Energie

La petite Sibérie française se chauffera bientôt au bois

Mots clés : Bois

La petite commune de Mouthe (Doubs), connue pour être la plus froide de France, se chauffera au bois à partir du mois de septembre, reflétant ainsi l’intérêt de plus en plus marqué pour ce mode d’énergie à l’heure de la flambée des prix du fioul.

Actuellement en cours d’assemblage, la chaufferie à bois de Mouthe, d’une puissance de 1.6 mégawatt, devra à terme alimenter en chaleur une quinzaine de bâtiments dont l’hôpital local, la Poste, la mairie, le collège, quatre commerces et un lotissement de 14 HLM, indique-t-on à la mairie du village.
La chaleur, obtenue par la combustion de déchets de scierie, sera acheminée via 2 kilomètres de canalisations souterraines creusées durant l’hiver dernier. Deux chaudières au fioul seront néanmoins opérationnelles en cas de grand froid.

Niché au coeur du massif du Jura, à 937 mètres d’altitude, le village de Mouthe, parfois surnommé « La Sibérie française », est célèbre pour avoir connu la température la plus basse jamais enregistrée en France: -36,7°C le 13 janvier 1967. « Un climat vivifiant », à en croire l’office de tourisme de ce village de 1.000 habitants.
« Si on opte pour le chauffage à bois ici, voila la meilleure preuve qu’il s’agit d’un système efficace. On n’a pas le droit à l’erreur avec ces températures-là », relève Jean-Marie Saillard, le président de la communauté de commune de Mouthe, qui porte ce projet depuis dix ans.
« L’idée d’une chaudière à bois était depuis longtemps envisagée à Mouthe où l’industrie forestière est très forte. Elle s’est carrément imposée depuis l’explosion du prix du fioul », souligne Jean Mairet, adjoint au maire.
L’investissement de 2.1 millions d’euros, auquel l’Europe participe à hauteur de 30%, représente un surplus de 15% par rapport à la mise en place d’un système similaire au fioul, reconnaît Gilles Petite, secrétaire général de la communauté de commune de Mouthe.
« Mais, selon les estimations qui tablaient sur un baril de pétrole à 50 dollars, notre chaufferie à bois sera amortie au bout de sept ans. Maintenant que le baril avoisine les 74 dollars, c’est encore mieux », se réjouit M. Petite.
En outre, les promoteurs du projet mettent en avant « un plus pour l’environnement ». Selon leurs calculs, la chaufferie à bois de Mouthe rejettera dans l’air cent fois moins de C02 qu’une chaudière au fioul (87 tonnes par an contre 955).
« Le projet de Mouthe confirme une tendance lourde: le bois-énergie est à la mode depuis la flambée des prix du fioul. On croule sous la demande », s’enthousiasme Michel Cairey-remonnay, chargé de mission à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) en Franche-Comté.
« Nous avons gagné la guerre de l’image en expliquant qu’une chaudière à bois n’est pas une cheminée qu’il faut alimenter toutes les trois heures », poursuit M. Cairey-Remonnay, selon qui il reste encore à convaincre les entreprises « à la traîne du mouvement ».
Jérémy Tordjman (AFP)

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Avec 9,3 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep), la France est le premier pays consommateur de « bois-énergie » en Europe, devant la Suède (8,2 Mtep) et la Finlande (7,2 Mtep), selon l’Ademe.

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