Réalisations

Lascaux, acte IV, ouverture

Le président de la République inaugure samedi 10 décembre, à Montignac, en Dordogne, le fac-similé de la plus célèbre des grottes ornées de France. Retour sur la chantier et visite virtuelle.

Un an après la grotte Chauvet (-36 000 ans), en Ardèche, la grotte de Lascaux (-18 000 ans), en Dordogne, va enfin offrir au public une réplique de ses parois ornées préhistoriques. Le Centre international de l’art pariétal Montignac-Lascaux – son nom provisoire – va être inauguré samedi 10 décembre par le président de la République et ouvrira ses portes le 15 décembre. Que doit-on attendre de ce site historique ?

 

Un travail à pinceaux croisés

Le préhistorien Jean Clottes, spécialiste du paléolithique supérieur et de l’art pariétal est certain que la réplique de Lascaux, exposée dans la pénombre, provoquera une « émotion ». Et cela, selon lui, grâce au « travail d’artiste » accompli par l’Atelier des fac-similés du Périgord (AFSP).

 

 

 

Le directeur artistique de l’AFSP, Francis Ringenbach, a salué « l’œuvre collective » entreprise par son équipe de 20 peintres-plasticiens. Un « travail à pinceaux croisés », dit-il, où les uns et les autres sont intervenus à tour de rôle sur les 27 panneaux qui reproduisent à l’échelle 1 l’intégralité de la grotte ornée, soit une surface de 900 m². Les panneaux, d’une taille moyenne de 7x4m et d’un poids pouvant dépasser la tonne, ont progressivement été livrés sur le site. La précision des instruments actuels de relevé topographique et de photographie numérique a permis que cette reproduction de Lascaux soit plus fidèle à l’originale que celle réalisée en 1983 à Montignac et vue, depuis, par 10 millions de visiteurs.

 

Un bâtiment-paysage

Le succès de ce faux Lascaux, dit Lascaux II, risquait à long terme d’endommager la vraie grotte située à proximité. C’est pourquoi il a été décidé de sanctuariser la colline où elle se trouve et de construire en contrebas le Centre international de l’art pariétal, dit Lascaux IV. Pour rappel, Lascaux III est une exposition itinérante de fac-similés qui fait le tour du monde depuis 2012. Prochaine étape : la Corée du sud en avril prochain.

« Lascaux IV est un bâtiment-paysage, expliquait l’hiver dernier le président du conseil départemental de Dordogne, Germinal Peiro. Il rappelle la colline, la falaise, la faille dans laquelle vivaient ceux qui nous ont précédés. » Le projet architectural, retenu sur concours en 2012, est signé de l’agence norvégienne Snøhetta, en association avec l’architecte bordelais Duncan Lewis. L’agence française SRA Architectes est aujourd’hui chargée de le réaliser.

 

 

 

Une faille terrestre en béton

L’édifice, semi-enterré, s’étend sur environ 150 m de longueur, 70 m de largeur et s’élève jusqu’à 8 m. Sa toiture, en cours d’étanchéité, sera végétalisée. Elle servira de belvédère (gratuit) et de point de départ à la visite (payante). La lumière naturelle entrera par l’unique façade vitrée, avec vue sur Montignac, ainsi que par une verrière zénithale éclairant une circulation en forme de faille terrestre. Là, les parois obliques sont en béton brut de décoffrage, rappelant la matière minérale de la roche. La surface a été sablée afin de dessiner des sortes de couches géologiques. Sans attendre l’inauguration du Centre, Alain Rousset, président du conseil régional Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, apprécie d’ores et déjà « la patte de l’architecte, exceptionnelle par son harmonie quasi parfaite dans ce paysage merveilleux ». Enthousiasme et/ou critiques du public à venir dans les tout prochain jours…

 

Focus

La grotte de Lascaux en quelques dates

12 septembre 1940 : découverte

Décembre 1940 : classement Monument Historique

1963 : fermeture au public

1979 : classement au patrimoine mondial de l’Unesco

1983 : ouverture du fac-similé Lascaux II

2012 : exposition itinérante Lascaux III

15 décembre 2016 : ouverture de Lascaux IV

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : conseil départemental de la Dordogne.

Maîtrise d’œuvre : Snøhetta, architecte mandataire, associé en phase d’études à Duncan Lewis Scape Architecture ; SRA Architectes, architecte d’opération ; Casson Mann, scénographe ; VPEAS, économiste. BET : Khephren Ingénierie (structure), Alto Ingénierie (fluides et VRD), RFR (façades et verrières), 8’18’’ (concepteur lumière), Commins dBlab (acoustique).

Principales entreprises : Lagarrigue (mandataire du lot gros œuvre), SAS Coveris (mandataire du lot façades vitrées, verrières, menuiseries extérieures).

Surface : 8635 m² shon.

Montant des travaux : 50 millions d’euros HT (bâtiment) + 7 millions d’euros HT (aménagements extérieurs).

 

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    Un monde entre virtuel et réel, paléolithique et moderne dans cette superbe grotte. L’ art est omniprésent en tous ses courants et styles selon la chronologie avec des cheminements très fonctionnels d’une architecture savante et superbe et environnementale.
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