Environnement

«La question de la raréfaction de l’eau se pose dans le Sud-Ouest plus qu’ailleurs en France»

Mots clés : Qualité de l'eau - eau potable

Territoire en France qui risque d’être le plus impacté par le réchauffement climatique, le Sud-Ouest va être ausculté par des élus, scientifiques et autres experts lors du colloque «Eau et changements globaux. Quels choix pour le grand Sud-Ouest ?», organisé le 28 novembre à Bordeaux par l’agence de l’eau Adour-Garonne. A travers cette manifestation, l’agence veut donner aux élus et autres acteurs des outils pour prendre les mesures qui s’imposent. Cet exercice est le prolongement d’une étude prospective sur la Garonne et ses sous-bassins en 2050.

Françoise Goulard, experte en prospective, en charge de l’innovation et du conseil scientifique de l’agence de l’eau Adour-Garonne, explique les enjeux.



Quel est l’objectif du colloque ?


Françoise Goulard: Le réchauffement climatique, mais plus largement les changements globaux, risque d’accentuer le déséquilibre entre les besoins en eau et les ressources disponibles. La problématique énergétique a des impacts directs et indirects sur la ressource en eau, tout comme la problématique agricole et l’évolution démographique. L’objectif du colloque est donc double. Il s’agit de partager les connaissances disponibles avec tous les usagers de l’eau et les décideurs du Sud-Ouest. Ensuite, il s’agit de préparer l’avenir en ouvrant le débat entre chercheurs, experts et les acteurs locaux pour imaginer les adaptations possibles et indispensables à notre futur cadre de vie en matière d’agriculture, d’énergie, d’urbanisme, etc. Pour donner de la hauteur au débat, nous avons convié un grand témoin. Bruno Latour, directeur scientifique de l’institut d’études politiques de Paris, par ailleurs sociologue, anthropologue et philosophe, questionnera les intervenants sur leur capacité à faire des choix en connaissance de cause.

 


Pourquoi un colloque axé sur le Sud-Ouest?


F. G.: La question de la raréfaction de l’eau se pose dans le Sud-Ouest plus qu’ailleurs en France. De l’autre côté, c’est un territoire attractif avec 1,4 million d’habitants supplémentaires attendus d’ici à 2040. Si rien n’est fait sur un territoire avec 10 % des terres irriguées, les tensions sur la ressource vont s’exacerber encore entre les différents usagers. A l’horizon 2050, la température annuelle moyenne de l’air devrait augmenter de 1,5° à 2,8°. Le réchauffement climatique a déjà commencé. Les conséquences attendues sont les suivantes: légère baisse des pluies, forte réduction des neiges, étiages à la fois plus précoces, plus sévères et plus longs. D’importantes incertitudes pèsent sur la recharge des nappes phréatiques, avec une diminution de 30 à 55 % suivant les territoires. La tendance est plus marquée en Charente qu’au nord de l’Aquitaine. L’été 2003 ne sera plus une canicule exceptionnelle en 2050 mais une situation moyenne.

 


Quelles sont les pistes d’action ?


F. G.: Il existe des solutions peu coûteuses qui peuvent être adoptées dès maintenant: ne pas gaspiller l’eau potable, ne pas arroser son jardin, ou bien encore limiter les pollutions. On a tout intérêt à avoir une nature vaillante, en bon état, qui aura la capacité à s’adapter aux contraintes. Il existe d’autres solutions plus structurelles sur le mode de production et de consommation. En matière d’énergie, il faut se poser la question de l’utilisation des réserves hydroélectriques. Enfin, en termes d’urbanisme, les solutions sont connues. Il faut penser eau et énergie ensemble, donner une place aux espaces verts pour lutter contre les îlots de chaleur, etc. Il faut innover aussi. Cela peut être la réutilisation des eaux traitées à l’échelle d’un écoquartier, des prototypes de pilote pour faire des économies en agriculture.
Ce qui est sûr, tout le monde, chacun à son échelle, devra faire des efforts. D’ailleurs, nous allons lancer une étude pour évaluer le coût de l’inaction.

Téléchargez le programme du colloque «Eau et changements globaux. Quels choix pour le grand Sud-Ouest?» .

 

En savoir plus

L’agence de l’eau Adour-Garonne, établissement public, est chargée de mettre en œuvre les orientations de la politique publique de l’eau sur un bassin hydrographique qui couvre 1/5e du territoire national dans le grand Sud-Ouest. La mission essentielle de l’Agence vise à préserver et à gérer au mieux les ressources en eau des bassins de l’Adour, de la Garonne, de la Dordogne et de la Charente. Le bassin Adour-Garonne offre une grande diversité de richesses naturelles: deux châteaux d’eau naturels, les Pyrénées et le Massif central, 120 000 km de cours d’eau, des ressources souterraines importantes et une frange littorale de 420 km.

 

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