Recherche & développement

Le Cetiat, centre technique sans frontières

Mots clés : Infrastructure de transports

Le Centre technique des industries aérauliques et thermiques (Cetiat) a présenté le 7 juillet son rapport d’activité de l’année 2015, qui reflète bien la politique de diversification amorcée par ses dirigeants en 2012. L’un des acteurs de cette stratégie, Frédéric Bruyère, son président quittera ses fonctions en octobre prochain.

Ce 7 juillet, la présentation annuelle des résultats du Centre technique des industries aérauliques et thermiques (Cetiat) marquait la fin d’une époque. Président de cette entité depuis 2010, Frédéric Bruyère a annoncé qu’il ne briguerait pas un troisième mandat. Le directeur de la division énergie du constructeur Ciat quittera son poste en octobre prochain.

Au cours de ces six années, il a dû apprendre à composer avec l’abaissement progressif du plafonnement de la taxe affectée à son fonctionnement. Cette contribution est versée par les entreprises de la filière chauffage-ventilation-climatisation. proportionnellement à leur chiffre d’affaires. Toutefois, depuis la loi de finances pour 2012, l’Etat fixe chaque année un plafond que la taxe ne peut dépasser. « Cette mesure a introduit une incertitude constante dans le calcul de notre budget prévisionnel, observe Frédéric Bruyère. Même si l’activité du secteur décolle, nous ne sommes pas certains que nos recettes augmentent. Le Cetiat a donc recherché de nouvelles sources de financement. Nous avons développé nos prestations de consultant en innovation industrielle, et accru notre présence hors de France. L’avenir du centre repose sur l’anticipation des évolutions de la taxe. Je souhaite qu’une réflexion soit menée dans les prochains moins afin de déterminer une stratégie pour les cinq années à venir. »

 

Sortir de son périmètre

 

Le rapport d’activités 2015 du Cetiat reflète ces nouvelles orientations. L’organisme annonce un chiffre d’affaire de 13,2 millions d’euros, en augmentation de 8% par rapport à 2014. Il provient pour 33% d’actions collectives (études et recherches, diffusion et veille, réglementation et certification, normalisation), pour les industriels de la filière, financées notamment par la taxe affectée, et pour 67% de l’accompagnement individualisé de projets industriels. Les prestations se répartissent à parts égales entre les études (32%), l’étalonnage d’appareils de mesure (32%), les essais d’équipements (30%). La formation et des services divers apportent les 6% restants.

Fait notable, seulement 31% de ses clients appartiennent au secteur du chauffage, de la ventilation, et de la climatisation. « Nous représentons une profession de petite taille. Cependant, l’aéraulique et la thermique sont des domaines qui intéressent de nombreuses entreprises. Nous avons donc adopté une logique d’ouverture vers d’autres filières, explique Bernard Brandon, directeur général du Cetiat. Outre des conseils techniques, nous offrons les équipements nécessaires aux tests des produits. » Ses équipes ont ainsi accompagné Castorama dans la conception d’un ventilateur.

Les commandes émanant de l’étranger représentent 15% des prestations réalisées. Le Cetiat a entrepris de renforcer sa renommée internationale avec l’organisation en avril 2015 de la seconde édition du FAN, un congrès mondial dédié aux ventilateurs. Dans la même veine, il a décroché des accréditations de deux organismes américains, l’Air movement and control association (AMCA) et l’American heating and refrigeration institute (AHRI). Le Centre peut ainsi délivrer des certifications selon les référentiels définis ces entités.

Cette collection internationale s’est enrichie en 2016 d’une accréditation heat-pump Keymark. L’association européenne des pompes à chaleur a lancé cette nouvelle marque en 2015 avec l’ambition d’en faire l’unique référentiel à l’échelle du continent. A présent, trois bureaux de certifications la distribuent : le Building Research Establishment (BRE) au Royaume-Uni, SP Certification en Suède, et le DIN Certco en Allemagne. Ce dernier a reconnu au Cetiat la possibilité de réaliser des essais sous ce label en avril. Les deux autres devraient suivre rapidement. « Le marché de la certification va passer d’une concurrence nationale à une concurrence européenne. Nous nous positionnons le mieux possible en prévision de cette transition, indique Bernard Brandon. Pour conserver nos équipements au meilleur niveau, nous investissons environ 10% de notre chiffre d’affaires, soit 1,3 millions euros en 2015, dans leur amélioration. »

 

Les réseaux à l’étude

 

Sur le plan des nouvelles technologies, le Cetiat se penche sur plusieurs thématiques liées au réseau de chaleur. Ses ingénieurs étudient entre autres les conséquences de l’ajout d’hydrogène dans le gaz naturel ou bien encore la récupération de chaleur fatale et son partage dans un quartier.

Le Centre se préoccupe également de numérique. Dans le cadre de son contrat de performance 2016-2019 signé avec l’Etat, il s’est engagé à œuvrer à l’intégration des équipements thermiques et aérauliques dans les réseaux intelligents. Dans un premier temps, cette ligne directrice se concrétisera par des études de modélisation. « Dans le secteur du CVC, nous voyons émerger une grande variété de protocoles de communication, remarque Frédéric Bruyère. Le Cetiat, en tant que centre industriel de la filière, pourrait être l’organisateur d’un choix collectif sur cette question. » Son successeur a déjà trouvé son premier chantier.

 

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