Paysage

La trame verte et bleue provoque une émulsion transréseaux

Mots clés : Aménagement paysager - Architecture - Démarche environnementale - Gouvernement - Métier de la construction

Sept régions métropolitaines et la Guadeloupe passent la trame verte et bleue par le prisme des unions régionales des Conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement. A mi-chemin de la mise en œuvre de l’Appel à manifestation d’intérêts du ministère de l’Environnement qui a impulsé cette mobilisation en juin dernier, la journée d’échanges du 8 mars a montré l’effervescence provoquée par le croisement des regards des naturalistes avec ceux des paysagistes, architectes et urbanistes.

La carte paysagère de l’Occitanie, en cours de finalisation, donne une des clés de la mobilisation suscitée par la journée « Espace biodiv’ », le 8 mars à la maison des métallo à Paris, à l’initiative conjointe de la fédération nationale des Conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE), des Régions de France et du ministère de l’Environnement. « Midi-Pyrénées avait d’avantage d’acquis en approche éco-paysagère, tandis qu’une démarche plus scientifique avait présidé au schéma régional de cohérence écologique du Languedoc-Roussillon. Mais la mise en cohérence ne pose pas de difficultés insurmontables, et nous savons que nous pouvons compter sur les  CAUE », résume Lucy Llinares, paysagiste chargée de mettre en œuvre  les schémas régionaux de cohérence écologique (SRCE) des deux anciennes régions fusionnées. Les réajustements en cours contribuent au futur schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité territoriale (Sraddet).

 

Nouvelles identités régionales

 

L’exemple occitan reflète un des vecteurs majeurs de l’effervescence suscitée par l’appel à manifestation d’intérêt (Ami) lancé mi-2016 par le ministère de l’Environnement : quatre des huit lauréats s’appuient sur la procédure pour forger leur nouvelle identité territoriale dans un périmètre élargi, en même temps qu’elles mettent en œuvre leur SRCE.  L’ancienne Aquitaine fait profiter le Limousin et Poitou-Charente de son acquis dans l’Assistance à la continuité écologique (ACE). L’union  régionale des CAUE de la Nouvelle Aquitaine s’appuie sur son entité de Dordogne pour une double mission : la déclinaison des SRCE à l’échelle des schémas de cohérence territoriale (Scot) et des plans locaux d’urbanisme intercommunaux (PLUI) ; la formation des autres membres de l’union au regard croisé entre naturalistes et paysagistes, notamment autour du rôle de l’arbre bocager.

 

Pluridisciplinarité

 

L’entrée pluridisciplinaire constitue la clé de la participation de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur dans l’Ami qui, outre les CAUE, met en scène deux acteurs clés : l’Agence régionale pour l’environnement (Arpe) et l’institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine. La trame lithique formée par les murs en pierre sèche, refuge pour les chiroptères et les reptiles, fait partie des points de rencontre entre naturalistes et urbanistes. L’intégration de la trame verte et  bleue (TVB) dans les PLUI et les Scot s’appuiera sur l’étude des fonctionnalités écologiques de deux grands sites : les Dentelles de Montmirail et la Montagne Sainte-Victoire.

 

Articulation des échelles

 

Qu’ils entrent dans l’Ami par la nouvelle organisation territoriale ou par la pluridisciplinarité, les CAUE des huit régions lauréates jouent toujours sur leur capacité à articuler les échelles. L’Ile-de-France s’appuie sur l’exemple de l’Essonne, où trois territoires volontaires expérimentent le passage de la planification stratégique à son application : Paray-Vieille-Poste comme représentant des territoires urbains, Ris-Orangis pour le périurbain et Breux-Jouy pour le rural. « L’Etat, qui manque de retour sur l’utilisation de ses propres outils, peut s’appuyer sur notre expérience », plaide Valérie Kauffmann, directrice adjointe du CAUE de l’Essonne, désignée par la fédération nationale pour le pilotage technique de l’Ami, qui débouchera sur un colloque de restitution fin 2017 ou début 2018.

 

Nature et culture

 

Même si l’intégration des SRCE dans les Sraddet constitue un enjeu important pour la continuité de l’esprit des lois Grenelle dans la nouvelle organisation territoriale, la volonté de l’Etat dépasse le bon fonctionnement des procédures réglementaires : « Les CAUE établissent le lien entre nature et culture. Leur sens du paysage aide à révéler les enjeux aux habitants, dont il faut légitimer la subjectivité, alors que l’approche naturaliste semble ne devoir souffrir d’aucun débat, au risque de faire échouer les directives Natura 2000 », explique Paul Delduc, directeur général de l’aménagement, du  logement et de la nature. Dans ce processus dont chaque partie prenante doit sortir gagnant, un autre partenaire de l’Ami doit jouer un rôle catalyseur : le réseau des villes capitales de la biodiversité. Pour 2017, le thème qui lui sert de fil conducteur fait écho à l’action des CAUE dans la TVB : « Aménager, rénover et bâtir en favorisant la biodiversité ».

 

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