Réalisations

La reconstruction du campus du Mirail à Toulouse avance à grands pas

Mots clés : Administrations, banques, bureaux ouverts au public - Etat et collectivités locales - Rénovation d'ouvrage

Ce mardi 3 mai, devaient être officiellement inaugurés deux nouveaux bâtiments et six amphithéâtres communs à tout le campus reconstruits dans le cadre d’un schéma global. La crainte de débordements dans le contexte de discussion du projet de loi El Khomri a conduit la préfecture à reporter la manifestation. Cela n’a pas empêché enseignants et étudiants de prendre possession des nouveaux locaux. L’intégralité de la reconstruction sera achevée à la fin de l’année.

Les étudiants de l’université de sciences humaines et sociales Toulouse Jean-Jaurès n’ont pas failli à leur réputation. Au cœur de la contestation au projet de loi «travail», ils ont empêché, ce mardi 3 mai, l’inauguration de deux nouveaux bâtiments et des six amphithéâtres communs à tout le campus reconstruits dans le cadre d’un schéma global validé en 2000. Plus exactement, par crainte de voir la fête gâchée, le préfet de région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Pascal Mailhos, a préféré reporter l’inauguration.

L’information est tombée le matin par la voie d’un communiqué envoyé par le président de l’université Jean-Michel Minovez. A la veille d’élections, l’universitaire, qui a conduit le projet de reconstruction du campus conçu par l’équipe d’architectes Candilis-Josic-Wood, laisse le soin à son successeur de «trouver une nouvelle date pour ce moment à forte valeur symbolique permettant de mettre en exergue un projet de restructuration universitaire unique dans le paysage français de l’enseignement supérieur et de la recherche».

 

Esprit des concepteurs

 

Unique, l’opération l’est à plusieurs titres. Déjà, elle consiste à reconstruire intégralement un site universitaire en gardant l’esprit de ses concepteurs par la reprise de la trame orthogonale permettant une modularité et une évolution dans le temps. A également été conservé le principe de patios paysagers entre les bâtiments, qui garderont la faible hauteur originelle, R+2 au maximum.

Ensuite, ce sera la fin d’un projet au long cours. Livrés entre 1969 et 1972, les bâtiments d’origine présentaient de nombreuses malfaçons. En outre, l’espace a très vite manqué. Conçu pour accueillir 10 000 étudiants, le campus en a accueilli près de 28 000 à la dernière rentrée. Dès les années 1990, un plan d’urgence et les contrats de projets Etat-région successifs financent la reconstruction de premiers bâtiments (UFR Histoire, Arts et Archéologie, bâtiments pétales pour la pédagogie, bibliothèque universitaire centrale, etc.).

 

200 m de long sur trois niveaux

 

Par ailleurs, l’université a eu recours à plusieurs modes de dévolution de marchés. Ainsi, la troisième et dernière tranche de travaux est réalisée dans le cadre d’un contrat de partenariat public-privé (PPP) signé avec la société Miralis (Vinci construction France, DIF et Vinci Facilities) qui a confié au groupement de maîtrise d’œuvre Valode et Pistre/Cardete Huet la conception d’un ensemble comprenant 60 000 m2 de surface de plancher (soit trois unités de formation et de recherche, près de 1 200 m2 de salles de sport, plus de 1 000 m2 d’espaces de foyers et d’exposition, etc.), et plus de 90 000 m2 d’aménagements extérieurs. Les architectes ont choisi de regrouper dans un même bâtiment (200 m de long sur trois niveaux) les trois unités de formation et de recherche (UFR) comprenant les salles de cours, les bureaux d’enseignement et le centre de ressources.

Dans le cadre du PPP, ont été livrés deux premiers bâtiments: l’extension de la maison de la recherche et le bâtiment Olympe-de-Gouges (UFR Sciences, espaces, sociétés; UFR Histoire, arts et archéologie) qui devait être inauguré ce 3 mai.

 

Clarté et lumière

 

L’UFR de Psychologie ou bâtiment Philippe-Malrieu (Espagno & Milani Architectes, concepteurs) qui devait être inauguré ce même jour, a, lui, été réalisé sous loi MOP et sous la maîtrise d’ouvrage du conseil régional Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, avec des financements du contrat de plan État-région (CPER) et du projet Toulouse Campus. Réparti sur 8 000 m2 avec une capacité d’accueil de près de 3 000 étudiants et 173 personnels de l’université, il comprend 60 salles de cours, un amphithéâtre de 120 places, des bureaux pour les enseignants-chercheurs et le personnel administratif, un foyer étudiant, un centre de ressources documentaires, une cafétéria. Dans le respect de l’esprit des concepteurs, les architectes ont conservé une partie de l’ossature métallique originelle, la hauteur du bâtiment ancien, ainsi que l’emprise des patios existants dans un jeu de relations entre l’intérieur et l’extérieur. Par ailleurs, ils ont créé une rue intérieure qui innerve tout le bâtiment. Clarté et lumière, ainsi que la performance énergétique les ont guidés.

Six amphithéâtres abrités dans quatre boîtes, également conçus par Espagno & Milani Architectes et réalisés dans le cadre du CPER, font le lien entre la partie du PPP et l’UFR de Psychologie. Ils sont habillés d’une résille ajourée qui tamise la lumière naturelle.

 

Fiche technique

Contrat PPP

Maîtrise d’ouvrage: société Miralis (groupe Vinci construction), associé au fonds d’investissement DIF;

Maîtrise d’œuvre: Valode et Pistre, associé à Cardete Huet et BDSP Partnership (développement durable);

Surface: 60 000 m2 de surface de plancher, plus de 90 000 m2 d’aménagements extérieurs.

 

UFR de Psychologie et les six amphithéâtres

Maîtrise d’ouvrage: région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées

Maîtrise d’ouvrage déléguée: Cogemip, Oppidea

Maîtrise d’œuvre: Espagno & Milani Architectes; TPS (BET structure); F4 Ingénierie (environnement); JM Sagols (paysagiste); Grandmougin Conseils (acoustique)

Chantier conduit en lots séparés

Principales entreprises: Bourdarios, Assalit (curage, désamiantage); GCC, Camar 66 (charpentes); CDS (étanchéité); ITE Sud-Ouest (couverture, bardage); Sylvéa (façades minérales, menuiseries intérieures); SA Carré (serrurerie); Realco (menuiseries extérieures); ETP (cloisons, doublages); Massoutier (faux plafonds); 3AS (sols durs); Rey Sol Confort (sols souples); PB Entreprise (peinture); Fontanié (électricité); Cofely Axima (plomberie); Concept D (mobilier amphi); Pinson Paysage (espaces verts)

Surface: 10 000 m2 Shon (avec amphithéâtres associés).

Coût: 35,7 millions d’euros TDC, financés à hauteur de 22,6 millions d’euros par la région Midi-Pyrénées et de 13,1 millions d’euros par l’Etat.

 

Focus

Les chiffres clés de la reconstruction

23 hectares réaménagés entièrement d’ici à fin 2016;

94 000 m2 de bâtiments rénovés et reconstruits sur un total de 130 000 m2 intérieurs contre 109 000 m2 au départ;

1 100 places de parkings;

202 millions d’euros de dotation de l’Etat pour la reconstruction du campus et une enveloppe à peu près équivalente pour le gros entretien et la maintenance pendant 27 ans, dans le cadre du PPP;

150 millions d’euros au titre de trois CPER successifs: 1994-1999, 2000-2006, 2007-2013.

 

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