Entreprises de BTP

Le bâtiment commence à entrevoir la sortie du tunnel

Mots clés : Ouvrage d'art

Lors de son traditionnel point de conjoncture, la FFB voit dans certains signes une lueur d’espoir pour 2015. Malgré tout, l’activité globale devrait rester en berne avec une baisse de -1,5%.

« Sous les effets conjugués des mesures de relance du gouvernement et d’un retour, certes trop faible mais réel de la croissance, le Bâtiment commence à entrevoir le bout du tunnel », a indiqué Jacques Chanut, président de la FFB lors d’une conférence de presse sur la conjoncture le 25 mars. Mais, malgré ce début de retour à la croissance, l’activité se soldera en 2015 par une baisse de l’activité de -1,5%. Les évolutions s’avèrent toutefois très différenciées entre les secteurs.

 

Recul de -5,8% sur l’activité du neuf en 2015 en raison du non résidentiel

 

Dans le logement neuf qui enregistre une progression des ventes depuis fin 2014, le dispositif Pinel, l’amélioration du PTZ+ et les plans de relance gouvernementaux devraient porter leurs fruits puisque l’année 2015 pourrait se solder non pas sur un total de 340 000 logements, ce qui eut été le score au fil de l’eau, mais à 360 000 logements avec une reprise des mises en chantier fin 2015, début 2016 (prévisions qui seront affinées en fonction des évolutions des chiffres publiées par le ministère du Logement pour 2014 et 2015 basés sur une nouvelle méthode officiel de calcul).
A l’inverse du logement neuf qui limiterait la baisse (-3,8%), le non-résidentiel neuf, très lié à l’activité économique, accentuerait son repli : il était de – 6,4% en volume en 2014 et passerait à -9,4% en 2015. Le nouveau recul des autorisations de 1,3% placerait l’année 2015 comme la plus mauvaise depuis 1998. Il en va de même des mises en chantier qui enregistreraient une baisse de – 1,6% (17,9 millions de m2 de surface de plancher). Seul bémol, un moindre recul des bâtiments industriels (-0,7%). En raison de cette chute du non résidentiel, l’activité globale du neuf s’inscrira à la baisse de -5,8%.

 

Amélioration de l’entretien

 

Troisième segment, l’amélioration-entretien qui devrait connaître une hausse de +1,7%, avec, comme le fait remarquer la FFB, une différenciation entre logement et non-résidentiel : «hausse de près de 2,5 % pour le premier sous-segment et une quasi-stabilité pour le second ».  Ceci s’explique par la mise en place des dispositifs d’incitation aux travaux comme le Crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) et de l’éco-conditionnalité. Malgré tout, l’organisation professionnelle constate qu’à court terme, le marché reste hésitant, et que sur le moyen terme, la rénovation énergétique reste très en deçà des espoirs comme des besoins.

Une éclaircie en 2015 certes, mais encore des résultats en baisse. La conséquence directe porte sur l’emploi avec une perte prévisionnelle de 30 000 équivalent-emplois à temps plein sur l’année essentiellement par non-remplacement des départs à la retraite.
Dans un tel contexte, Jacques Chanut rappelle que « tous les ferments d’une déstructuration profonde de l’appareil de production se trouvent réunis. Le choix apparaît donc bien entre, d’une part, l’appel de plus en plus massif à une main d’œuvre étrangère temporaire, d’autre part l’emploi et l’activité au pays ». Raison pour laquelle il se félicite de « l’action des Pouvoirs Publics contre le développement de la concurrence déloyale ».

 

Supprimer la fiche pénibilité

 

Pour booster la construction de logements, le président de la FFB a appelé de ses vœux une nouvelle relance de la primo-accession basée sur un allongement des différés de remboursement de PTZ+ pour les ménages modestes et regrette que l’obligation en matière de travaux de rénovation énergétique ne s’impose qu’aux acteurs privés, taclant au passage le « parc public exemplaire » et préférant l’option d’une politique « mesurée et stable d’incitation, avec des outils clairs et durables ».
Au rang des inquiétudes, l’activité, mais aussi le compte pénibilité qui empoisonne le secteur. Jacques Chanut s’interroge sur l’objectif réel du gouvernement, dans le cadre de la mission confiée en décembre dernier à Christophe Sirugue, député, et Gérard Huot, chef d’entreprise « entre faire évoluer fondamentalement le compte Pénibilité ou tenter de temporiser face à la colère patronale ». Il rappelle que « la récente publication du décret sur la fiche pénibilité des travailleurs temporaires et d’une première instruction ministérielle décrit un dispositif qui avait déjà été proposé, c’est-à-dire sans réelle sécurisation pour les entreprises, ni simplification d’ailleurs ». A savoir, l’exposition du salarié serait toujours appréciée en moyenne annuelle, après application des mesures de protection individuelles et collectives. Pour cela, l’employeur devrait consigner en annexe de son document unique les éléments permettant d’apprécier l’évaluation des situations individuelles, à partir de situations-types d’exposition et des référentiels ou mode d’emploi de branches.

La fiche individuelle, serait produite à partir du logiciel de paye. Fiche que la FFB voudrait voir supprimer : « Mais à quoi donc sert la fiche individuelle, si ce n’est à permettre au salarié de contester sa non-exposition et d’opposer la fiche pour faire reconnaître un préjudice d’anxiété ? À quoi sert encore cette fiche si ce n’est à détourner les jeunes de nos métiers quand ils recevront chaque année, dès leur apprentissage et pendant toute leur carrière, ce document pour leur rappeler la pénibilité quotidienne de leur emploi ? », s’insurge Jacques Chanut. Et de rappeler qu’elle favorisera les salariés détachés, concernés par la fiche mais pas par le compte, « si beaucoup d’entre eux font déjà fi de la durée du travail, produire la fiche serait donc pour eux pure littérature ! ». La seule solution pour le président de la FFB est de rétablir un filtre médical, pour quelques facteurs précis, « ce qui libèrerait les entreprises de la fiche qui n’aurait alors plus de sens ». A bon entendeur !

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