Chantiers

Le chantier du pôle d’administration publique de Strasbourg va reprendre

Interrompue par des défauts de structure, la construction du bâtiment qui abritera, entre autres, l’Institut d’études politiques va pouvoir reprendre sans attendre l’issue des contentieux. Les cofinanceurs publics ont trouvé un accord pour se partager le surcoût qui atteint 16,5 millions d’euros.

Sous le sigle technocratique à souhait du Paps-PCPI se cache un «accident industriel», selon l’expression de Robert Herrmann, président de l’Eurométropole de Strasbourg (qui s’en serait évidemment bien passé), où se mêlent erreurs techniques, défaillance d’entreprise et récusation d’expert.

Dans l’enceinte de l’hôpital civil, la construction des 14 000 m2 du «Pôle d’administration publique de Strasbourg et Pôle de compétences en propriété intellectuelle» avait débuté en mars 2013, après la désignation de l’équipe lauréate du concours d’architecture conduite par l’agence d’architectes Lipsky+Rollet. Le bâtiment doit accueillir entre autres l’Institut d’études politiques (IEP) de Strasbourg et l’antenne régionale de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI).

Tout semblait se dérouler normalement, jusqu’à la découverte de fissures dans certains ouvrages, des poutres-voiles pour l’essentiel, par le bureau d’études structure, RFR, quelques semaines après l’achèvement du gros œuvre réalisé par l’allemand Bilfinger.

Le bureau d’études a ordonné la suspension du chantier, effective depuis le 1er juillet 2014. Or les investigations ont mis en cause ses propres erreurs de calcul de dimensionnement. Sa filiale d’études de structure en béton armé RFR GO+ a déposé le bilan le même été, un an avant sa propre liquidation. RFR est également mis en cause dans le retard de la construction de la Toulouse School of Economics.

Entretemps, évidemment, le dossier du Paps-PCPI est passé par les cases assurances et tribunal, non sans soubresauts dont la récusation d’un premier expert jugé trop proche de la Communauté urbaine devenue Eurométropole.

 

La réparation plutôt que la démolition-reconstruction

 

L’affaire semblait donc partie pour s’enliser longtemps. Mais le reste de la maîtrise d’œuvre, demeurée indemne, a poursuivi ses études, a abouti à la conclusion que le Paps-PCPI pourrait être réparé sans modifier l’architecture initiale et, surtout, que le coût resterait très inférieur à l’option radicale de la démolition-reconstruction.

La somme supplémentaire n’est tout de même pas négligeable: 16,5 millions d’euros TTC dont 12,5 millions de travaux, à comparer à un budget initial de 52,1 millions d’euros TTC (dont 28,4 millions HT de travaux). Sur ce point, un accord a été trouvé entre les cofinanceurs (Eurométropole, région Grand Est, Etat et INPI) pour se répartir le surcoût, en attendant l’issue des procédures judiciaires en cours.

 

Un marché de gros œuvre de réparation

 

Sur cette base, l’Eurométropole, maître d’ouvrage, a voté, le 30 septembre, la reprise immédiate des opérations, le curage pour commencer. Elle a confirmé l’équipe de maîtrise d’œuvre, avec Euroconcept Ingénierie succédant à RFR, en lui attribuant un marché de réparation en août dernier.

Les travaux incluront la reprise des ouvrages de clos-couvert et de second œuvre «pour permettre un retour au stade d’avancement du 1er juillet 2014», souligne la délibération de la collectivité. Si, pour les autres lots, les entreprises titulaires sont invitées à revenir… à condition qu’elles le souhaitent, le gros œuvre de réparation fera l’objet d’une consultation spécifique cet automne pour un démarrage en avril prochain, une fois achevés les travaux de curage. Le maître d’ouvrage table sur un retour du chantier à la normale en juin 2018 de façon à livrer le bâtiment pour la rentrée universitaire de l’automne 2019.

 

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