Construction Numérique

Le BIM, c’est maintenant, ou presque…

L’enquête réalisée auprès des lecteurs des Cahiers techniques du Bâtiment et du Moniteur montre une bonne sensibilisation du secteur à la maquette numérique et au BIM. Mais il règne encore un grand flou autour des notions et des pratiques qui les accompagnent.

« J’ai ressenti une immense solitude lors du dernier Batimat quand j’expliquais ce que je faisais. Les annonces de Cécile Duflot en mars dernier quant à l’adoption possible du BIM pour les projets publics à horizon 2017, ont vraiment changé la donne. » Michaëlle Pesah, directrice commerciale de BIMObject, qui offre aux industriels un service de catalogue produits compatibles BIM, passe désormais moins de temps à déflorer ce qu’est le BIM, acronyme de Building Information Model, avant de présenter ses services. L’enquête réalisée par les Cahiers techniques du Bâtiment et le Moniteur auprès de leurs lecteurs confirme cette meilleure sensibilisation de la profession au sujet. Ainsi, 82 % des personnes interrogées considèrent le BIM comme l’avenir de la profession.

 

 

Une grande confusion

 

 

Dans le même temps, ils sont 72 % à regretter une grande confusion sur ce qu’est le BIM. La bataille autour de la pertinence ou non d’un protocole standard de communication, le format .ifc, pour assurer l’interopérabilité des différentes solutions y est peut-être pour quelque chose. Faut-il y voir aussi un message aux fournisseurs de solutions logicielles dont la bataille commerciale passe par des argumentaires contradictoires. Mais la véritable raison semble venir des utilisateurs eux-mêmes. « Il y a beaucoup de gens qui se plaisent à relever ce qui ne fonctionne pas avant d’avoir vraiment mis le nez dedans. Ça s’appelle la peur du changement, c’est humain, note Kléber Daudin, dirigeant éponyme d’un BET de 4 personnes et praticien de longue date du BIM. Moi, je suis un grand fainéant et je déteste faire deux fois la même chose. Voilà ce que m’évite le BIM. A ce titre, je gagne beaucoup de temps. »

Le BIM est désormais considéré comme un outil de conception à part entière : voilà un autre enseignement de cette enquête. Ainsi les lecteurs sont 71 % à exprimer leur désaccord sur le fait que le BIM mènerait à une standardisation des bâtiments. De même, 62 % estiment que le BIM concerne aussi la rénovation et pas seulement la construction neuve. Enfin, 63 % le voient comme un outil adapté aux petits et moyens projets. Ces trois questions pourraient n’avoir plus grande pertinence dans un an tant l’adoption du BIM semble inéluctable.

 

 

Interrogés sur les freins à l’adoption du BIM, nos lecteurs mettent principalement en avant l’investissement conséquent qu’il implique. Machines (station, serveur), suite logicielle, formation et chaque année le renouvellement des licences. Kléber Daudin, qui travaille avec la suite Building Design (incluant Revit) d’Autodesk estime l’investissement initial à 25000 € par utilisateur auquel s’ajouteront ensuite les renouvellements annuels des licences pour 1000 € environ. Pour Charles Parissier, responsable marketing de Nemetschek-Allplan France, « on n’a pas besoin de bécanes de compétition pour faire du BIM. » Il estime, lui, la facture à 1500 € de machine, 6000 € de licence et 3000 € de formation soit 10500 € d’investissement auxquels viennent s’ajouter 1000 €/an de maintenance logicielle. Avec un coût plus de deux fois moindre, on imagine aisément que périmètres et fonctionnalités ne sont pas tout à fait les mêmes. Quand on parlait de confusion…

 

 

 

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
  • - Le

    investissement et taille des structures

    la confusion vient du fait de penser un terme anglo-saxon en français… et le problème principal d’investissement ne sera soluble aisément que par les structures qui se regrouperont en SCOP ou autres formes de mise en commun de moyens de production sous un même SIRET. Nos agences d’architectures, nos BET et autres PME ou PMI du Bâtiment auront à grouper leurs efforts pour être financièrement plus efficace et pouvoir passer au BIM. Concernant le terme BIM, utiliser Maquette Numérique de Projet est la meilleure traduction de tous les aspect que recouvre l’acronyme BIM, du moins à mon sens.
    Signaler un abus
  • - Le

    Synthèse Cohérente

    La confusion vient d’une approche très différente entre MOE/entreprises générales (vue global du bâtiment) et entreprises (restriction à 1 seul lot). Pour le coût logiciel c’est pareil, de 5000 à 25000 euros suivant les modules que vous prenez (ingénierie, architecture, structure, réseaux…) ou logiciels dédiés métiers type TEKLA. Denis BACHMANN, Responsable Avant-Projet, ARBONIS (VINCI CONSTRUCTION FRANCE)
    Signaler un abus
  • - Le

    Résultats prometteurs

    Bravo pour cette enquête, dont les résultats sont prometteurs, montrant une prise de conscience et une dissipation progressive des ambiguïtés. Il faudrait connaître le nombre et le profil des personnes sondées pour évaluer la représentativité des réponses. La question n’est plus de savoir s’il faut passer au BIM ou pas, si c’est bien ou pas, à qui ça profite… mais de savoir pour chacun comment y venir à son rythme, avec ses moyens et objectifs. Je complète les estimations indiquées : pour moi un poste BIM coûte environ 10 000 € (machine, logiciel, formation -en partie remboursable-, maintenance), soit 300 € de remboursement mensuel en crédit-bail. A rapprocher du coût global d’un collaborateur, et de la productivité obtenue, cela relativise l’investsissement. Olivier CELNIK Codirecteur du Mastere Spécialisé BIM, Ecole des Ponts Paristech – ESTP
    Signaler un abus
  • Commenter cet article
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X