Paysage

La main verte de Paris fête ses 200 ans

Mots clés : Bois

Jean-Charles-Adolphe Alphand aurait eu 200 ans le 26 octobre 2017, mais qui connaît le créateur des bois de Boulogne et de Vincennes, des parcs Montsouris et des Buttes-Chaumont ? Une exposition, un livre et un colloque rendent hommage à la main verte de Napoléon III et des premières heures de la Troisième république. La commémoration révèle un précurseur du Grand Paris.

Inaugurée le 18 octobre à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région Ile-de-France (IAU îdF, 15 rue Falguière, Paris 15ème), l’exposition Alphand offre un défi sur mesure pour Sylvie Depondt, cheville ouvrière de l’événement aux côtés de Pierre-Marie Tricaud, paysgiste de l’Institut : « En 2013 alors que je travaillais encore aux espaces verts de Paris, j’ai mesuré la permanence de l’héritage du XIXème siècle, lors de la mise en place de l’exposition sur « ces paysagistes qui ont dessiné Paris » », rappelle l’archéologue de formation, ancienne chef du service communication et Evénement de la direction des espaces verts et de l’environnement de la capitale. Du XVIIème au XXème siècle, l’exposition fondatrice de 2013 met en scène trois figures majeures : André Le Nôtre (1613-1700), Jean-Charles Adolphe Alphand (1817-1891), et Jean-Claude Nicolas Forestier (1861-1930).

 

Héritage

 

Le 200ème anniversaire de la naissance du second personnage offre l’occasion de prendre conscience d’un héritage hors norme, par la surface des espaces aménagés comme par la diversité des échelles d’intervention. Ainsi naît l’idée de l’exposition présentée jusqu’à Noël à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région Ile-de-France sous le titre : « le Paris d’Alphand, de la ville promenade à la ville durable ». Deux complices accompagnent Sylvie Depondt pour relever le défi : l’architecte et historienne des jardins Bénédicte Leclerc, avec qui elle avait monté l’exposition de 2013 ; le journaliste Eric Burie, ancien rédacteur en chef de Paysage Actualités. Le trio composé de l’archéologue, de l’historienne et du journaliste décline les facettes de son personnage par panneaux thématiques : le paysagiste, le gestionnaire, l’aménageur, le designer, l’ingénieur, le scénographe…

 

Visionnaire

 

Les visiteurs ajouteront « le visionnaire », en comprenant son rôle décisif de commissaire de l’exposition universelle de 1889 : sans le soutien d’Alphand, Eiffel n’aurait pas construit sa tour sur le Champ-de-Mars. Des grilles d’arbres et des bancs publics aux promenades de Vincennes et Boulogne en passant par les alignements verts des boulevards haussmanniens, l’ingénieur des Ponts-et-Chaussées traverse les générations, mais aussi les enjeux et les usages : la trame verte parisienne épouse ses tracés, tout comme les joggers.

Son invitation à sortir des frontières de Paris Intra-Muros ne peut que stimuler les réflexions métropolitaines : « Je regrette que ce ne soit pas assez le cas, car la réflexion géographique et le thème des espaces naturels manquent, à l’échelle du Grand Paris », nous confiait Pierre Mansat, président de l’Atelier international du Grand  Paris, le 18 octobre lors de l’inauguration de l’exposition Alphand.

 

Un livre au printemps

 

Après l’exposition, Sylvie Depondt et ses deux complices ne lâcheront pas l’affaire : tous trois co-pilotent la rédaction de l’ouvrage collectif  à paraître au printemps prochain aux éditions du Chêne. L’actualité du message urbain s’appuiera sur des sources inédites : l’héritier du photographe mobilisé par Napoléon III pour immortaliser l’œuvre d’Alphand a mis à disposition des auteurs sa collection de clichés. Eric Burie a retrouvé la trace de la sculptrice, arrière-arrière-petite fille de Jean-Charles Adolphe. Mais l’enquête historique servira surtout à éclairer la question prospective posée par les trois auteurs : comment imaginer et réaliser le Paris de demain ?

 

Trois jours de colloque

 

Cette même question se trouve au centre de l’autre événement commémoratif en gestation, auquel Sylvie Depondt apportera sa contribution : « Le grand Pari(s) d’Alphand : création et transmission d’un paysage urbain ». Les écoles du paysage et de l’architecture de Versailles et Paris-La Villette se sont jointes à la Fédération française du paysage et à la ville de Paris pour organiser ces trois jours de colloque, du 27 au 29 novembre à l’auditorium de l’hôtel de ville : un soutien institutionnel derrière lequel se cache la force tranquille de Michel Audouy, secrétaire général de la FFP et professeur à l’école de Versailles. Pour les acteurs du Grand Paris, l’événement offre une occasion décrispée pour revisiter l’œuvre de l’homme qui, voici un siècle-et-demi, a réussi les soudures vertes entre Paris et sa métropole.

 

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