Transport et infrastructures

Le bouchon ferroviaire de Bordeaux a enfin sauté !

Mots clés : Ouvrage d'art - Transport ferroviaire

La suppression du bouchon ferroviaire de Bordeaux a été effectuée durant le pont de l’Ascension. La fin de dix années de chantier, dont la deuxième phase permet enfin de relier définitivement les nouvelles voies de la ligne LGV vers Paris.

Jusqu’à présent, les voies à double sens provenant de Nantes et de Paris se rejoignaient à Cenon, à quelques kilomètres de la gare Saint-Jean de Bordeaux, formant ce que l’on a appelé depuis des années le «bouchon ferroviaire de Bordeaux». Une contrainte impensable avec l’arrivée des 35 trajets quotidiens vers Paris prévus pour la LGV en juillet 2017.

Pour boucler la dernière phase de ce chantier colossal, SNCF Réseau a mobilisé ses équipes et fermé le trafic en gare du 3 au 8 mai, profitant du pont de l’Ascension. Des navettes en bus ont assuré la liaison des voyageurs vers la gare de Libourne, transformé en hub ferroviaire pour les lignes concernées.

 

Rappel historique

 

Le chantier du «bouchon ferroviaire» s’est déroulé en deux phases. Première phase, depuis la gare Saint-Jean (en rive gauche) vers l’ancienne gare de la Benauge (Bordeaux rive droite): c’est un nouveau pont de 500 mètres qui a été construit par Eiffage pour remplacer la vieille passerelle Eiffel en 2009. De 2005 à 2010, les voies ont été doublées sur 1,5 km, deux nouvelles voies pour les TER construites en gare pour augmenter sa capacité d’accueil, un nouveau poste d’aiguillage et des réaménagements de voies. Enfin, en amont de la gare, était lancé un pôle multimodal à Cenon, assurant la connexion des TER avec la ligne A du tramway. Des travaux de protection acoustique ont été réalisés de chaque côté des voies qui traversent des quartiers habités de la rive droite. Un premier investissement total de 1,235 milliard d’euros.

En 2011 a démarré la seconde phase qui s’achève ce mois de mai et a coûté 2,22 milliards d’euros: cette fois, les travaux ont porté sur les 3,5 km en amont de l’ancienne gare de la Benauge vers Cenon, là où se rejoignent les lignes ferrées de Paris et Nantes. Deux lignes à double sens, quatre voies, qui arrivaient jusqu’alors sur les deux mêmes voies en gare de Bordeaux. Pour faire circuler les trains sur quatre voies à partir du 8 mai dernier, il aura donc fallu construire deux nouvelles voies et de nouveaux quais en gare de Bordeaux. Les nouvelles voies sont construites côté Est (vers les coteaux) sur une estacade de 1400 mètres et sur un mur de soutènement de 600 mètres en béton armé. Une nécessité géotechnique pour accueillir la LGV sur un terrain hétérogène largement constitué de remblais et utilisé depuis des décennies comme jardin par les pavillons résidentiels voisins, «le contexte urbain dense»…

 

Entre 20 et 111 heures de coupure… seulement

 

Ce dernier chantier s’est donc déroulé entre le mardi 3 mai à 22h et le dimanche 8 mai à 13h: «les deux voies de la ligne Bordeaux-Nantes ont été enfin raccordées aux deux nouvelles voies ferrées en construction depuis 2005. Cette nouvelle infrastructure, située au nord de la gare de Bordeaux Saint-Jean, permettra désormais la circulation des trains sur 4 voies contre 2 actuellement. Cela revient à faire sauter le bouchon ferroviaire de Bordeaux, dernier acte d’une pièce débutée il y a 11 ans» explique la direction régionale de la SNCF.

Parmi les principales étapes du chantier, il a fallu déposer des lignes de caténaires et les remplacer au niveau de la bifurcation de Cenon. 300 techniciens mandatés par la SNCF Réseau ont participé à ce chantier de cinq jours en continu de jour et de nuit sur les voies: raccordement des voies, remplacement des caténaires, de la signalisation et derniers essais. La bifurcation de Cenon est donc supprimée et les voies actuelles de la ligne Nantes/Bordeaux ont été raccordées aux deux nouvelles voies créées sur l’estacade. Au niveau de la bifurcation de Cenon, le dispositif de signalisation de la ligne Paris/Bordeaux va être remanié.

Car il faut également moderniser les équipements de signalisation sur le début de la ligne de Nantes pour permettre la circulation à double sens sur chaque voie (entre Bordeaux et Lagrave). L’ensemble sera raccordé au poste de commandes à distance (PCD) situé sur le site de gare Bordeaux Saint-Jean qui sera prochainement reconfiguré pour prendre en compte et tester le nouveau schéma d’alimentation électrique, de signalisation et d’aiguillage. La circulation de la ligne vers Nantes aura donc été interrompue en un temps record de 111 heures, celle de Paris (via Libourne et Angoulême) durant 84 heures. Celles de Toulouse-Marseille de 20h seulement, ainsi que la ligne vers Hendaye Pau et Tarbes. Ont participé à ce dernier chantier: Mecolli, Aquitaine Rail, Inéo Caténaire, Inéo Signalisation et Annonce Sécurité Pilotage.

 

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