Construction Numérique

La maquette numérique, avatar virtuel du bâtiment

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Apprentissages

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Information - communication - événementiel

La cinquième édition du BIM’s Day organisé par Mediaconstruct, branche française de Building Smart international, s’est tenue mercredi 18 juin à Paris. Afin de répondre aux demandes croissantes d’information sur la maquette numérique, l’accent a été mis sur les cas concrets et les retours d’expérience des praticiens du BIM. La formation et la diffusion des connaissances font également partie des priorités.

Pour cette cinquième édition du BIM’s Day organisé par Mediaconstruct à Paris, plus de 200 participants avaient fait le déplacement. La maquette numérique, aussi appelée BIM ou « Bâtiment et information modélisés », intéresse tout le monde a rappelé Patrick Duchâteau, de la Fédération française du bâtiment (FFB). « Ces dernières semaines, nous avons reçu une dizaine de demandes de formation et d’information sur le BIM émanant de fédérations régionales et de syndicats », témoigne-t-il. La fédération de Basse-Normandie teste d’ailleurs en ce moment avec quelques PME locales le logiciel BIMétré. « Un système qui leur permet d’extraire dans leur logiciels métiers des informations issues de maquettes numériques », précise Alain Maury, président d’honneur de Mediaconstruct. «L’entreprise peut récupérer les métrés à partir d’une maquette numérique et ainsi gagner du temps en particulier dans les ressaisies», ajoute Sylvain Tessier, économiste du cabinet Echos.

Le gain de temps et l’amélioration de la productivité est aussi ce qui a séduit Anne Manier, de l’entreprise générale Isore Bâtiment : « La productivité de notre bureau d’études intégré a déjà augmenté alors que nous venons de passer au BIM il y a deux semaines. Nous voyons le gain de temps par rapport à l’économie des ressaisies que nous réalisons encore sur les projets pour lesquels nous n’utilisons pas encore le BIM », indique la responsable, qui précise qu’Isore Bâtiment a choisi de ne pas passer toute l’équipe au BIM en même temps, mais d’avancer par étapes. « Grâce au BIM, nous pouvons présenter aux clients un véritable avatar de leur bâtiment », poursuit-elle. A terme, elle espère également que les dossiers des ouvrages exécutés (DOE) ne resteront plus dans les cartons, mais pourront aussi être utilisés par les maîtres d’ouvrages pour l’exploitation et la maintenance de leurs biens.

 

Création de valeur pour les bâtiments en BIM

 

Pour Franck Hovorka de la Caisse des Dépôts, la valeur du BIM se trouve également dans la gestion de patrimoine. «Un système fiable qui donne une information précise sur le bâtiment va contribuer à donner de la valeur au bien. A l’inverse, un immeuble pour lequel on ne dispose pas de ces informations va perdre de la valeur. »

Situés en amont des entreprises, les maîtres d’œuvres, en particulier les architectes, arrivent également à gagner de l’argent grâce au BIM. Comme l’a indiqué Thibault Robert, architecte fondateur de l’agence L-ba, le BIM a justement permis des économies et plus de précision lors de la préparation des chantiers et de leur déroulement. « A chaque fois, les projets n’ont pas dépassés 1,4 millions d’euros », a-t-il précisé.

 

Indispensable formation

 

Si le BIM intéresse de plus en plus de professionnels, il est nécessaire que la formation à ses méthodes se mette en place également. A ce titre, Alain Jung, enseignant du lycée technique Schwilgué de l’académie de Strasbourg fait figure de précurseur. « Outre la réforme il y a 3 ans du bac STI2D dans lequel l’usage du BIM est obligatoire, nous avons mis en place un club BIM, auquel les élèves peuvent adhérer volontairement. Nous travaillons avec des maquettes données par les entreprises et nous passons beaucoup de temps à les nettoyer pour n’en conserver que les éléments qui nous intéressent. L’objet du club BIM est donc justement de créer une base de données fiable et utilisable pour les élèves. » La première étape consiste à numériser leur lycée, « un endroit qu’ils connaissent, pratiquent et dont ils vivent les défauts, la gestion des flux, etc. », avec tout d’abord la réalisation des levées du bâtiment. Ce club est ainsi l’occasion de pratiquer le BIM avec davantage de temps et de liberté par rapport aux programmes officiels. « C’est aussi un moyen de motiver les élèves qui ont entre 16 et 17 ans et d’attirer plus de jeunes, en particulier des filles, vers les enseignements technologiques. 

 

Focus

Les 48h du BIM en novembre prochain

Afin de participer à la diffusion du BIM auprès des étudiants, le cluster Eskal Eureka basé dans le Pays basque, organisera les 5, 6 et 7 novembre 2014 les 24 heures de l’innovation et les 48 heures du BIM. « L’objectif est de faire répondre des équipes pluridisciplinaires composées d’étudiants issus d’écoles d’architecture et d’ingénieurs, mais aussi d’écoles d’art, de finance, de marketing, etc… à des problématiques soumises par les entreprises », explique Ana Guevara du cluster Eskal Eureka. La compétition se déroulera en deux parties : les 24 heures de l’innovation en rénovation, avec des systèmes, matériaux, méthodes de mise en œuvre sur chantier… et les 48 heures du BIM, où, à partir de maquettes numériques en 3D ou d’états des lieux en 2D, il faudra proposer des projets de rénovation en BIM. La première étape, prévue pour se terminer le 31 juillet, consiste à récupérer des idées auprès des entreprises, pour les soumettre ensuite aux équipes de jeunes. Le concours bénéficie du soutien de l’Union Européenne. Plusieurs universités espagnoles et écoles françaises du sud-ouest ont d’ailleurs déjà répondu présentes à l’appel.

 

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