Entreprises de BTP

La reprise se confirme dans l’artisanat du bâtiment

Mots clés : Artisanat - Entreprise du BTP

Dans le sillage des trimestres précédents, l’activité progresse de 1,5% en volume sur les trois premiers mois de 2017, dévoile au Moniteur Patrick Liébus, le président de la Capeb. Le neuf reste la locomotive (+2,5%), tandis que l’entretien-rénovation confirme avoir pris le wagon de la reprise (+1%). L’état des trésoreries, en revanche, inquiète toujours.

Le léger vent de la reprise continue de souffler sur l’artisanat du bâtiment. Après quatre années de récession, l’activité avait repris de la vigueur en 2016, avec une croissance trimestrielle moyenne de 1,5% en volume. Un rythme qui se confirme sur les premiers mois de l’année, selon les chiffres que la Capeb va dévoiler ce vendredi 14 avril. « Nous enregistrons une nouvelle progression de 1,5 % en volume au premier trimestre 2017 », annonce au Moniteur Patrick Liébus, le président de la Capeb.

La hausse de l’activité est notamment portée par la construction neuve, qui enregistre un bond de 2,5 %, toujours en volume. L’activité d’entretien-rénovation reste en retrait mais progresse de + 1 %, grâce en partie au dynamisme de l’activité des travaux d’amélioration de performance énergétique (+ 2 %).« C’est en partie le fruit des mesures gouvernementales, commente le président de la Capeb. Cela aura pris du temps. Il fallait attendre que les mesures, notamment la TVA à 5,5%, produisent leurs effets et que la conjoncture s’améliore enfin ».

Cette progression est visible dans l’ensemble des métiers, même si la couverture-plomberie-chauffage (notamment le chauffage, suite à un hiver rigoureux) et les électriciens (qui n’ont été que peu perturbés par les intempéries) bénéficient des plus fortes progressions, à 2 % chacun.

 

Des disparités régionales

 

La progression globale du volume d’activité cache des disparités selon les régions : la Bretagne, la Nouvelle Aquitaine et les Pays de la Loire sont en grande forme, avec des hausses respectives de 3 % ; 3 % et 3,5 % tandis que l’activité stagne dans les Hauts-de-France (0 %) et pioche en Bourgogne-Franche-Comté (-0,5 %). « Le Grand Ouest est beaucoup plus porteur. L’effet Grande région a peut-être eu un impact. Ce sont en effet les régions qui n’ont pas fusionné qui notent une plus grande progression  », analyse Patrick Liébus.  

 

Le nombre de logements et les prix sont en hausse


A la fin du mois de février 2017, le nombre de logements commencés s’établit à 387 000 (en cumul sur douze mois), soit une hausse de 13 % par rapport à la même période de l’année précédente (de mars 2015 à février 2016). Cela s’explique notamment par le sprint de la construction de logements collectifs (+ 16,7 %). En février 2017, le nombre de permis de construire déposés sur douze mois cumulés s’établit à 463 400 (+ 14,4 %).

Quant aux prix, ils s’affichent eux aussi en hausse : + 0,9 % au 4e trimestre 2016 (par rapport au même trimestre l’année précédente). En parallèle, les coûts gonflent de 1,5 % sur la même période. L’augmentation globale des prix se constate sur tous les types de travaux. Elle est essentiellement due à la hausse constatée des prix des travaux de menuiserie métallique et serrurerie (+ 3 %), de plâtrerie (+1,7 %) et d’électricité (+1,6 %).

 

Des besoins de trésorerie toujours importants

 

La conjoncture positive a redonné de la visibilité aux entreprises. Le carnet de commandes s’établit à 86 jours au début avril 2017, soit 10 jours de plus qu’un an auparavant. Résultat, le moral des entrepreneurs est lui aussi à la hausse : au premier semestre 2017, le solde d’opinion des entreprises de l’artisanat du bâtiment est positif pour la deuxième fois consécutive, à + 7, soit 22 points de plus que sa moyenne de long terme (-15).

Les bonnes nouvelles s’arrêtent là. Car les besoins de trésorerie sont toujours importants : ils sont en partie dûs à la reprise de l’activité. Ils s’établissent à 20 000 € en moyenne début avril 2017, soit le même montant qu’à la même période l’année précédente, mais à 4000 € de plus qu’en janvier 2017. « Les artisans ont des besoins de trésorerie que ce soit pour l’achat de matériaux, d’équipement ou l’investissement en machines ou véhicules. 20 000 euros, ce n’est pas rien, diagnostique Patrick Liébus. Mais les banques restent frileuses en ne prenant pas en compte les carnets de commande dans leurs analyses. Nous leur avons rappelé la nécessité d’investir et de soutenir l’activité. D’autant que les délais de paiement représentent une contrainte de plus. Si les collectivités et les marchés publics ont fait des efforts en termes de délais de paiement, la difficulté est toute autre auprès des particuliers. Nous n’avons aucun levier. Il faudrait adopter un texte imposant une pénalité financière », propose le président de la Capeb.

 

Besoin de salariés dans l’artisanat


Si l’emploi salarié dans le BTP a baissé de 0,8% sur un an (1 305 900 employés au 4e trimestre 2016), le contraire se produit dans l’artisanat du bâtiment. Au 1er trimestre 2017, l’emploi est en hausse de 0,1% (soit 688 370 salariés au total). « Nous avons besoin de 15 à 20 000 emplois supplémentaire. Le fait des départs en retraite non remplacés depuis la crise de 2008 et au redémarrage de l’activité ».

Un besoin compensé en partie par l’intérim qui a augmenté de 13% ce premier trimestre (110 676 intérimaires). Le taux de recours à l’intérim (poids de l’emploi intérimaire dans l’emploi salarié total) s’établit à 7,8 %. Pour Patrick Liébus, il est important de revaloriser les métiers du bâtiment et de favoriser l’apprentissage : « 77% de l’apprentissage sont le fait des entreprises du BTP ».

La reprise est donc de mise dans le BTP. Le président de la Capeb pourra ouvrir avec le sourire les journées de la construction, qui se tiendront à Strasbourg du 19 au 21 avril.  « Je pourrai enfin annoncer une reprise de l’activité et des chiffres positifs, même si ceux-ci sont encore trop timides. Aujourd’hui, nous refaisons surface, l’horizon s’éclaircit. A nous, artisans, d’être plus performants », conclut-il.

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