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La régulation automatique de la lumière dans les bureaux : efficace pour les économies d’énergie, moins pour le portefeuille

Mots clés : Industriels du BTP

Les sociétés Philips Lighting, Somfy et Serge Ferrari ont équipé en septembre 2014 un immeuble tertiaire lillois d’un système de contrôle automatique de l’intensité lumineuse. Les trois entreprises ont annoncé le 9 juin dernier les résultats de cette expérience.

Il est parfois bien difficile d’évaluer les vertus des automatismes dans le bâtiment. Pour fournir des chiffres à leurs potentiels clients, les entreprises Philips Lighting, Somfy et Serge Ferrari ont décidé d’équiper un bâtiment tertiaire avec leurs produits et de confier le relevé des résultats au bureau d’études IES. Le groupe de construction Rabot Dutilleul a accepté de jouer les cobayes. Depuis septembre 2014, la société héberge donc un système de pilotage des stores et de l’éclairage dans l’un des trois étages qu’elle loue dans l’immeuble Onix, à Lille. Le trio d’industriels a publié le 9 juin un bilan de cette expérimentation sous forme d’un livre blanc.

En 2010, Philips Lighting et Somfy ont décidé de s’associer pour proposer une offre commune de contrôle de la lumière destinée aux bureaux, baptisée « Light balancing ». Elle se compose d’une chaine complète d’automatisme, des capteurs jusqu’au logiciel, qui agit à la fois sur l’intensité de l’éclairage artificiel et l’abaissement des stores pour maintenir un niveau de luminosité constant dans chaque pièce. Chaque firme y apporte sa spécialité : la régulation des luminaires pour Phillips, et la gestion des protections solaires pour Somfy.

 

De la chainette au moteur automatique

 

Durant l’été 2013, le duo d’industriels contacte Rabot Dutilleul. Ils recherchent un site français pour essayer leur dispositif. « Nous avons l’habitude de tester des innovations chez nos clients, mais aucun bâtiment n’était adapté à l’époque. Le siège de notre branche construction, à Wasquehal (Nord), ne convenait pas non plus. Nous l’avons donc finalement installé dans nos locaux lillois », explique Rodolphe Deborre, directeur du développement durable du groupe. Le constructeur de membranes composites souples Sergio Ferrari se joint aussi au projet. Il apporte un nouveau matériau pour les écrans des stores, le Soltis 99 low emission. Selon le fabricant, ce substitut à la toile réduit grandement les échanges thermiques avec l’extérieur.

En matière de protection solaire et d’éclairage, l’immeuble Onix, livré en 2011, s’avère plutôt spartiate. Des lampes fluorescentes sans variateur font office de sources lumineuses, et les fenêtres sont équipées de stores intérieurs manuels à chainette. Le second étage, théâtre de l’expérimentation, a donc connu une petite révolution technique. En septembre 2014, les stores ont été remplacés par des modèles motorisés dotés d’écrans Soltis 99. Les luminaires se sont vus dotés de capteurs de présence et d’intensité lumineuse, ainsi que d’actionneurs de gradation. Une station météo a été ajoutée sur le toit. Le tout communique avec une nouvelle supervision informatique par le biais des bus KNX déjà présents dans l’édifice. « Le site possédait déjà une gestion technique du bâtiment conçu par Schneider Electric. Toutefois, nous ne pouvions pas y intégrer notre système », précise Christelle Granier, responsable des alliances et des partenariats de Somfy.

Si un bureau est vide, la lumière s’éteint, et la supervision lève les stores en hiver afin d’augmenter les apports thermiques du soleil. En revanche, en été, elle les baissera pour réduire les transferts de chaleur. Dans le cas où le bureau est occupé, le logiciel détermine la position des protections en fonction de la température et des besoins en lumière des locaux. Il règle ensuite l’intensité de l’éclairage artificiel afin d’atteindre la consigne fixée par les usagers. « Ces arbitrages entre le confort thermique et visuel amènent parfois à des situations surprenantes, remarque Rodolphe Deborre. Un midi, nous avons vu les stores se baisser et les luminaires s’allumer. Le procédé doit donc s’accompagner de beaucoup de pédagogie. » Les occupants mécontents peuvent reprendre la main sur l’installation au moyen d’une télécommande radio ou d’un bouton filaire.

 

Encore un peu onéreux pour la France

 

Le bureau d’études IES a suivi les consommations du second étage pendant un an, de septembre 2014 à septembre 2015, et les a comparées à celle du troisième étage, laissé dans l’état d’origine. Pendant cette période, l’espace doté d’un pilotage automatique de la lumière a consommé 29 % moins d’énergie que son homologue, à 78,04 kWhEP/m².an contre 108,27  kWhEP/m².an. Ces économies proviennent en majeure partie de l’éclairage, qui a mobilisé 54 % moins d’électricité. Les consommations électriques de la climatisation, de la ventilation et du chauffage étaient également 10 % moindres. C’est le résultat d’un usage réduit de la climatisation en été, grâce aux protections solaires.

Toutefois, d’un point de vue pécuniaire, l’impact sur la facture se révèle assez minime, de l’ordre de 2 euros/m².an, alors que les prix de l’offre « Light balancing » varient entre 20 à 60 euros/m². « Il y a néanmoins une réelle amélioration au niveau du confort thermique et visuel des occupants », observe Christelle Granier. En effet, l’amplitude thermique du second étage s’élève à 2,3 °C, contre 3,4 °C au troisième. En outre, l’amplitude des variations d’intensité lumineuse atteint en moyenne 600 lux dans la zone équipée. Dans les bureaux sans stores automatiques, elle est multipliée par trois. Reste à savoir si ces arguments pourront convaincre des propriétaires.

 

 

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