Chantiers

Le cirque Jules-Verne d’Amiens retrouve son éclat

Mots clés : Etanchéité - Manifestations culturelles - Menuiseries - Toiture

À Amiens, le plus grand des sept derniers cirques en dur en France construit en 1889 subit une rénovation de fond depuis novembre 2016. Restauration des ferronneries d’art et de façade, travaux d’étanchéité et de toiture, remplacement des menuiseries sont notamment au programme d’un chantier qui devrait s’achever à l’automne.

Redonner son cachet d’origine à l’œuvre d’Émile Ricquier, architecte de la Somme et ancien élève de Gustave Eiffel au cirque d’hiver, le plus grand parmi les sept derniers encore existants en France et inscrit aux monuments historiques en 1975. Inauguré par Jules Verne en 1889, qui soutint activement la construction alors qu’il était conseiller municipal, l’écrivain ne cachait pas son admiration pour le cirque dont on trouve référence dans deux romans écrits à Amiens: Mathias Sandorf en 1883 et César Cascabel en 1889. Le chantier mené par Amiens Métropole sur le polygone à 16 plans, en concertation avec l’architecte des bâtiments de France et la direction régionale des affaires culturelles des Hauts-de-France, n’est donc pas anecdotique.

 

Ruissellements d’eau nocifs

 

Malgré une restauration intérieure intervenue sur le cirque Jules-Verne en 2003 et embellie par la composition picturale de l’artiste autrichien Ernst Caramelle, le froid et les ruissellements d’eau ont, depuis, fait du tort au bâtiment sur lequel il fallait intervenir. «Pour résoudre les infiltrations au niveau de la coupole et des parois intérieures, revoir l’étanchéité de la toiture en ardoises, changer les menuiseries, rénover la façade et répondre aux normes d’accessibilité», énumère Jean Chedru, directeur du service patrimoine immobilier d’Amiens Métropole qui veille au projet à 1,6 millions d’euros.

 

Deux tons de couleurs différents

 

Une partie des plans de pierre, dont le ravalement réalisé par l’entreprise camonoise De Pierre «a permis de révéler deux matières et donc deux tons de couleurs différentes, entre les murs, les balcons et colonnades», redonne déjà de l’allure à l’ensemble. La remise en état de la cheminée de 25 mètres et dix tonnes, située à l’arrière du bâtiment et au-dessus de l’entrée des artistes a donné quelques inquiétudes. «Deux boisseaux concentriques en briques sont reliés par des tirants en fer qui ont rouillé et se sont brisés, révèle Jean Chédru. Il a fallu rattacher les boisseaux de l’intérieur et reconsolider le tout par l’extérieur.» Le travail engagé avec l’entreprise amiénoise Expérience cordiste, qui est intervenue depuis l’intérieur de la cheminée, a notamment permis cette réalisation.

 

Couleurs originelles

 

Le cirque Jules-Verne a aussi repris des couleurs: celles originelles expertisées rouge Saint-Émilion et bleu Seychelles et restituées sur les menuiseries et ferronneries. Les 120 ouvrants, restaurés en chêne à l’identique par Tailly menuiseries sont en cours de remplacement et retravaillées sur place pour une insertion millimétrée. Les ferronneries et ouvrages métalliques telles les linteaux, les têtes de lions et de tigres dorées, confiés à l’Atelier Priem attirent également l’œil. Notamment depuis le retour de la marquise en fer forgé, rénovée à l’identique et remise en place. Elle abritait un espace d’affichage lorsqu’en août 1918, un obus endommage la façade.

 

Toiture restaurée

 

La toiture en ardoise, spécialité de l’entreprise Battais Bernard et fils, est également en cours de restauration. «Sa conception n’est plus en adéquation avec les conditions météorologiques et les pluies qui sont aujourd’hui plus intenses, souligne Jean Chédru. Un retravail du pureau et des chéneaux en zinc a été convenu afin d’étanchéifier la surface. De nouvelles descentes d’eau vont aussi permettre d’éviter les débordements et les ruissellements sur la pierre.»À terme, le cirque Jules-Verne doit aussi être mis en lumière, tandis que le parvis de la place Longueville qui s’étale en façade, sera aussi réaménagé à l’occasion des travaux d’aménagement du bus à haut niveau de service (BHNS) qu’Amiens Métropole a engagés.

 

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