Logement

La maîtrise d’ouvrage publique et les bailleurs sociaux d’Ile-de-France s’engagent à construire en bois

Mots clés : Bois - Etat et collectivités locales

Jean-François Carenco, Préfet de la région d’Ile-de-France et Corinne Rufet, vice-présidente du Conseil régional en charge de l’environnement, ont signé mercredi 7 octobre avec près de  vingt collectivités et bailleurs sociaux d’Île-de-France, une charte « Bois construction publique exemplaire » par laquelle ces derniers s’engagent à valoriser le matériau bois dans la construction de bâtiments neufs ou en rénovation au cours des cinq prochaines années.

Lorsqu’il s’agit de dresser l’état des lieux de la filière bois en Ile-de-France et des avancées de la construction bois, le préfet de Région, Jean-François Carenco ne manie pas la langue de…bois justement.

Invité mercredi 7 octobre par Francîlbois, l’interprofession régionale Forêt Bois d’Ile-de-France, à signer avec les maîtres d’ouvrages publics et les bailleurs sociaux de la région (publics et privés) la charte « Bois construction publique exemplaire », le préfet n’a pas fait de détour : « Il faut dire que nous ne sommes pas très bons sur la gestion de la forêt et la construction bois. Aujourd’hui nous possédons les techniques pour construire. Nous sommes donc coupables de ne pas le faire. Il ne faut plus parler il faut agir. »

Et c’est là l’objectif de cette charte, par laquelle les signataires s’engagent à élaborer et réaliser au moins une construction neuve et une réhabilitation incorporant un volume de bois minimal défini au préalable (voir ci-dessous), durant les 5 années qui suivent leur engagement.

 

Focus

Trois niveaux d’exigence (exigeant, très exigeant et exemplaire) correspondant à différents volumes de bois à introduire dans la construction ou la réhabilitation ont été définis avec pour chaque niveau, un volume de bois global minimum à intégrer.

 

 

Pour la construction neuve, le bois devra être mis en œuvre dans au moins deux lots fonctionnels différents. Pour la réhabilitation, le maître d’ouvrage est libre de mettre le volume de bois indiqué dans un ou plusieurs lots.

 

 

 

 

 

 

 

Une démarche proactive qui pourrait bien s’avérer décisive pour le développement d’un mode constructif qui peine depuis trop longtemps à s’imposer (voir encadré) et dont Jean-François Carenco a souligné l’intérêt économique majeur et l’impact écologique décisif. « L’exploitation de la forêt pour le bois de construction, les chantiers de construction en bois ce sont des milliers d’emplois non-délocalisables à la clef ! Et la construction bois, ça coûte 15% moins cher que la construction classique ! Enfin alors qu’on s’apprête à accueillir la COP 21, l’usage du bois, matériau renouvelable et durable qui stocke le carbone, c’est un geste essentiel. »

 

Focus

Les signataires de la charte

Les partenaires suivants ont signé la charte :

Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie (ADEME)
Agence régionale de l’environnement et des nouvelles énergies d’Île-de-France (ARENE)
Comité national pour le développement du bois (CNDB)
Ekopolis – association 1901, pôle de ressources
Fédération nationale de communes forestières (FNCOFOR)
Institut technologique forêt – cellulose – bois construction – ameublement (FCBA)
AORIF – L’Union sociale pour l’habitat d’Île-de-France
Communauté d’agglomération Grand Paris Seine Ouest
Communauté d’agglomération Melun Val de Seine

Dans l’attente de prochaines délibérations, une déclaration d’intention a été signée par :

Ville de Paris
Conseil départemental Seine-et-Marne
Conseil départemental Val-de-Marne
Communauté d’agglomération Plaine Commune
Communauté d’agglomération Val d’Orge
Agence des Espaces Verts de la Région d’Île-de-France
Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse

D’autres structures ont d’ores et déjà manifesté leur intérêt pour la démarche :

Communauté d’agglomération Terres de France
Communauté d’Agglomération des 2 Rives de Seine (CA2RS)
Grand Paris Habitat – Groupe SNI
Parc naturel régional du Gâtinais français

 

 

A noter que la charte ne se limite pas à imposer le bois mais propose une conception globale. Des notions sur la qualité  architecturale, paysagère, environnementale et économique ainsi que sur l’économie de matière, l’usage d’autres matériaux biosourcés, à faible impact et en lien avec le confort, la santé et la qualité de l’air intérieur, devront être introduites. « Tous les acteurs qui s’engagent aujourd’hui peuvent un peu changer le monde » a conclu Jean-François Carenco.

 

Télécharger la charte

 

Focus

Imposer le bois dans la construction, pas si facile

De la loi sur l’air de décembre 1996 qui introduisait pour la première fois un seuil de bois dans la construction, à la loi de transition énergétique d’août 2015 qui prévoit au VI de son article 14 que « l’utilisation des matériaux biosourcés (…) est encouragée par les pouvoirs publics lors de la construction ou de la rénovation des bâtiments », cela fait près de 20 ans que les textes réglementaires et les plans d’action se succèdent pour dynamiser la filière bois et tenter d’imposer massivement le bois dans la construction. Sans vraiment de succès probants et avec même des échecs cuisants comme l’abrogation du décret du 15 mars 2010 qui imposait aux constructeurs d’incorporer une quantité importante de bois dans les bâtiments neufs.

Aujourd’hui, après la loi d’avenir de l’agriculture qui déclare d’intérêt général l’utilisation du bois dans la construction, la loi de transition énergétique donc et surtout le plan « Industries du bois » de la Nouvelle France industrielle qui doit (va ?) déclencher la construction d’immeubles de grande hauteur à ossature bois, la filière est à un tournant décisif.

 

Focus

"Stabiliser les politiques publiques afin de rassurer les donneurs d'ordres"

A l’occasion de la signature de la Charte « bois construction publique exemplaire », Corinne Rufet, vice-présidente en charge de l’environnement, de l’agriculture et de l’énergie à la région Ile-de-France a rappelé, mercredi 7 octobre 2015,  l’importance de la commande publique dans le soutien aux filières.

 

« Au-delà de la signature de la charte, il y a aussi un vrai travail de stabilité des politiques publiques à mettre en place afin de développer efficacement les filières autour de la forêt et du bois et de rassurer les donneurs d’ordres : un maître d’ouvrage ne s’engage pas s’il ne sait pas s’il dispose des bonnes certifications ou s’il va réussir à avoir son assurance dommage ouvrage à un prix correct.  

J’ai la conviction que si nous nous en donnons les moyens, c’est-à-dire avec une demande importante de part de la puissance publique, nous savons faire des choses intelligentes, peu coûteuses et durables. Surtout si nous disposons en plus de producteurs de bois en capacité de nous fournir les matériaux dont nous avons besoin.

A ce titre, nous avons une réelle problématique avec la surface forestière exploitable. La forêt francilienne est difficile à exploiter car elle est détenue par un très grand nombre de propriétaires : 148 000 personnes possèdent en moyenne 1,09 ha de forêt. C’est peu ! Il est donc nécessaire d’accompagner le développement de cette forêt et de sensibiliser les franciliens à son exploitation. C’est ainsi que nous pourrons utiliser sur notre territoire des matériaux locaux, tout en exploitant les forêts de façon durable. »

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