Environnement

Le bois, une alternative face à la hausse du prix du fioul

Mots clés : Bois - Energie renouvelable

Utilisé en copeaux ou en granulés dans des chaudières automatiques, le bois séduit de plus en plus de collectivités et de particuliers refroidis par la hausse des prix du fioul et encouragés par des aides fiscales.

Dans les Vosges, région de forte production forestière, plus d’une vingtaine de collectivités, communes ou collèges se sont équipés de chaufferies au bois ces dernières années, une tendance qui commence à toucher les particuliers, selon les professionnels interrogés.
« Je ne compte plus le nombre d’appels de gens qui, apeurés par l’augmentation du fioul, songent à changer de système de chauffage », affirme-t-on chez Vivreco, un installateur spécialisé dans les énergies renouvelables à Rambervillers (Vosges).
« C’est flagrant », renchérit Stéphane Castet, un conseiller d’Espace Info Energie à Epinal, « les gens ont peur de faire le plein de leur cuve. Ils se renseignent pour basculer sur le bois ». Ce bureau d’informations mis en place par l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) a reçu le double de demandes d’informations sur le chauffage au bois cette rentrée par rapport à 2004.

Très répandu dans les pays scandinaves et en Autriche, le chauffage au bois-énergie, concassé en plaquettes forestières ou compressé en granulés, n’est encore qu’un marché émergent en France.
« Les systèmes automatiques d’alimentation avec un combustible bois rendu fluide et stocké dans un silo sont encore peu connus. Les gens pensent que le bois est une énergie du passé, qu’il faut remplir son poële avec des bûches », note Stéphane Castet.

En 2004, 210 chaudières à bois automatiques ont été installées mais « en 2005 on s’attend à une forte progression, les installateurs nous disent qu’ils sont débordés », selon Jean-Christophe Pouet de l’ADEME, basée à Angers.

Le coût du combustible en granulés (autour de 200 euros la tonne hors taxes) représente une économie d’environ 30% par rapport au prix du fioul aujourd’hui, bien davantage pour les plaquettes forestières (60 euros la tonne), qui conviennent toutefois mieux aux puissantes chaufferies de collectivités, selon les professionnels.
Un des principaux freins au développement de ce mode de chauffage a été jusqu’ici le coût des équipements. Installer une chaudière à bois revient à 15.000 euros en moyenne contre 6.000 pour une chaudière au fioul mais depuis 2005, le crédit d’impôt de 40% offert sur le matériel à énergie renouvelable rend l’amortissement beaucoup plus rapide.

Les convaincus sont ainsi passés à l’acte dès cet été comme cette habitante de Bouxières-aux-Chênes, près de Nancy, Catherine Rose, qui vient d’équiper sa maison: « nous avons choisi le bois pour dire stop à la machinerie politico-économique de la montée du fioul dont nous sommes victimes et aussi par conscience écologique ».
La ville d’Epinal qui a installé en 2002 la plus grosse chaufferie au bois de la région, chauffant des ateliers municipaux, des serres, une caserne de pompiers et un groupe scolaire affirme économiser 230.000 livres de fioul par an et éviter le rejet de 1.300 tonnes de CO2.

A la coopérative de forêts privées « Forêts et bois de l’Est », « on y croit beaucoup », affirme un responsable, Jérôme Klotz. La coopérative a investi dans un broyeur, importé du Danemark, unique machine en France capable de broyer directement en forêt 35.000 tonnes de plaquettes forestières par an.

Virginie Montet

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