Entreprises de BTP

Le changement climatique impose de repenser de fond en comble le logement

Mots clés : Démarche environnementale - Développement durable - Efficacité énergétique - Energie renouvelable - Politique du logement

La lutte contre le changement climatique impose de repenser de fond en comble la conception de nos maisons, un vaste chantier pour les artisans du bâtiment qui tenaient leur congrès vendredi.

Le bâtiment est responsable de 44% de nos consommations d’énergie (44%) et de 21% des émissions françaises de gaz à effet de serre. Pourtant, « réaliser des logements à très faible consommation, c’est déjà possible », a souligné Carole Le Gall, de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), lors du congrès annuel de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb, 100.000 entreprises).

Car contrairement au transport, « les solutions technologiques sont là » dans la construction du neuf et dans la rénovation de l’ancien, a renchéri Jean-Claude Gazeau, président de la mission interministérielle de l’effet de serre (Mies). Une isolation renforcée, utilisant notamment le vide entre les parois d’un mur ou d’une baie vitrée, permet de se chauffer à peu de frais (ou de garder la maison au frais l’été), en se contentant de systèmes de récupération de chaleur du sol (pompes à chaleur, puits canadien) et de panneaux solaires thermiques pour la production d’eau chaude et photovoltaïques pour la production d’électricité.

« Il y a beaucoup d’initiatives locales pour développer des constructions sobres tant en habitat collectif qu’individuel, pour le neuf ou la réhabilitation », indique à l’AFP Jean Carassus, du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB). « Certains pays en Europe comme l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche ainsi que le Royaume-Uni dans une certaine mesure, sont en avance sur la France », selon Jean Carassus qui a coordonné une étude internationale sur les performances énergétiques de différents parcs immobiliers.

Il cite l’exemple de la « Passivhaus » (maison passive) allemande, un concept de maison à très faible consommation énergétique: « ils savent construire des maisons neuves quasiment sans chauffage dans le climat allemand. Il y en a 5 ou 6.000 ». En France l’association « Effinergie », créé en mai 2006 par des industriels de la construction, des collectivités locales et des banques, a pour objectif la promotion de bâtiments super économes en énergie.

Le Diagnostic de performance énergétique (DPE) « va faire bouger les choses en banalisant l’évaluation des performances énergétiques », a estimé Alain Maugard, président du CSTB. Obligatoire depuis le 1er novembre 2006 pour les ventes de logement et bâtiment, le DPE permet de connaître la consommation d’énergie des biens concernés, sur le modèle de ce qui existe déjà pour l’électroménager ou les voitures.

Un développement de la construction sobre apparaît d’autant plus nécessaire que le nombre de logements à chauffer se multiplie avec l’individualisation des modes de vie et l’étalement urbain, a fait remarquer Alexis Roy, de l’Institut français de l’environnement (Ifen). Environ 80% de l’énergie consommée dans le monde est d’origine fossile et ces réserves sont limitées, a averti Jean-Marc Jancovici, ingénieur-conseil.

L’effet de serre, responsable du changement climatique, est principalement dû aux émissions des combustibles fossiles, pétrole, gaz et charbon. La température moyenne de la planète – qui s’est déjà élevée de 0,74 degrés au cours des 100 dernières années – devrait gagner 1,8 à 4°C d’ici 2100 par rapport à 1990, selon les experts. D’où la nécessité de freiner cette évolution. En France, le gouvernement s’est fixé pour objectif de diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.
Emmanuel ANGLEYS (AFP)

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