Réalisations

Le centre commercial Beaugrenelle, nouveau grand magasin parisien

Mots clés : Centre commercial - Magasin

Le nouveau Beaugrenelle, qui a ouvert le 23 octobre, dans le XVe arrondissement de la capitale, s’inspire des grands magasins parisiens. Conçu par Valode & Pistre pour Gecina et Apsys, il se compose de trois îlots offrant 50 000 m2 de commerces. Mais à peine livré, il est déjà à vendre.

« Beaugrenelle n’est pas un centre commercial, c’est un grand magasin. » A la veille de la réouverture du complexe marchand du Front de Seine, dans le XVe arrondissement de Paris, Philippe Depoux, le directeur général de la foncière Gecina qui détient 75% du capital du site, n’aurait pas pu mieux rompre avec le passé. Oubliées la galerie ouverte en 1979 et devenue tellement sinistre, ainsi que sa dalle qui formait un épais couvercle sur la rue Linois. En 2003, Gecina qui avait récupéré le site dans son escarcelle au gré de ses acquisitions d’actifs, décidait de le transformer et choisissait, sur appel d’offres, l’opérateur en immobilier commercial Apsys associé à l’agence d’architecture Valode & Pistre. Dix ans auront ainsi été nécessaires pour mener à bien ce projet, qui a dû notamment essuyer plusieurs recours. Ce mercredi 23 octobre, ouvrait officiellement le nouveau Beaugrenelle, un espace de 50 000 m² réparti en trois édifices. Le premier pôle, dédié au commerce de proximité, avait en fait été livré dès 2008.

 

La rue de Linois retrouve son statut

 

Une fois démoli l’ancien centre, « nous avons reconstitués des îlots urbains, explique l’architecte Denis Valode. Ce chantier, qui allait au-delà du projet architectural, nous a permis de tenter une refabrication de la ville sur elle-même. Découverte, la rue Linois a retrouvé son statut. Enfin, avec leurs façades « ruban » qui les identifient, les îlots côté Seine encadrent une nouvelle entrée du XVe arrondissement.»

Ces façades en double peau, au-delà de leur vertu thermique, sont présentées comme les garantes de l’ouverture des commerces sur la ville. La peau de verre extérieure et sa résille formée par les châssis métalliques en croisillons, est doublée au gré des besoins de façades opaques ou transparentes, ces dernières formant autant de fenêtres urbaines. Les circulations qui mènent aux 110 boutiques du centre profitent aussi de la lumière naturelle grâce aux deux grands atriums couronnés de verrières. Ces éléments de vocabulaire architectural que sont les îlots, les verrières mais encore la passerelle dotée d’un exo-squelette en acier affirment donc la parenté du complexe neuf avec les historiques grands magasins parisiens.

 

Un jardin en toiture

 

Adoubé par la double certification BREEAM et HQE, le centre affiche aussi son souci environnemental et arbore en toiture un véritable jardin composé par l’agence de paysage Raphia. Ces 7000 m² de nature en ville sont toutefois interdits de visite, à l’exception des 700 m² dédiés à des jardins partagés. Il ne manquait sans doute qu’une touche d’art pour compléter le projet. Les promoteurs du centre Beaugrenelle l’ont donc trouvée en visitant l’exposition Dynamo qui s’est tenue en début d’année au Grand Palais. Le grand mobile conçu alors par l’artiste plasticien Xavier Veilhan a en effet été remonté dans l’un des grands atriums du centre commercial.

 

Un objectif de 12 millions de visiteurs par an

 

Beaugrenelle, qui devrait voir l’ensemble de son offre commerciale, et notamment son cinéma Pathé, opérationnelle dans les 15 jours à venir, se tient donc prêt à accueillir quelque 12 millions de visiteurs par an. Mais alors même qu’il ouvre ses portes, il est déjà à vendre. Si Apsys a vocation à rester actionnaire et gestionnaire du site, Gecina a l’intention de revendre ses parts. « Nous sommes en effet avant tout une foncière de bureaux, mais aussi de logements ou encore d’établissements pour personnes âgées, a rappelé Bernard Michel, son président. Nous n’avions donc pas vocation à conserver Beaugrenelle et quel pouvait être le meilleur moment pour le céder que la période de son ouverture ? »

 

Focus

Fiche technique

Maître d’ouvrage : SCI Beaugrenelle.

Assistant maître d’ouvrage : Gecina.

Maître d’ouvrage délégué : Apsys.

Conception et maîtrise d’œuvre d’exécution : Valode & Pistre architectes.

Autres intervenants : VP Green (structure passerelle et verrières), VP Design (décoration), Raphia (paysagiste), Boxwood (enseignes et sérigraphie), Locomotion (signalétique), Barbanel (BET fluides), GEC (BET structure), AEI (économie), Capri Acoustique (acousticien), Green Affair (démarche environnementale).

Surfaces : 60 000m² SHON.

Calendrier : démolition : 2006 ; livraison îlot Charles Michels : août 2008 ; début des travaux îlots côté Seine : février 2011 ; ouverture : 23 octobre 2013.

Entreprise générale : Bouygues Bâtiment Ile-de-France.

 

Focus

Aéroville : un centre commercial au bout des pistes de Roissy

Inauguré le 17 octobre, Aéroville (voir photo ci-dessus), situé à proximité de l’aéroport de Roissy, est le troisième plus gros centre commercial d’Unibail-Rodamco avec 84 000 m2 de surfaces de vente (près de 200 boutiques et une trentaine de restaurants) et un multiplexe EuropaCorp de douze salles. Le groupe présidé par Christophe Cuvillier, qui a déboursé 355 millions d’euros pour ce projet, vise 12 millions de visiteurs par an.

Sa conception a été confiée à Philippe Chiambaretta (agence d’architecture PCA). Réalisé de plain-pied, Aéroville occupe la quasi-totalité d’un terrain de 11 ha, appartenant à Aéroports de Paris. « Plutôt que de travailler sur plusieurs niveaux comme c’est le cas dans la plupart des centres de shopping, nous avons privilégié une approche sur un seul niveau. L’idée était  de créer un  cœur de ville au sein de la zone aéroportuaire sur laquelle travaillent 120 000 salariés. Le fait de n’avoir ni à monter, ni à descendre renforce ce sentiment de promenade en ville », explique l’architecte.  

Le bâtiment  offre de ce fait une hauteur sous plafond deux fois plus élevée que dans un centre classique, avec des vitrines pouvant atteindre jusqu’à 8 m de haut. Il s’articule autour d’un mail en forme de huit. Cette rue intérieure éclairée par une grande verrière zénithale se prolonge jusqu’en façade par des émergences, inspirées des « plugs » des passerelles d’aéroports, transformées ici en belvédères. Ces saillies permettent de rompre la monotonie de la façade qui se développe sur un linéaire de 1,2 km. Sur cette double paroi en verre viennent s’intégrer des lettres sérigraphiées composant le mot « Aéroville ». Une façade « un peu précieuse » voulue par l’architecte pour contraster avec cet environnement de banlieue.

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