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La région PACA rattrape son retard en matière d’énergie éolienne

Malgré son fort potentiel éolien, la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur a tardé à se mettre à cette énergie propre mais commence à inverser la tendance avec une première ferme de 25 éoliennes à Port-Saint-Louis-du-Rhône.

Cette nouvelle installation, placée sur les bords du canal du Rhône et d’une puissance actuelle de 21,25 mégawatts, place la région PACA à la 8e position des régions françaises, loin derrière le Languedoc-Roussillon (116,58 MW), selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME).
A terme, c’est-à-dire en 2006, ce premier parc éolien provençal comptera 30 MW issus de 37 machines de 75 m de hauteur, alignées sur 5,5 km pour prendre mistral et vent du sud, précise Dominique Schmerber, de Mistral Energie, le groupement d’intérêt économique maître d’ouvrage et gestionnaire du site.
« On est très en retard sur la région », déplore Jean-Pierre Harinck, ingénieur à l’ADEME, qui pointe des « attitudes diverses » parmi les élus tant locaux que régionaux. La plupart « n’ont pas pris position sur l’éolien » et a fortiori sur des « objectifs chiffrés clairs », ajoute M. Harinck.

Une visite de sensibilisation est d’ailleurs prévue en octobre avec des élus de tous les échelons sur ce nouveau site, qui a vu le jour grâce à la volonté du maire de Port-Saint-Louis, Philippe Caizergues (sans étiquette).
« L’éolien ? On a commencé à en parler en 1992 mais à l’époque l’administration freinait. On a mis dix ans à trouver un porteur de projet, après l’appel d’offre lancé par le Port autonome de Marseille (PAM), propriétaire du terrain », raconte M. Caizergues.
Au total, c’est une bonne opération pour tout le monde. Les 8.300 habitants de la commune hôtesse ainsi que leurs 15.000 voisins de Fos-sur-mer et des entreprises de la zone industrielle sont alimentés par cette énergie propre.

De son côté, le GIE, qui a investi 22 millions d’euros avec le concours d’un fonds d’investissement danois (Difko Wind) et des prêts bancaires contractés auprès de Natexis/Oseo, compte sur un amortissement en 12 ans.
Quant au PAM, il valorise avantageusement une parcelle de ses 10.000 ha et entame concrètement « le virage éolien qu’il ne voulait pas manquer », selon Michel Peronnet, directeur des projets industriels et énergies.
Le parc actuel représente la première pierre du projet « Opale » du PAM « qui vise 100 MW éoliens sur la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-mer » d’ici fin 2007 ou début 2008, détaille M. Peronnet.

De nombreux projets sont à l’étude, dont un projet d’EDF Energies Nouvelles, preuve du ralliement de l’entreprise publique, au départ réticente.
Cela dit, une partie du retard de l’implantation des grandes dames blanches dans le paysage tient aussi à des contraintes spécifiques, nuance l’ADEME.

La région PACA compte de nombreuses zones écologiques protégées et des sites très ventés, idéals pours des éoliennes mais… très touristiques à l’image de la montagne de la Sainte-Victoire.
De plus, des zones à « important gisement éolien » pâtissent de « servitudes aéronautiques », c’est-à-dire de l’impossibilité d’installer des « obstacles » de plus d’une hauteur donnée en raison des aéroports de Marignane et d’Avignon, des bases aériennes militaires d’Istres et d’Orange et de la zone d’entraînement des pilotes de Salon-de-Provence, selon M. Harinck.

Sophie LAUTIER

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