Performance énergétique

La petite chaufferie biomasse de Saint-Denis dépote

Mots clés : Bois - Energie renouvelable - Gros oeuvre

Engie Réseaux a inauguré le 4 juillet une nouvelle centrale à bois à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Avec ce nouveau site, le réseau de chaleur de Plaine Commune Energie dépasse les 50 % d’énergies renouvelables.

Le bois poursuit sa conquête des réseaux de chaleur franciliens. Le 4 juillet, Engie Réseaux a inauguré la chaufferie biomasse de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Cette installation est raccordée aux 60 km de canalisation du chauffage urbain de Plaine Commune Energie. Ce dernier alimente 40 000 équivalents logements répartis entre quatre communes voisines : L’Ile-Saint-Denis, Pierrefitte-sur-Seine, Saint-Denis, et Stains.

Mis en service en octobre 2016, l’équipement complète celui de Stains, consommateur de plaquettes forestières depuis 2011. Ce duo porte à 56 % la part des énergies renouvelables dans la production de chaleur. Le reste provient pour 39 % de chaudières à gaz, implantées dans trois sites à Saint-Denis, et pour 5 % d’importations de vapeur depuis le réseau de Paris. Le budget de l’opération s’élève 40 millions d’euros dont 4,4 millions apporté par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et 2 millions par la Région Ile-de-France.

Coincées entre des immeuble et un terrain de football, les équipes d’Engie Réseaux disposaient de peu d’espace pour cette nouvelle chaufferie. « Nous avons donc opté pour une chaudière à lit fluidisé bouillonnant. Elle possède une puissance de 30 MW (26,5 MW utilisés par le réseau), mais reste très compacte, explique Yoann Martchenko, directeur du projet. Ce type de produit est en général employé pour des applications industrielles qui requièrent des puissances bien plus grandes. Toutefois, le constructeur finlandais Kpa Unicon proposait un modèle adapté à notre cahier des charges. » Entre 15 et 17 camions acheminent chaque jour la plaquette forestière nécessaire au fonctionnement de la centrale. Celle-ci brûle 38 000 tonnes de bois par an, soit 10 % de la consommation annuelle de la région en bois-énergie. Pour Joëlle Colosio, directrice de l’Ademe Ile-de-France, il reste néanmoins du combustible pour de nouveaux projets : « nous pouvons doubler la production de bois-énergie de notre territoire, à condition de mobiliser toutes nos forêts, y compris les parcelles privées. »

 

L’ambition du Campus Condorcet

 

Du côté du réseau de Plaine Commune Energie, les projets sont à l’extension. Ses parties prenantes privées et publiques désireraient un raccordement du futur Campus Condorcet, en construction dans la commune limitrophe d’Aubervilliers. « Nous attendons une réponse du ministère de tutelle. Cet établissement dédié aux sciences humaines et sociales rassemblera 18 000 personnes. Il est difficile d’imaginer qu’un site aussi prestigieux ne soit pas exemplaire dans le domaine de l’énergie », souligne Didier Paillard, président du Syndicat mixte des réseaux d’énergie calorifique (Smirec), l’entité publique propriétaire du réseau.

L’obtention des Jeux olympiques de 2024 représenterait aussi une opportunité de taille pour le chauffage urbain. Saint-Denis accueillerait en effet une partie du village olympique et un nouveau centre aquatique. Quoi qu’il en soit, Didier Paillard attend un appui de l’Etat dans ces démarches : « La participation de l’Ademe à la chaufferie de Saint-Denis était un signal fort. Nous espérons un soutien similaire dans ces extensions. »

 

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