Recherche & développement

Le bois translucide : matériau du futur ?

Mots clés : Architecte - Bois - Innovations

Rendre le bois translucide, imputrescible, plus résistant au feu et améliorer ses propriétés structurelles : c’est le défi que s’est lancé Timothée Boitouzet, architecte français formé à l’international. Il vient de déposer le brevet pour son bois bionique.

C’est un projet un peu fou qui occupe Timothée Boitouzet. Cet architecte français, formé notamment au Japon, où le lien entre matière et immatériel est davantage présent, travaille sur un bois translucide, imputrescible et structurel. « Sans recourir à la technologie, les Japonais parviennent à couper de fines plaques de marbre de 3 mm d’épaisseur. En utilisant des techniques modernes, nous pouvons aller plus loin », estime-t-il.

Le jeune architecte a donc mené des recherches fondamentales aux Etats-Unis, en partenariat avec département de biologie moléculaire et de chimie organique d’Harvard et le Medialab du Massachussetts Institute of Technology (MIT) à Cambridge, près de Boston.

 

Le bois est composé d’air à 70 %

 

Ces premiers travaux ont consisté à injecter dans une lame de bois épaisse de 7 à 10 mm une matrice monomère, soit des matériaux plastiques, afin de combler les microcavités. « En fonction des essences, le bois est composé de 60 à 70% d’air » rappelle Timothée Boitouzet. Grâce au comblement des vides d’air par des monomères qui polymérisent in situ, les propriétés du matériau changent tout en respectant sa micro-architecture.

Première conséquence, le bois devient translucide, car « la cellulose, naturellement présente dans le bois, est conservée, tandis que la lignine est remplacée par le monomère », explique-t-il. Puisque la cellulose est un matériau cristalin, le bois laisse désormais passer la lumière.

 

Saturer le bois en monomère par un procédé industriel

 

Autre effet de cette opération : le bois devient trois fois plus rigide car plus dense. Après deux ans de travaux, les premiers résultats permettent d’obtenir une fine lame de bois en laboratoire. « La première étape de développement pourrait être de réaliser du mobilier avec ce bois bionique », indique l’architecte. La suivante consisterait à produire des bardages, des menuiseries ou des revêtements de sols.

« A plus long terme, nous serons capables de saturer du bois plus épais par un procédé industriel, afin d’obtenir des performances structurelles et de repousser les limites d’usage du bois pour construire des tours », imagine Timothée Boitouzet tout en rappelant que la recherche est toujours semée d’embûches. « Si tout va bien, ce nouveau matériau pourrait voir le jour d’ici deux à trois ans ». L’architecte vient d’ailleurs de déposer un brevet sur son produit et de créer dans la foulée la start-up Woodoo, afin d’exploiter commercialement ce nouveau matériau. Il a reçu de nombreux prix dont ceux des fondations Fulbright, Sachs, Lafarge et du mécénat Besnard de Quelen.

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  • - Le

    Un peu de conscience et d'humilité vis à vis de notre planète !

    Nous réalisons que nous avons déjà consommé énormément de matières premières pour la construction, et que la planète n’en peut plus, voire la raréfaction du sable etc… Notre responsabilité d’Architecte est de sensibiliser tous les acteurs à ce sujet, et de chercher comment bâtir avec des matériaux déjà existants, comment réemployer recycler… construire avec des matériaux plus sains pour les hommes, renouvelables et moins impactants. Rendre le béton et le bois transparent, on peut tout faire mais à quel prix pour la planète ? Avec des polymères dans le bois, que devient ce matériau hybride en fin de vie ? On le brûle, on l’enfoui ? Quels COV ou formaldéhydes va t’il dégager pendant des années ! Même si la découverte est flatteuse pour son auteur, un peu de conscience et d’humilité vis à vis de notre planète terre !
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  • - Le

    Encore plus de pollution

    je ne comprends pas que l’on crée un nouveau produit a base de plastique, alors que l’on connait la pollution engendrée par celui ci!!!
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