres de recherches) qui veulent répondre à un appel à projet régional ou de recherche, toujours sur le thème de l’innovation. Et dans un second temps, accompagner les projets pour décrocher partenaires, financeurs, industriels, architectes, centres technologiques (tel que Nobatek/INEF4), laboratoires qui vont y participer. De fait, il manquait dans la filière un fédérateur et facilitateur de projets régionaux.»

 

Trois exemples concrets

 

Un projet de suivi de consommation énergétique de logements, élaboré par la société domotique My Olympe avec Gironde habitat sur 20 logements. Comme Gironde Habitat recherche des solutions pour proposer des loyers aux charges maîtrisées sur l’énergie et l’eau, le projet associe les utilisateurs d’une résidence (Compostelle) à la recherche d’économie énergétique au quotidien. «Nous avons trouvé un troisième partenaire: le bureau d’études Yumaneed (Talence) qui fait l’interface entre les données collectées, le bailleur et l’usager, permettant un retour en termes de comportement et d’économies réalisées. Son rôle est d’aider les habitants dans la maîtrise de l’outil de contrôle développé par My Olympe et, donc, de leur consommation, qui influera directement sur leurs charges». Le financement régional est acquis, l’Ademe y réfléchit et Gironde Habitat pourrait ensuite décider de généraliser ce procédé. Labellisé en octobre 2015, le projet a démarré en juin 2016 et devrait s’achever début 2019. Le budget est de 280 829 euros et le financement par la région Nouvelle Aquitaine a été obtenu.

Le deuxième projet est d’une tout autre nature. Baptisé Eco2D2, il est porté par l’entreprise BDS (Bordeaux Démolition Service, groupe Cassous), pour optimiser son activité dans le domaine de la déconstruction. Il associe le laboratoire I2M de l’Université de Bordeaux. Là, il s’agit d’optimiser la stratégie de gestion des déchets de déconstruction. On sait que les déchets de déconstruction représentent 70% des déchets du BTP et que seuls 45% sont actuellement valorisés. En pratique, le projet Eco2D2 consiste à développer un outil de pilotage multiparamètre interne sur la stratégie de déconstruction, pour lui permettre de mieux répondre aux appels d’offres: localisation et accessibilité du chantier, types de bâtiments et système constructif, nature des matériaux et de déchets attendus, localisation des centres de tri et de récupérateurs aux environs du chantier. C’est un outil évolutif qui se nourrit également du retour d’expérience des chantiers de BDS en méthode de chantier, ingénierie. Il doit permettre à BDS de proposer au maître d’ouvrage des scénarios de déconstruction optimisés sur les critères environnementaux, de temps de chantier et donc de coûts. L’arrivée de la maquette numérique qui référence l’ensemble des éléments du bâtiment, la déconstruction sélective sera plus aisée

Eco2D2 est en phase de démarrage: labellisé en avril 2015, le chantier a démarré en janvier de cette année et devrait s’achever à la fin 2019. Un financement de la région Nouvelle Aquitaine a été obtenu et une doctorante vient d’intégrer l’entreprise.

Enfin, le troisième projet est lié à un procédé de construction innovant Isogec. Il s’agit d’un procédé constructif élaboré par l’entreprise Sogec (Lot-et-Garonne) qui permet de concevoir des façades en béton banché avec l’isolation thermique extérieure et/ou intérieur dans la même opération de coffrage. L’avantage de sécurité de mise en œuvre et du deux en un -isolation dans le béton- devra permettre à cette entreprise de construire à moindre coût et en sécurité pour ses agents» poursuit Vincent Seppeliades. L’entreprise compte sur ce procédé, breveté et agréé par l’OPPBTP pour relancer son activité et se différencier avec une offre innovante et compétitive.

 

«So BIM»

 

Enfin, le Creahd a également créé, avec le support de la technopole Domolandes, un club «So Bim Sud-Ouest: «c’est un projet numérique développé avec Domolandes, une sorte de club qui permet d’avancer collectivement sur le sujet de la maquette numérique en s’appuyant sur les outils de Domolandes, notamment une salle immersive à Saint-Geours-de-Maremne. Ateliers et outils numériques ont déjà attiré 40 membres, maîtres d’ouvrage, architectes, entreprises ou fabricants» rapporte Vincent Seppeliades.

Le bilan de cette petite structure associative (quatre salariés) est donc plus que satisfaisant pour son fondateur et président Alain Denat «plus de 40 projets ont été labellisés et financés depuis 2006, représentant un budget global de 15 millions d’euros, dont quatre millions d’aides publiques (essentiellement régionales). Avec le recul de 40 ans d’activité dans la construction, je vois combien le secteur du BTP et des matériaux, confronté aux enjeux de développement durable, représente une source d’innovation inépuisable et qui nous incite à agir collectivement. C’est le but du Creahd, aider les entreprises à innover pour se différencier et améliorer leur compétitivité» conclut Alain Denat, président fondateur du Creahd.

 

En savoir plus

Le pôle Creahd est soutenu par la région Nouvelle Aquitaine, l’Ademe, la Dreal et Bordeaux Métropole.

 

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