Performance énergétique

La pompe à chaleur à absorption gaz encore cantonnée au collectif

Mots clés : Chauffage - froid - Gaz - Matériel - Equipement de chantier

Le centre d’information technique Cegibat organisait le 19 mars une réunion-débat autour de la pompe à chaleur à absorption gaz. Un système pertinent pour certaines applications, mais qui souffre d’un manque de reconnaissance. 

Avec 550 unités vendues depuis 2009, la pompe à chaleur (PAC) à absorption gaz n’est pas la technologie de chauffage la plus populaire. Pourtant, dans certains cas, elle présente quelques avantages non négligeables. Le centre d’information technique Cegibat, une entité de GrDF, organisait une réunion-débat le 19 mars dernier pour soutenir ce procédé.

Le principe de fonctionnement d’une PAC à absorption gaz est similaire à un modèle électrique. Toutefois, le compresseur est remplacé par un brûleur au gaz. Celui-ci chauffe non pas un fluide frigorifique, mais un mélange d’eau et d’ammoniac. La machine s’appuie ainsi sur deux sources de chaleur : les calories prélevées sur une source froide classique (l’air, l’eau ou le sol), et les calories générées par la rencontre des deux fluides. Elle se combine avec une chaudière à combustion, pour couvrir les pointes de consommation.

 

Un cycle mouvementé

 

Chauffé par le brûleur, l’ammoniac du mélange va passer à l’état gazeux, et monter en pression. Ce dernier suit ensuite le cycle classique d’un système frigorifique. Il pénètre dans un condenseur, et échange ses calories avec le circuit de chauffage ou d’eau chaude sanitaire (ECS). Devenu liquide, le fluide traverse un détenteur puis un évaporateur. Grâce à la chaleur prélevée sur la source froide, il s’évapore de nouveau. L’ammoniac arrive enfin dans un absorbeur où il est de nouveau mélangé à de l’eau. Cette réaction exothermique crée de la chaleur qui alimente également le réseau de chauffage. Enfin, le mélange liquide d’eau et d’ammoniac revient au niveau du brûleur. Un nouveau cycle peut alors débuter.

L’absence de compresseur apparaît comme l’avantage majeur du dispositif. En effet, il comporte des pièces mobiles exposées à une usure prématurée. En cas de basse température, la PAC à absorption gaz peut se dégivrer toute seule, sans recours à une inversion de cycle. En général, son rendement atteint 150 % du pouvoir calorifique inférieur, contre 105 à 110 % pour une chaudière à condensation gaz.

 

Une gamme trop réduite

 

Cependant, le système pâtit d’une offre limitée. Seulement trois constructeurs proposent un tel produit en France : Bosch, De Dietrich-Thermique, et France Air. Seuls des modules d’une puissance d’environ 40 kW sont disponibles. « À moins de posséder un château, elle n’est pas adaptée pour une maison individuelle », observe Robert Récolet, directeur des ventes pour la France de De Dietrich-Thermique. La PAC à absorption gaz reste donc aujourd’hui confiner au marché des petits bâtiments collectifs et tertiaires.

En outre, les températures de retour du circuit de chauffage exigent une attention particulière, sous peine de performance médiocre. «  En cas de mauvais réglages initiaux, le rendement chute. Une période d’ajustement est parfois nécessaire », note David Roget, responsable commerciale d’Idex Énergies pour la Normandie.

Pour éviter des contre-performances, et encourager cette nouvelle filière, GrDF a monté Effilience. Ce réseau rassemble des bureaux d’études, des entreprises de génie climatique, et des maîtres d’ouvrage intéressés par cette technologie. 

 

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