Culture

La Tour de l’Europe de Mulhouse devient un témoin architectural du XXe siècle

Mots clés : Conservation du patrimoine

Construit selon les plans de François Spoerry au début des années 1970, le bâtiment le plus haut et le plus emblématique de Mulhouse a été labellisé «Patrimoine du XXe siècle».

Elle n’a pas toujours suscité la fierté des Mulhousiens mais ce samedi, c’est bien ce sentiment qui transparaissait, à l’heure d’officialiser l’entrée de la Tour de l’Europe au «Patrimoine du XXe siècle», par le dévoilement de la plaque du label. «Nous devons être militants de cette tour», a appuyé le maire Jean Rottner, entouré du conseil syndical des copropriétaires dont la présidente Simone Ancelet se plaît à évoquer le «village vertical où il fait bon vivre».

 

 

Par ce label, le ministère de la Culture et de la Communication reconnaît à son tour le caractère emblématique de cette construction à l’identité si forte qu’elle a supplanté les bâtiments plus anciens de Mulhouse comme symbole architectural de la ville… admiré ou critiqué selon les goûts.

 

Point de rencontre de trois pays

 

La tour est symbolique par son emplacement, son architecte, son matériau, sa hauteur et sa forme. Elle a été bâtie de 1969 à 1972 sur le site d’une ancienne usine textile Schlumberger, une des multiples pièces de la «Manchester française que fut Mulhouse à la révolution industrielle. Elle a été conçue par François Spoerry, architecte et urbaniste mulhousien qui allait ensuite gagner une renommée internationale, en association avec Bernard Michau. Sa structure en béton armé incarne les grandes heures de ce matériau dans les Trente Glorieuses. Culminant à 100 mètres au sommet de ses 31 étages, elle constitue l’immeuble le plus haut de Mulhouse et le second plus élevé d’Alsace après l’indétrônable cathédrale de Strasbourg. Ensuite, ses trois faces concaves sur sa base triangulaire lui donnent sa personnalité, elles entendaient représenter la rencontre à Mulhouse des trois pays France, Allemagne et Suisse, dans un contexte encore marqué par la dernière guerre mondiale.

Initialement dédiés au seul tertiaire, ses 30 000 m2 abritent aujourd’hui une majorité de logements, complétés par des bureaux et locaux professionnels. Le bâtiment n’a pas échappé aux outrages du temps et il pâtit de lourdes charges de copropriété. Les estimations les plus diverses ont circulé sur le coût de sa rénovation, jusqu’à plusieurs millions d’euros. Les copropriétaires s’y attelleront étape par étape en fonction de leurs moyens, «en commençant probablement par la mise aux normes BBC de l’isolation intérieure», indique leur syndic.

 

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