Paysage

Le campus du végétal en ordre de bataille à Angers

Mots clés : Apprentissages - Conception - Innovations

Le campus du végétal, inauguré le 9 septembre à Angers, rode un concept sans équivalent en France : le mixage, en un seul lieu, du potentiel d’innovation, de formation et de recherche de la filière verte. 2 500 étudiants et 250 chercheurs ingénieurs s’y côtoient autour d’équipements mutualisés.

Avec la mise en service du bâtiment de recherche du campus du végétal, le 9 septembre dernier à Angers, la région Pays-de-la-Loire boucle le troisième, le dernier et le plus lourd volet de l’opération phare du volet universitaire du contrat de plan Etat-Région 2006–2014.

Entouré de prairies fleuries où domine la couleur orange, le bâtiment conçu par Chabanne & Partners a mobilisé 20,2 millions d’euros pour 8 400 m2. Unité mixte de recherche commune à l’Inra, à l’école d’ingénieurs Agrocampus Ouest et à l’université d’Angers, l’Institut national de recherche en horticulture et semences (IRHS) en constitue la locomotive. La protection des végétaux et les innovations variétales occupent la totalité du second étage, alors que le rez-de-chaussée se spécialise dans la chimie.

 

Mutualisation

 

La mutualisation des équipements du premier étage bénéficie aux innovations portées par Végépolys : seul pôle de compétitivité de niveau mondial spécialisé dans le végétal, cette structure associative coordonne 320 projets. Plus de la moitié d’entre eux ont réuni leur financement, soit un total de 320 millions d’euros dans les domaines de la création variétale, de la protection des plantes et des cultures, de leur utilisation pour la santé et du bien-être apporté par la végétalisation urbaine.

Au bâtiment de recherche situé au centre du campus, répond un équipement vitrine, tourné vers la rue, et baptisé « Maison du végétal ». Le pôle de compétitivité Végépolys en partage les 938 m2 avec Plante & Cité, le centre technique national de la filière végétale, qui, sous la présidence du maire d’Angers Christophe Béchu, met en musique dans les territoires les orientations nationales en matière de végétalisation urbaine. Repérable à la métaphore des troncs et des feuillages développée par ses poteaux et ses brise-soleil, la maison porte la signature de l’agence angevine Crespy Aumont. Elle a mobilisé un investissement de 2,5 millions d’euros.

 

Travaux pratiques

 

« Les thèmes de la végétalisation des villes et de l’agriculture urbaine rapprochent les deux occupants de la maison : Plante & cité apporte le concours des professionnels du paysage et bénéficie de l’expertise scientifique du pôle », commente Caroline Gutleben, la directrice du centre technique. Le nouveau bâtiment, ouvert en septembre 2014, offre à son équipe l’occasion d’expérimenter au quotidien certains de ses thèmes de prédilection : au terme de l’année de parachèvement, Plante & Cité végétalise le bassin qui agrémente l’entrée du bâtiment et s’apprête à désigner le prestataire qui entretiendra le mur végétal, où prospèrent le thym et les fraises des bois.

La mutualisation des équipements avait déjà marqué le premier volet de l’opération Campus du végétal, à partir de novembre 2014 : le regroupement et l’extension des installations expérimentales (Inem) dans un ensemble de 10 000 m2, dont 7 000 m2 de serres. « Par leur polyvalence, ces installations n’ont pas d’équivalent en France », soutient leur directeur Rémi Gardet. Confiée à l’entreprise locale CMF, leader français de ce type d’ouvrages, la construction de 3000 m2 de serres et de 20 salles de culture (également appelées phytotrons) a mobilisé 4,5 millions d’euros.

 

Part de poésie

 

Outre les études scientifiques pour le compte des laboratoires de recherche ou les diagnostics commandés par des tiers, ces installations contribuent également à concrétiser des partenariats culturels : « Certaines installations du festival de Chaumont peuvent nécessiter des conditions climatiques que nous pouvons offrir », précise Rémi Gardet.

La part de poésie suggérée par le végétal se déploie dans les 12 hectares qui entourent les serres : d’une part les 10 jardins pédagogiques qui donnent aux élèves ingénieurs ou paysagistes le premier contact avec la terre, et d’autre part les 40 parcelles autogérées au gré de générations d’étudiants qui y développent la permaculture ou y libèrent leur créativité dans des cabanes peuplées de sculptures. Ce décloisonnement entre art et sciences renvoie à l’identité d’Agrocampus Ouest, principal pilier du campus du végétal, « seule école publique de France à former à la fois des ingénieurs et des concepteurs du paysage », souligne sa directrice Emmanuelle Chevassus-Lozza.

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