Paysage

Le bonheur urbain passe par « Jardins Jardin »

Du 4 au 7 juin au jardin des Tuileries, « Jardins Jardin » présentera la réponse des professionnels du paysage aux défis climatiques et urbains, en écho au sommet mondial qui se jouera à Paris à la fin de cette année.

Le décloisonnement entre les professionnels de la ville et du paysage franchira une nouvelle étape à la douzième édition de Jardins, Jardin, intitulée « La ville heureuse ».

Pour justifier ce titre par rapport à l’actualité parisienne, française et mondiale, les organisateurs de la manifestation phare du mois de juin au jardin des Tuileries évoquent d’abord le sommet planétaire sur le changement climatique, qui se réunira à la fin de cette année à Paris : « Plus on plante, en intensif comme en extensif, et mieux on réduit les pics de température estivale, jusqu’à 3°C, tout en ralentissant les chutes de température hivernale », rappelle le jardinier et écrivain Pierre-Alexandre Risser, l’un des quatre fondateurs de l’exposition annuelle de jardins éphémères, aux côtés des frères Xavier et Dominique Laureau et d’Olivier Riols.

 

Espace de liberté

 

Mais au-delà de la réponse au défi climatique, la « ville heureuse » se réfère au bouleversement des modes de vie observés depuis deux générations : l’électroménager pendant les trente glorieuses, les technologies de l’information au tournant du XXIe siècle. « La plupart de nos actions nécessitent d’appuyer sur un bouton. Face à cette dépendance à l’égard de la technologie, le jardin offre le dernier espace de liberté, d’autant plus nécessaire que bientôt, la civilisation urbaine s’imposera à 80% des humains », insiste Pierre-Alexandre Risser.

Cette analyse amène les créateurs de Jardins Jardin à s’approprier le thème des bienfaits du végétal, à travers la table ronde du 5 juin sur les « jardins de soins », intégrée au programme du « vendredi des pros » : un forum accessible à tous, et co-organisé avec la Fédération française du paysage (FFP), l’Union nationale des entreprises du paysage (Unep) et l’association interprofessionnelle Val’hor. Signe de l’appropriation collective de Jardins Jardins par les institutions du paysage, l’Unep profitera de l’événement pour présenter le « guide climat » des entreprises, avec son catalogue « d’astuces vertes » pour le grand public et ses cinq recommandations pour les prescripteurs.

 

Innovations reproductibles

 

A côté des messages qui s’adressent à tout un chacun, la dimension professionnelle du rendez-vous annuel du jardin des Tuileries prend une nouvelle tournure : le mercredi soir, une soirée privée vise l’ensemble des décideurs des jardins et de la ville. « Les attaché-case resteront fermés : il ne s’agit pas d’un salon pour vendre, mais d’une occasion unique de nouer des contacts, avec l’espoir de susciter une alchimie », s’enthousiasme Pierre-Alexandre Risser. Pour stimuler le processus, une séance de speed-dating donnera aux porteurs d’innovations la chance de convaincre d’éventuels financeurs à travers des échanges de sept minutes. 

Marque de fabrique de Jardins Jardin, l’ouverture à l’innovation se traduira, comme chaque année, par la proclamation des lauréats du concours dédié à ce thème : Nutcreative (Barcelone) remporte le prix « Cité verte » pour une initiative pédagogique ; Lisaa (Paris) et Prism Design Studio (Berlin) décrochent l’innovation objet pour des créations de banc et de composteur. Plusieurs autres prix restent à attribuer.

Avec 10 ans de recul, l’exposition des réalisations d’écoles prend tout son sens : la grande distribution s’est approprié certains des concepts présentés lors des premières éditions. « Sans perdre la part de rêve, nous présentons toujours des sujets concrets et des innovations reproductibles qui reflètent une demande latente. Chaque année, nous gravissons une petite marche, sans jamais redescendre », se réjouit Pierre-Alexandre Risser. L’ambition, pour les années à venir, reste intacte : « Que les acteurs étrangers, très présents tout autour des Tuileries, s’approprient cet événement, qui peut devenir un pivot pour l’exportation du savoir-faire français dans les jardins ».

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    Un petit coin de jardin, ce n'est pas rien !

    Super Article ! Se soucier de l’environnement est devenu une évidence pour tous. Commençons par nos jardins !! D’ailleurs, si je epux vous donner un conseil écolo: c’est de réparer vous-même les appareils du jardin! Il y a un 1 ou 2 sites français qui font ça ! http://www.spareka.fr/pieces-detachees-jardin . En tant qu’écolo jardinière amateur, je passerais forcément par cet endroit !A bientôt dans le jardin des Tuileries ! Et Merci le Moniteur !
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