Etat et collectivités

La nouvelle A28 Rouen-Alençon préfigure les futures autoroutes

Les 125 km du tronçon Rouen-Alençon de l’autoroute A28 ont été ouverts à la circulation jeudi 27 octobre. Tant au plan technique que financier cette opération – livrée avec près de deux mois d’avance et d’un seul bloc – est exemplaire.

Pour cette première journée d’exploitation, le concessionnaire Alis (voir encadré) attendait un trafic d’environ 6.400 véhicules. Pour l’heure, les automobilistes ne peuvent emprunter que la partie sud de l’autoroute. Plus précisément, 125 km entre Bourg-Achard (Eure) et Alençon réalisés dans le temps record de 47 mois, dont 28 pour les travaux proprement dits.

Une conception évolutive
Ces délais garantis étaient le point fort de l’offre d’Alis, selon son directeur général Xavier Rigo. Pour y répondre, « la mise en place d’une ingénierie intégrée et la mobilisation rapide d’équipes pluridisciplinaires a été essentielle », ajoute Dario d’Annunzio, P-DG d’Egis. Livré avec près de deux mois d’avance et d’un seul bloc, l’équipement est capital pour les déplacements nord-sud au plan européen. Il comprend deux ouvrages d’art majeurs (viaducs de la Risle et du Bec), 103 ponts, 5 diffuseurs, un échangeur (A 13), un nœud autoroutier (future A 88) et 6 aires de services ou repos. Coût total : 925 millions d’euros. « Parce que nous avions la totale maîtrise du projet, nous avons mis au point une autoroute évolutive, pensée pour l’exploitation : le profil en travers évolue le long du tracé, les deux grands ouvrages sont à 2×1 voies… »

Un montage financier innovant
En terme de montage financier aussi, le consortium Alis a innové. Retenu fin 2001 comme concessionnaire pour 62 ans après appel d’offres européen, il a apporté 78 millions d’euros de fonds propres et emprunté 490 millions, dont l’essentiel (460 millions) via une émission obligataire indexée sur l’inflation française. Un financement, salué par les spécialistes des partenariats public-privé et une première dans la zone euro. Le solde des 925 millions a été payé à parité par l’État et les collectivités locales traversées, quatre départements (Calvados, Eure, Orne, Seine-Maritime) et deux régions (Haute et Basse-Normandie) qui ont financé l’infrastructure à hauteur de 37,5 %.

Pour le Premier ministre qui a inauguré l’autoroute le 21 octobre dernier, Rouen-Alençon préfigure les autoroutes d’aménagement du territoire : «L’A28 montre l’exemple. L’argent public mobilisé pour développer de nouvelles infrastructures, routières mais aussi ferroviaires, doit devenir un levier pour encourager les financements privés».
Ne manque plus à l’A28 qu’un tronçon Tours-Ecommoy, que Cofiroute prévoit de mettre en service avant la fin de l’année. L’A28 reliera alors Rouen, Alençon, Le Mans et Tours. La liaison Calais-Bayonne ne sera achevée qu’après la réalisation du contournement de Rouen, entre les deux sections de l’A28 de part et d’autre de la capitale normande, qui fait l’objet d’un débat public dont la clôture est prévu le 9 novembre prochain.


Richard Goasguen et Julien Beideler

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