Chantiers

La justice poitevine se construit un nouvel écrin

Mots clés : Education - ERP sans hébergement - Établissements pénitentiaires et judiciaires - Gouvernement

Le chantier de la future cité judiciaire de Poitiers a été lancé par le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas. L’institution prendra place dans l’ancien lycée des Feuillants.

Pratiquement dix ans que le projet de construction d’une cité judiciaire à Poitiers (Vienne) est dans les cartons. «Un dossier qui a vu passer quelques gardes des Sceaux»  rappelle Alain Claeys, député maire de la capitale pictavienne. Mais après plusieurs feux verts puis des restrictions budgétaires de la part de Bercy, Jean-Jacques Urvoas a officiellement lancé ce chantier de 55 millions d’euros, le 27 mai dernier.

Entièrement financé par l’État, le futur palais de justice s’installera dans l’ancien lycée jésuite des Feuillants, un bâtiment du XIXe siècle, situé au pied du plateau. En prévision de cet aménagement, la ville, subventionnée à hauteur de 50% par le conseil départemental, avait racheté cet ensemble de 18 000 m² en 2009 pour trois millions d’euros.

 

Une requalification difficile

 

L’un des principaux défis du cabinet parisien Brossy et associés, maître d’œuvre, sera d’adapter ce bâtiment aux impératifs du fonctionnement judiciaire. En effet, quelque 300 magistrats sont appelés à travailler dans cet édifice où seront créées huit salles d’audiences. «Tout en longueur et pas très large, le bâtiment ne permettait pas de créer de grands volumes. L’idée a été de nous servir du dénivelé de 20 mètres pour créer une salle des pas perdus, une extension de 2 500 m2 dans la cour intérieure. Surplombée de jardins, elle permettra de relier les différentes salles», explique Michel Brossy. L’architecte a également insisté sur la création des trois parcours de circulation: «Le premier sera à destination du personnel, le second pour les justiciables et le dernier pour détenus. Ils seront isolés les uns des autres pour permettre une sécurité maximale».

Autre difficulté: intégrer le bâtiment dans le reste de la ville. Pour ce faire, le parvis sera arboré, les murs d’enceinte en partie abattus afin d’ouvrir la construction sur le boulevard au pied. Au total, près de 4 000 m2 de jardins seront aménagés. «Cet ensemble constitue un projet magnifique pour Poitiers, un nouveau quartier qui reliera le centre-ville au Clain», s’est félicité Alain Claeys.

 

Vinci aux commandes

 

Après un permis de construire obtenu en 2014, l’Agence publique pour l’immobilier de la justice (Apij), maître d’ouvrage, a retenu Heulin (agence Sogea Atlantique du Mans, filiale de Vinci) comme entreprise générale. «Aujourd’hui, nous sommes en phase de recrutement des autres entreprises, notamment pour les lots techniques», précise-t-on chez Heulin. Le résultat sera connu d’ici quatre à cinq mois. Alors que les travaux préparatoires démarrent, le curage du bâtiment de plus de 7 000 m² de surface utile a été effectué sous la conduite de l’entreprise de BTP Charier de Nantes. Les travaux de réhabilitation vont démarrer dans les prochains jours. La livraison est attendue fin 2018 pour une prise de possession des locaux début 2019.

La cité judiciaire de Poitiers abritera cinq juridictions (cour d’appel et cour d’assises, tribunal de grande instance, tribunal d’instance, tribunal de commerce et conseil des Prud’hommes) sur un même, site contre cinq actuellement.

 

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