Chantiers

La tour à énergie positive de Strasbourg s’achève

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Conception - Démarche environnementale

L’immeuble de 16 étages pour 63 logements, fruit de l’initiative de l’ingénieriste Elithis, approche de la fin de son chantier. Sa livraison est prévue au début décembre. Il se présente comme pionnier de la construction de grande hauteur pour l’habitat qui soit capable de dégager un léger excédent entre production et consommation d’énergie.

La Tour Elithis à énergie positive dresse ses derniers étages à Strasbourg, prête à sa livraison, en décembre prochain. Imaginée par le groupe d’ingénierie du même nom basé à Dijon, elle se présente comme la première construction en hauteur de logements en France, sinon dans le monde, à afficher un bilan énergétique positif. Selon Elithis, l’ensemble de ses consommations annuelles d’énergie primaire (mesurées à 21 degrés) se situeront à 88,3 Kwhep par mètre carré, pour une production d’énergie renouvelable de 90,1 Kwh. «Nous démontrons en outre la capacité à réaliser cette performance à coût de construction maîtrisé, puisqu’il se limite à 1 300 euros au mètre carré», complète Thierry Bièvre, président d’Elithis, précisant que la modélisation numérique a aidé grandement à tenir ce cadre budgétaire.

 

Façade nord élancée

 

Pour atteindre ses objectifs, le projet combine plusieurs facteurs. Sa conception est «bioclimatique». L’agence d’architecture X-TU a dessiné une façade sud très généreuse, support d’amples baies vitrées, en contraste avec une façade nord en forme de «proue» — la tour prend place sur d’anciennes emprises portuaires — très étroite, comme élancée: l’exposition au vent et au froid est ainsi réduite au minimum. L’ensemble donne à la tour une forme aérodynamique.

Pour la structure, le matériau béton déploie tous les atouts de son inertie thermique. L’isolation extérieure en laine de verre de 20 cm d’épaisseur procure une résistance thermique R de 5,7 m2.K/W. La ventilation fonctionne en double flux (avec un échangeur de chaleur à rendement annoncé de 91 %) en mode «standard» mais elle est programmée pour basculer automatiquement en simple flux en basse saison (configuration d’été). Elle est intégrée au faux plancher, comme l’ensemble des gaines techniques, autre originalité du programme, qui applique à l’habitat ce principe plus répandu dans la construction tertiaire.

 

Photovoltaïque et réseau de chaleur

 

Du côté des énergies renouvelables, leur production est assurée par plusieurs dispositifs de panneaux photovoltaïques d’un total de 1 400 m2: sur le toit, mais aussi de façon verticale sur les façades Est et Sud. En outre, l’immeuble sera connecté au réseau de chaleur urbain local qui recourt à 70 % à l’énergie renouvelable (biomasse). Il intègre une récupération des calories sur les eaux grises.

 

Se fier à la lampe d’Aladin

 

L’ensemble est séduisant sur le papier, il demandera à se confronter à la réalité. Et pour cela, Elithis mise sur les occupants, tous locataires – l’immeuble est propriété d’une société commune au Crédit agricole et à la Caisse des dépôts, ses financeurs. Le projet promet à ses usagers une «facture énergétique zéro» grâce à la vente et à l’autoconsommation d’énergie… dès lors qu’ils ne commettront pas d’écarts d’usages. Outre une batterie de matériels de mesure, le maître d’ouvrage travaille à la mise au point d’un système de formation-communication numérique sur les bonnes pratiques, assortie d’une prime d’intéressement aux usages vertueux. Aladin — c’est son nom — «sera le coach digital des habitants», annonce Thierry Bièvre.

 

Focus

La Tour Elithis en chiffres

5 5OO m2 de surface de plancher

63 logements et 1 OOO m2 de bureaux

16 étages, 57 mètres de hauteur

2O millions d’euros d’investissements au total

 

Maîtrise d’ouvrage: Elithis

Architecte conception et suivi de réalisation: Agence X–TU

Entreprise de gros œuvre: Sotravest

 

Focus

Des cassettes pour habiller les façades

La construction se distinguera par sa hauteur mais aussi par ses façades: elles sont habillées de 6OO cassettes métalliques en trois teintes, qui vont du noir vers le gris champagne et le gris argenté, pour former comme une sorte de patchwork. De type Alucobond, elles représentent une surface cumulée de 1 8OO m2. Elles sont posées pour quelques jours encore par l’agence Soprema Entreprises de Strasbourg, selon un calepinage très précis. Le socle de l’immeuble, fait d’une structure mixte béton-ossature bois, est revêtu quant à lui d’un bardage Trespa sur 4OO m2. Soprema Entreprises a également été chargé de l’isolation.

 

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  • - Le
    Isolation en laine de verre de 20cm avec bardage en alucobond assure une isolation thermique par l’extérieur parfaite, est ce qu’on a traité le phénomène (cheminée) de propagation rapide de la flamme en façade d’un étage à l’autre pour éviter le sinistre de l’immeuble Grenfell à Londres ?
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  • - Le

    a suivre

    si elle fonctionne comme la tour Elithis 1ere du nom, je demande à voir dans 2 hivers…
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