Culture

La sauvegarde du patrimoine est (aussi) un grand jeu de hasard

Mots clés : Conservation du patrimoine - Gouvernement

Alors que la ministre de la Culture Françoise Nyssen précisait le 17 novembre sa politique en faveur des sites et monuments, elle a confirmé la création future d’un « Loto du patrimoine ». Par ailleurs, une nouvelle plate-forme en ligne permet désormais à tout un chacun de signaler un édifice qui lui semble en péril.

Décrocher le jackpot pour bâtir des châteaux en Espagne tout en sauvant de vieux manoirs en France sera bientôt possible. La ministre de la Culture Françoise Nyssen a en effet confirmé vendredi 17 novembre la création d’un « Loto du patrimoine ». Cette idée maintes fois évoquée, notamment par Stéphane Bern depuis qu’Emmanuel Macron lui a confié une mission sur les monuments en péril, « sera proposée au Parlement dans le cadre du projet de loi de finances rectificative pour 2017 », a annoncé Françoise Nyssen alors qu’elle détaillait l’ensemble de sa politique en faveur du patrimoine. Ce tirage spécial devrait être organisé par la Française des Jeux au moment des Journées du Patrimoine qui se tiennent tous les ans en septembre. Un nouveau jeu de grattage verrait également le jour. Mais que les joueurs se rassurent, les gagnants empocheront toujours leurs gains. En revanche, la part revenant habituellement à l’Etat sera allouée à un fonds spécifique, créé au sein de la Fondation du Patrimoine.

Ces ressources d’un nouveau genre viendront compléter l’effort consenti par le gouvernement en la matière et que Françoise Nyssen avait annoncé dès la présentation du budget de son ministère fin septembre. Le 17 novembre, elle a ainsi confirmé que 326 M€ seront consacrés aux opérations d’entretien et de restauration (hors grands travaux). « Nous nous engageons à sanctuariser ce budget dans la durée », a précisé la ministre qui a insisté sur le caractère « pluriannuel » de sa stratégie en faveur du patrimoine.

 

Monuments en péril

 

Mais cette incitation à s’adonner au jeu de hasard paraît aussi comme un moyen de mobiliser le public et de lui faire prendre conscience des richesses patrimoniales françaises mais aussi de leur fragilité. Françoise Nyssen a rappelé que, sur 44 000 édifices classés ou inscrits au titre des monuments historiques, un quart est jugé en mauvais état et 5 % d’entre eux sont même en péril. Et encore, il ne s’agit là que des monuments officiellement reconnus. Bien d’autres éléments bâtis dignes d’intérêt ne sont pas forcément recensés. Là encore, le ministère veut mettre le public à contribution. Depuis le 17 novembre, tout le monde peut donc signaler en ligne une maison, une chapelle ou une halle de marché qui lui semble menacer ruines sur la nouvelle plate-forme www.patrimoine-immobilier-en-peril.fr.

Si la stratégie ministérielle est donc très axée sur le soutien à la restauration, elle table aussi sur la promotion des métiers et des savoir-faire ou la diffusion de la connaissance, en particulier en milieu scolaire. Comme l’ambition est d’aider le public à mieux appréhender l’importance de tout ce pan de la culture, le ministère entend aussi lui faciliter la tâche pour qu’il ne s’y perde plus entre les différentes appellations que sont « Villes et pays d’art et d’histoire » et autres « Jardins remarquables. » D’ici à 2019, tout ce qui est digne d’intérêt sera désigné sous la marque unique « Patrimoine de France/French Heritage »… puisque cela s’adressera aussi aux dizaines de millions de visiteurs étrangers qui viennent chaque année.

Le 17 novembre, Françoise Nyssen a enfin évoqué sa volonté de « faire évoluer le rôle des Architectes des bâtiments de France (ABF) » afin de leur permettre d’intervenir plus en amont. Alors qu’aujourd’hui, ils délivrent leur autorisation une fois que les projets sont établis, l’objectif est de leur permettre de faire œuvre de conseils et de pédagogie et de lever ainsi au préalable certains points de blocages. « Cela permettra d’accélérer l’acceptation des projets », a expliqué la ministre. Ella a toutefois assuré « qu’il n’est pas question de remettre en cause le caractère conforme de leurs avis. »

 

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  • - Le

    Défenseurs du patrimoine ,très solitaires .

    Renforcer la situation des ABF est nécessaire .Ils sont trop isolés dans leur département ,et se heurtent aux intérêts des élus ou des aménageurs de toutes espèces peu scrupuleux ,par exemple les promoteurs éoliens . Mais il faudrait également soutenir les chargés des paysages au sein des DREAL .Ils vivent les mêmes solitudes .
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  • - Le

    « faire évoluer le rôle des Architectes des bâtiments de France (ABF) »

    Pour « faire évoluer le rôle des Architectes des bâtiments de France (ABF) », ils faudrait déjà qu’ils acceptent de recevoir quand on sollicite un RDV. Pour « accelerer l’acceptation des projets », il suffit de leur retirer le délai supplémentaire dans l’instruction des demande de PC. Et HOP, 2 mois de gagnés !!!!
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