Chantiers

La plus haute tour en bois du monde est en Norvège

Mots clés :

Bois

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Couverture - Charpente

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Produits et matériaux

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Technique de construction

La tour Treet de Bergen, en Norvège, détient le record mondial de hauteur des immeubles en bois avec ses 14 étages. Elle associe une structure poteaux-poutres en lamellé-collé à des modules tridimensionnels préfabriqués. Ses premiers habitants ont emménagé en décembre dernier.

Dans la langue norvégienne, « treet » signifie « arbre ». C’est aussi le nom de l’immeuble à structure bois le plus haut du monde, construit à Bergen, au sud-ouest de la Norvège. Cette tour de 14 étages abrite 62 logements livrés en décembre dernier.

Il aura fallu dix ans au promoteur BOB pour mener à bien ce projet. Ole Kleppe, chef de projet pour le maître d’ouvrage, se souvient que les premières études ont démarré en 2005. Les autorités locales se sont laissé convaincre de dépasser les 9 étages réglementaires et ont approuvé le projet en 2009, donnant le coup d’envoi aux études d’ingénierie réalisées par la société Sweco en appui à l’agence d’architecture Artec alors sans expérience dans le domaine de la construction bois.

« L’objectif était de faire appel au maximum à la préfabrication, pour réduire le nombre d’opérations sur site et la durée du chantier », résume Ole Kleppe. Le principe d’une structure en bois lamellé-collé abritant des modules 3D en bois entièrement équipés en atelier a ainsi été retenu. Selon sa surface, chaque appartement est constitué d’un ou deux modules d’environ 8 m x 5 m. Après un tour d’Europe à la recherche du fabricant de modules-appartements, c’est la société estonienne Kodumaja qui a été sélectionnée. Elle a livré ses modules par bateau jusqu’au pied du chantier, au fur et à mesure de l’avancement de la structure. Laquelle a été réalisée par l’entreprise Moelven, déjà auteur des structures en lamellé-collé pour les jeux olympiques de Lillehammer ou l’aéroport d’Oslo.  

 

Poutres en lamellé-collé et modules 3D

 

Les travaux ont commencé en mai 2014 avec la réalisation d’une centaine de pieux de fondation en acier et d’un niveau de sous-sol en béton, abritant les parkings. Puis, sur une base quasiment carrée de 21 x 23 m, les modules préfabriqués en bois ont été empilés sur le socle en béton, sur quatre niveaux. La structure verticale poteaux-poutres en bois lamellé-collé correspondant à ces quatre étages est ensuite venue enserrer les modules superposés. Un jeu de 25 mm est ménagé entre les modules des logements et la structure. Puis des tronçons de même hauteur de la gaine d’ascenseur et de la cage d’escalier, réalisés en panneaux de bois lamellé croisé (CLT), ont été levés à la grue et glissés à l’emplacement dédié. Pour fermer cette cage structurelle, des mégapoutres en bois lamellé-collé, d’une hauteur d’étage, surplombent le tout. Entre elles ont été placés de nouveaux modules tridimensionnels pour constituer le cinquième étage de la tour. Des dalles de béton préfabriquées de 20 cm d’épaisseur recouvrent l’ensemble. Destinées à supporter les quatre niveaux de modules suivants, elles apportent en outre de la masse à la structure et font office de toiture provisoire pendant le chantier.

Le principe de montage se répète ensuite à l’identique. Le dixième étage constitue, comme le cinquième, un étage de reprise qui supporte les derniers étages de la tour. Le dernier niveau est couvert d’une dalle de béton.

 

 

Pour compléter la structure, des volées d’escalier préfabriquées en CLT ont été intégrées dans leur gaine. Des balcons réalisés dans le même matériau sont venus habiller les façades sud et nord et ont été doublés d’un mur-rideau vitré qui les abrite des intempéries, ainsi que la structure apparente en lamellé-collé. Sur les pignons est et ouest, un bardage en acier doublé d’une isolation protège le bois des pluies abondantes (3 m de précipitation par an).

 

Sécurité incendie

 

Côté sécurité incendie, les concepteurs du projet ont  justifié par le calcul la résistance au feu du bâtiment pendant 90 minutes, pour la structure comme pour les modules 3D, sans ajout de plâtre. Toutes les pièces métalliques de connexion des poutres sont cachées au sein du bois et rendues inaccessible au feu par des joints intumescents. Des précautions supplémentaires ont été prises : une peinture intumescente fournie par le finlandais Teknos protège le bois des parties communes, un système de sprinklers est installé à tous les étages et les cages d’escalier sont mises en surpression. De quoi faire de cet immeuble « le plus sûr de Bergne vis-à-vis du feu », selon Ole Kleppe.

 

Un record à battre

 

Si la tour Treet est aujourd’hui le plus haut immeuble en bois du monde, elle ne détiendra pas ce record bien longtemps. Les projets se multiplient, de Vienne à Vancouver, en passant par Bordeaux où seront érigées deux tours en bois dépassant les 50 m de hauteur.

 

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